‹ Traite de radiotherapieChapitre 39 sur 128 · LES FACTEURS RAD10TBÉRAPIQUES · texte numérisé non relu

LES FACTEURS RAD10TBÉRAPIQUES

née? Autrement dit, quels rayons faut-il employer pour obtenir les meilleurs résultats?

11 faut rappeler ici un principe fondamental : « Les rayons X n'agissent que là où ils sont absorbés, et proportionnellement il la quantité absorbée. »

Si des rayons n° 10 ou 42 du radiochromomëtre traversent la peau sans s'y arrêter, ils n'y produiront presque aucun effet ; la méthode sera mauvaise. Nous avons vu, dans le chapitre où nous avons étudié la nature de l'agent actif, que les rayons de Rontgen étaient d'autant plus nocifs pour la peau (c'est-à-dire plus actifs) qu'ils étaient moins pénétrants. C'est dire qu'en radiothérapie cutanée, il faudra toujours employer de préférence des rayons peu pénétrants. Il y aura forcément une limite minima qu'il ne faudra pas dépasser* C'est ainsi que les rayons marquant 1 ou 2 au radiochromomèlre ne nous paraissent utilisables que dans des cas extrêmement rares. En effet, leur action sera limitée aux couches les plus superficielles de la peau, puisqu'ils y seront absorbés totalement ; ils ne pourront donc s'appliquer qu*â des lésions très superficielles, sans prolongement dans l'épaisseur du derme.

Dans notre pratique journalière, nous employons (en dermatologie) des rayons peu pénétrants, marquant au radiochromomëtre de Benoist entre 5 et 6 ; le tube qui les produit s'appelle un tube demi-mou.

Il semble évident que les rayons doivent être plus ou moins pénétrants suivant qu'on vise les organes sous-cutanés ou seulement la peau. Pour une affection profonde, on devrait employer des rayons pénétrants, parfois môme très pénétrants. Quelques auteurs ont préconisé cette méthode. C'est ainsi que Morlon, de New-York, dit que, pour les lésions profondes, il faut employer un tube dur. En raisonnant ainsi, il nous semble qu'on oublie une chose capitale, c'est que les rayons X très pénétrants ne sont pas actifs, parce qu'ils ne sont pas arrêtés par les tissus.

FACTEURS PROPRES AUX HAYONS X

A ce sujet, M. Béclcre dit : « Toutes choses égales d'ailleurs, moins les rayons employés sont pénétrants, plus est grande la fraction du rayonnement que les tissus arrêtent et absorbent au passage. C'est de cette fraction du rayonnement, absorbée au passage, que dépendent essentiellement les réactions thérapeutiques. »

Nous sommes donc en présence de deux faits, en apparence opposés : Les rayons X peu pénétrants ont une action thérapeutique considérable, parce qu'ils sont facilement absorbés par les tissus ; les rayons très pénétrants, capables d'atteindre les plans profonds, ont bien des chances de les traverser sans être absorbés, c'est dire qu'ils seront ordinairement peu actifs.

L'absorption des rayons X par un corps quelconque dépend de sa densité. Or, la densité d'une tumeur profonde est peu différente de celle de la peau ; les rayons qui traverseront cette dernière, sans y produire de modification, devront, en général, influencer bien peu le néoplasme aous-jacent.

Nous savons bien qu'on peut faire intervenir une action élective des rayons X sur les cellules cancéreuses* 11 est môme légitime de l'admettre, dans l'état actuel de la science. Mais cette électivité permet difficilement de se rendre compte de la guérison complote d'un cancer de l'estomac, sans apparition d'aucune réaction cutanée, comme quelques auteurs l'ont signalé. Nous sommes les premiers à admettre l'action élective des rayons X sur les élémenls cancéreux, mais seraient-ils deux et trois fois plus facilement influencés que les cellules normales, qu'il y aurait encore une réaction visible sur les téguments ?

Le but que Ton doit poursuivre est d'employer des rayons de pénétration telle qu'ils arrivent jusqu'à l'organe malade et qu'ils y soient, en partie du moins, absorbés.

Cette condition, relativement facile à réaliser pour les aft'ections sous-cutanées, l'est beaucoup moins pour les tumeurs pro-

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fondes. Aussi quelques auteurs préferent-ils les rayons très pénétrants, dans ce dernier cas.

Lorsque nous avons à traiter un cancer du sein, nous choisissons des rayons de pénétration moyenne. Ils correspondent au n° 7 du radiochromomètre de Benoist. Ils ont une pénétration suffisante pour atteindre toute la tumeur, et ils sont un peu moins nocifs pour le tégument, toujours sensible dans ces cas. Ils ne sont peut-être pas absorbés en grande quantité par le néoplasme, mais la sensibilité spéciale de cette production morbide vient compenser ce manque d'absorption ! Néanmoins, les résultats que nous avons obtenus sur ce genre d'affections n'ont pas été très brillants.

En radiothérapie cutanée, la chose n'est pas discutable. Les tubes employés doivent être des tubes demi-mous, et les rayons émis doivent correspondre environ à la cinquième division du radiochromomètre de Benoist, avec une variation de 1° en plus ou en moins, suivant les cas.

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