‹ Traite de radiotherapieChapitre 32 sur 128 · ACTION DES RAYONS X SUR LES BACTÉRIES · texte numérisé non relu

ACTION DES RAYONS X SUR LES BACTÉRIES

heures après, la culture avait abondamment poussé, et on M pouvait constater aucune différence entre le centre et la pérfpli rie.

Cette expérience fut répétée dans les mêmes conditions avec le vibrion du choléra et le bacille pyo-cyauique ; les résuit ;>!> furent identique*,

Seholtz avait choisi ces bacilles (choléra, pyo-cyamque), parce que leur résistance est relativement faible contre les agents bactéricides.

Pour constater si les rayons n'auraient pas une influence plus marquée sur les cultures en évolution, il répéta l'expérience précédente de la façon suivante : la plaqua ensemencée fut (f&borx) mise a Tétuve pendant 0 heures, H se forma un voile léger et uniforme. Il l'exposa alors aux rayons X et la remit à l'étuve. Les résultats furent absolument semblables, la culture se développa normalement, sans aucune différence entre le centre et la périphérie.

D'autres essais furent faits par le même auteur sur des cultures trichophytïquea, dont la pousse est plus lente. Elles furent exposées 4 jours de suite, pendant une heure.

Quatre jours plus tard, la culture avait abondamment poussé sur toute la surface..* dans les jours qui suivirent, il n'y eut aucune différence entre la partie irradiée et celle qui ne l'avait pas été.

On pouvait encore supposer, dit Sclioltz, que l'action défi rayons X n'était pas visible sur les cultures jeunes, par suite de leur prolifération intense, bien qu'à l'endroit éclairé les

; mes eussent été tués.

Aussi fit-il l'expérience suivante : Une culture de bacille lyphiqua sur agar est mise à Tétuve pendant AS heures. Puis olli- est irradiée dans des conditions identiques à celles des expériences précédentes. Le jour suivant et 8 jours plus tardt on prélève, au centre et à la périphérie, avec une aiguille en platine, une petite partie de la culture, avec laquelle on ensemence

de nouvelles plaques, Là encore, on ne constate aucune action bactéricide des rayons de Rontgen.

De petits morceaux de buvard stérilisés sont mouillés et ensemencés avec une culture fraîche de staphylocoque pyogène, puis légèrement séchés* Il sont irradiés les uns une heure, les autres deux : quelques-uns restent comme témoins et ne sont pas soumis à l'action des rayons.

Les bacilles se comportèrent partout de la même façon.

Freund, Giesel,\Va]kbolT, expérimentant sur le pouvoir bactéricide des substances radio-aetives, n'ont obtenu aucun résultat: les cultures se développaient comme si elles n'avaient été soumises à aucune influence. Il faut croire que ces auteurs avaient à leur disposition des corps radio-actifs de puissance trop minime, car des expériences ultérieures semblent établir l'action bactéricide de ces substances, dans certaines conditions.

Comment expliquer cotte divergence d'opinions ? On doit écarter tmite erreur d'interprétation. Des observateurs, comme Rieder et Scholtz, ne se sont certainement pas trompés. C'est plutM dan% la quantité de rayons absorbée par les bactéries qu'il faut chercher la cause de cette divergence. Les uns exposaient les cultures pendant longtemps à une irradiation très intci dans ce cas, les bactéries étaient atteintes. Les autres les soumettaient à une action moins énergique, et leur vitalité n'était pas sensiblement touchée. En elFet Rieder a fait des expositions très prolongées avec un tube puissant, et les résultats qu'il a obtenus ne peuvent, être comparés avec ceux obtenus par d'autres expérimentateurs placés dans des conditions différentes. Ici, comme ailleurs, les mesures exactes ont manqué; on ne sait même pas, le plus souvent, si les rayons utilisés étaient très pénétrante ou peu pénétrants, et c'est là encore une des causes de la divergence des auteurs. On a eu le tort de généraliser les résultats particuliers que Ton avait obtenus, sans Indiquer en même temps la technique employée. Il n'était pas légitime de

ACTION DES RAYONS X BUB LES BACTpUES

conclure par oui ou par non. On aurait dû dire simplement : Dans telles conditions de technique, les rayons X sont bactéricides, dans telles autres ils ne le sont pas ; il Fallait savoir avant tout à quelle dose on employait le médicament. Il est en effet certain que les rayons X occasionne nt la mort des cultures, mais il faut, pour atteindre ce but, dépasser de beaucoup la dose apeutique maxima. C'est l'opinion de Kienbôek, qui dit que, dans les conditions habituelles, il ne faut pas attribuer aux rayons X un effet microbieide. Scholtz admet comme exactes les expériences de Rieder, mais ce qu'il a voulu démontrer, c'est qu'en pratique, dans les applications thérapeutiques, il ne faut pas faire intervenir l'action microbicide des rayons X. Le tube qu'il employait était actif, et l'éclairage que subirent les cultures était 15 à 20 fois supérieur comme quantité à la dose thérapeutique, la qualité des rayons restant la même.

Ces expériences prouvent qu'en pratique il ne faut pas compter sur une destruction directe des bacilles; car la quantité nécessaire à cette opération produirait sur les tissus des lésions irréparables* C'est , du reste, là le seul point intéressant ! La chaleur, la lumière et bien d'autres agents physiques peuvent, dans certaines conditions, détruire les microbes ; mois ce qu'il importe de savoir, c'est s'ils peuvent le faire sans altéra? bu même temps l'organisme,

Du reste, rien ne prouve que les bactéries se comportent de la même façon vis-à-vis des rayons de Rôntgen, suivant qu'elles sont isolées en culture, ou disséminées dans les foyer» morbides, Jl est légitime de penser que les rayons X ont une action différente sur les plaques d*agar et sur un foyer tuberculeux ou trichophytique, par exemple.

Muhsam, Kratzensteim, Lortct et Genoud, Fiorentinî et Lubi, Rieder ont prétendu que la réaction locale de la tuberculose expérimentale était un peu diminuée par les rayons X, sans que du reste la tuberculisation générale en soit influencée.

Sclioltz a élucidé cette question par une série d'expériences intéressantes, dont nous relaterons la principale.

Il introduit sous la peau de l'abdomen d'un cobaye, à droite et à gauche, un fil imprégné de bacilles de Koch (méthode de Scheffer). Le côté gauche est exposé pendant les dix jours suivants aux rayons de Ftôotgen ; chaque séance dure dix minutes. I /autre côté n'est pas irradié. Trois semaines environ après la dernière séance, les poils commencent à tomber à gauche, la peau se soulève, sans qu'il se produise d'ulcération profonde. Quant aux endroits inoculés, ils présentent le même aspect. D'abord, il se forme autour des fils une infiltration de la grandeur d'une plume d'oie, qui est suivie de l'apparition d'abcès sous-cutanés. L'abcès du côté gauche est moins volumineux. Celui de droite finit par s'ouvrir à l'extérieur, pendant que celui de gauche parait se résorber lentement.

Les ganglions inguinaux sont augmentés des deux côtés et atteignent la grosseur d'un pois.

Six semaines après l'inoculation, l'animal est sacrifié* On trouve de la tuberculose de la rate et, des deux côtés, des ganglions inguinaux caséifiés, dans lesquels le microscope décèle quelques bacilles de Koch. Les modifications, au niveau des endroits inoculés, sont identiques, au double point de vue macroscopique et microscopique* Tout au plus, la réaction inflammatoire est-elle moins forte sur le côté exposé aux rayons X. On ne peut du reste trouver de bacilles ni à droite ni à gauche.

Et Seholtz conclut : « Je n'ai pu observer, dans les conditions thérapeutiques, aucune influence appréciable sur la tuberculose expérimentale sous-cutanée, m

M. Sabouraud a pris des cheveux teigneux épilés par la radiothérapie et les a cultivés ; nous avons eu l'occasion de voir les cultures ; elles avaient poussé aussi bien que si les cheveux malades avaient été arrachés avec une pince*

DemémeÀ.-G. Eliis, dans VA mer ican Journal de janvier 1903,

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n'attribue presque aucun effet parasiticide aux rayons X et dit. qu'il ne faut pas chercher dans cette propriété la cause des guérisons.

On sait que dans le lupus, par exemple, les rayons X peuvent conduire à la guérison et probablement déterminer la disparition des bacilles. Mais il faut distinguer entre Faction primitive et l'effet secondaire. Ce n'est pas directement que les rayons X détruisent les bacilles ; mais ceux-ci disparaissent secondairement par suite de l'inflammation de réaction. Les processus de dégénérescence, qui apparaissent dans les noyaux lupiques eux-mêmes, déterminent une inflammation, qui se concentre précisément au niveau des points malades et peut avoir comme conséquence la mort des colonies microbiennes.

On peut donc dire avec Holzknecht : « La propriété bactéricide des rayons X n'est pas la cause de la guérison des processus infectieux, parce que la dose bactéricide est bien plus élevée que la dose curative . »

En effet, d'après Kienbôck, la dose bactéricide est au moins quatre fois plus forte que la dose thérapeutique normale : elle atteint et dépasse même 20 H.

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