‹ Traite de radiotherapieChapitre 63 sur 128 · DERMATOSE A MICROBE SPÉCIFIQUE · texte numérisé non relu

DERMATOSE A MICROBE SPÉCIFIQUE

Albçrs-Schonberg débute par des séances de 10 minutes, dont il augmente progressivement la durée, sans jamais dépasser une demi-heure. Il a obtenu un grand nombre de guérisons.

Neisser n'a pas eu (Congrès de 1902) de résultats satisfaisants dans le traitement du lupus par la radiothérapie; cela tient, sans doute, dit-il, à ce que la clinique de Breslau ne comprend que des cas très négligés, qui réclament une intervention énergique et qui, par suite, sont longs et difficiles à guérir.

Gassmann a publié 4 cas de lupus guéris par les rayons X : un lupus de l'oreille, un du nez et des lèvres, un de la face et un de la main ; des photographies très probantes accompagnaient les observations.

John A. Lee, à la suite des publications allemandes, appliqua les rayons X à un lupus du côté droit du nez, envahissant le cornet inférieur et remontant jusqu'à l'angle interne de l'œil. L'amélioration fut considérable, la cicatrisation se fit, et, au bout de quelque temps, la guérison parut complète.

Gron n'obtint pas de résultats encourageants.

Gastou, Vieira et Nicolau n'ont pas été satisfaits de cette méthode, la guérison n'est pas survenue après 40 applications ; par contre, ils auraient eu une amélioration notable sur un cas de tuberculose cutanée à forme verruqueuse.

Sur 3 cas traités par Pusey en 1901, 2 furent guéris : les cicatrices qui se produisirent étaient souples et se voyaient à peine ; de même H.-R. Barney eut 10 cas de guéris cliniquement sur 12 qui avaient été soumis au traitement. Bulkley obtint de bons résultats sur un lupus grave de la région mentonnière ; Bowen eut plusieurs succès.

Scholtz a traité plusieurs lupiques, parmi lesquels se trouvaient quelques malades atteints de formes graves. Il a obtenu une guérison définitive, durant déjà depuis un an. Il conclut ainsi : « Nous voyons que dans les cas graves de lupus, gêné* ralement presque inaccessibles à la thérapeutique ordinaire, on

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peut obtenir la guérison. Le traitement, en général, ne dure qu'un petit nombre de mois ; et il peut être continué par le malade, chez lui (pansement),

« Cette méthode donne, au point de vue esthétique, de meilleurs résultats que le grattage. Dans les cas bénins et superficiels, on peut arriver il la guérison, sans produire de radiodermite vinlente, en faisant des irradiations faibles continuées pendant longtemps, et en les séparant par des périodes de repos. ■

IL-E. Ciamlrn pense que le résultat dépend beaucoup des soins apportés à l'application delà méthode* Le traitement doit être modifié suivant l'état de chaque malade.

En général, il irradie les patients 2 ou 3 fois par semaine, pendant 5 m mutes. Au début, le traitement doit être conduit de façon à déterminer une légère réaction, dont on augmente peu à peu l'intensité, II ne peut rien dire des récidives.

Allan Jamieson a traité un certain nombre de lupiques. Les procédés photothênipiqiies luisemblent préférables aux rayons X. Il est vrai que les résultats sont moins rapides, mais le médecin Bel presque sûr d'éviter les brûlures graves qui suivent parfois les applications radiothérapiques.

George E. Pfahler a obtenu la guérison d'un lupus de la lèvre et du menton, ayant envahi les muqueuses, quoique les rayons ti'aient été appliqués qu'extérieurement. Les lésions cutanées et muqueuses ont disparu en même temps.

Récemment, Ullmann a publié plusieurs cas de lupus qui ont été très améliorés el même diniqu émeut guéris.

Dana un cas, il s'agissait d'âne récidive au voisinage de l'oreille. 11 fit absorber en tout 5 H avec une ampoule molle. Une réaction assez vive survint, avec exulcération superficielle.

Au bout de 3 à Jj semaines, la réparation fut complète et la lésion très améliorée. L'auteur espère qu'il ne se produira pas de récidive et trouve la méthode très pratique.

Les résultats, croit-il^ sont meilleurs dans les formes exubé-

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rantes, comme le lupus scléreux papillomateux, que dans les récidives de lupus vulgaire nodulaire, disséminé,

Freund a publié un cas de lupus, guéri, en évitant toute réaction autre qu'un léger érythème.

« Pour le lupus tuberculeux, dans la forme plane avec exulcération, dit Kienbôck, la radiothérapie donne de bons résultats, mais la photothérapie de Fin se 11 semble en donner de meilleurs, tant pour la guérison radicale qu'au point de vue esthétique. La forme hypertrophique doit être traitée d'abord par les rayons X, qui amènent une réduction de volume considérable, puis par la photothérapie.

« II est bien rare de guérir complètement le lupus par la radiothérapie, mais on l'améliore beaucoup. Toutefois, il survient tardivement une atrophie de la peau avec décoloration et télangiectasies.

« Les séances sont espacées à des intervalles de quatre à huit semaines, et on donne chaque fois une dose normale (3 à 4 H) ; on évite ainsi de provoquer une trop forte inflammation. Au bout de huit jours, les nodules diminuent de volume, les exulcérations commencent à se fermer ou bien, si la dose a été plus forte (5 à 6 H), une ulcération apparaît, s'agrandit, puis se repose et aboutit à l'atrophie. (Il existe donc une atrophie primitive par dégénération des cellules des nodules lupiques et une atrophie secondaire consécutive à la réaction inflammatoire.) »

Holzknecht distingue, lui aussi, différentes formes de lupus et indique pour chacune le traitement qui lui parait être le meilleur.

Et d'abord, il ne conseille pas cette méthode dans les formes planes se manifestant par de petits nodules lupiques isolés dans la peau. Les résultats sont inconstants et il faut craindre l'atrophie cutanée. Lorsque le lupus est ulcéré, sans hypertrophie, il fait absorber en une séance 3 H si la radiothérapie est utilisée pour préparer le terrain à la méthode de Finsen ; sinon,

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il élève la quantité jusqu'à 4 H, Il fait ainsi deux ou trois applications, dès cessation de la réaction! jusqu'à ce que la guérîson ou l'amélioration surviennent.

Dans les formes hypertrophîques, avec ou sans ulcération, on peut, d'après cet auteur, employerdeux procédés.

Une première méthode, rarement employée et peut-être cependant la meilleure, consiste à Taire absorber à la lésion, tous les 14 jours t 2 H environ. Ce traitement est continué pendant 3 ou 4 mois, jusqu'à ce que soit survenue une notable amélioration. On suspend alors le traitement et on attend la disparition complète des pbénomènes inflammatoires, S'il est nécessaire on recommence.

Le second procédé consiste à donner, tous les mois, une dose de 3,5 II pendant o à 10 mois.

Malgré tout, ajoute-t-il, on arrive rarement à une guérîson complète sans associer au traitement radiothérapique la méthode de Finsen,

Béclère a présenté à la Société de dermatologie, en avril 190i> une malade atteinte d'un lupus du pied (forme scléreuse), que nous avions eu occasion de voir chez lui, à Saint-Antoine. Elle a été très améliorée, et comme le disait notre maître : « Là où finit le domaine des rayons ultra- violets, si peu pénétrants, commence celui des rayons de Rôntgen, »

Le docteur Àugé a communiqué au Congrès de Grenoble (août 1904) deux observations de lupus vulgaire objectivement guéris par la radiothérapie* Des photographies prises avant et après le traitement sont certainement très probantes* Malheureusement l'auteur n'a pu donner de mesures exactes de la quantité absorbée. Il a employé la méthode des doses fractionnées et a fait en sorte d'éviter toute réaction violente, Il conclue de ses résultats que : « pour des lupus étendus, la radiothérapie semble indiquée, malgré tous les succès que peut enregistrer sa sœur aînée la photothérapie, n

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A la même réunion, le docteur Reboul, de Nimes, a signalé la guérisondun lupus tuberculeux de la lèvre supérieure, après 15 séances de radiothérapie.

Quelques auteurs pensent qu'il est utile d'adjoindre d'autres procédés à cette méthode. C'est ainsi que Gassmann conseille d'employer en même temps, suivant les cas, les pommades pyrogalliques, Télectrolyse, le procédé de Hollânder ou les cautérisations ignées. Edward Swales associe l'administration de l'urée, imitant en cela Harper, de Nottingham. Gibson est d'avis de traiter les cas de lupus en combinant la haute fréquence et la radiothérapie ; Kienkôck et Holzknecht croient utile d'adjoindre la photothérapie à la radiothérapie. *

Enfin, Himmel, Thurnwald, Spiegler, Pang, Ziemssen, Schenkel, Stenbeck, Gh. Schmid, Grunmach, Sharpe, Edwards Hall, Sholefield, Rona, Greenleaf, Jutassy, I. Neumann, Lion, Schell, Sjogren et Sederholm, Clark et Smith, Geyser, Jones, Knox, Lapinski, Kirmisson, Norman Walker, Jadassohn, Van Dort, Jeney, Du Castel et Foveau de Courmelles, J. de Nobele, Stenbeck, P. R. Egau, G. H. Radmaix, J. C. Squance, P. A. Morrow» Mally, Fox, Jamlen, Wild, Rockwel, Kinnaird, Hoffmann, Duhot, etc., ont obtenu par ce procédé des résultats plus ou moins probants.

Méthodes. — Si Ton jette un coup d'œil d'ensemble sur les différentes publications relatives au traitement du lupus par les rayons X* on constate que les méthodes employées par les expérimentateurs sont souvent bien différentes. Le but que Ton poursuit est la disparition des nodules lupiques ; on cherche à l'atteindre de deux façons : soit en produisant peu ou pas de réaction, soit au contraire en provoquant une inflammation vive, suivie d'une nécrose superficielle du tégument.

La première méthode est celle que préconisent Schiff, Albers- Schonberg, Hahn, Grouven. KûnimeL etc. Ils cherchent à éviter la dermatite grave. qui, disent-ils. non seulement estinu-

tîle, mais est nuisible, par ce fait qu elle retarde la guéri son. Ces praticiens font en aorte de produire simplement riiyperémie. Puis, à rérythème succède un peu de gonflct'ueul de la région traitée et particulièrement des nodules lupiques, accompagné parfois de phénomènes douloureux, Bientôt cette poussée congestive s'atténue, les nodules diminuent de volume, comme le dit Kûmmel, la rougeur devient moins intensif et si la région était ulcérée, on voit se former une cicatrice blanchâtre sans rétraction.

"Pour atteindre ce but, ils font des séances courtes, de 2 a 10 minutes de durée, deux ou trois fois par semaine, et suspendent tout traitement dès l'apparition de la moindre modification objective, Tel est aussi l'avis de Villiams, A4 Boston : il n'est p;is nécessaire de provoquer une violente dermatite, le malade n'a rien à y gagner. Aussi fait-il des irradiations de peu de durée pour éviter toute réaction violente- Un second procédé, qui, jusqu'à un certain point, se rapproche delà cautérisation, consiste a détruire d'un seul coup tout le foyer lupïque, en provoquant une radiodermite intense, allant jusqu'à la nécrose superficielle. Lion préfère cette seconde méthode: elle a été employée et bien étudiée par Selioltz. Voici la façon dont il s'exprime :

« Mes observations cliniques et mes examens microscopiques me permettent d "affirmer que les irradiations intenses, qui sont suivies d'excoriation et de nécrose superficielle, sont plus actives 'que les faibles irradiations* Le processus de guérison, le morcellement des noyaux de lupus, l'inflammation réactionnelle, le remplacement du tissu lupique par un tissu néoformé, se font de la même façon dans les deux méthodes, avec cette différence que ces phénomènes s*accomplissent plus rapidement, lorsque l'irradiation a été intense. De cette façon, l'effet est plus marqué dans les couches profondes. »

Et plus loin il ajoute : « Nous ne comprenons pas pourquoi il

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faut éviter avec tant de soin les ulcérations superficielles qui ne comprennent que la peau et nous croyons, au contraire, que des irradiations intenses sont utiles dans les formes graves de lupus et même dans la plupart des cas. »

Il recommande cependant d'éviter les nécroses et les gangrènes profondes, qui demandent, pour guérir, des mois et quelquefois des années. Les ulcérations superficielles consécutives au traitement du lupus guérissent, elles aussi, assez lentement ; parfois cependant la réparation se fait vite. En tout cas, les malades peuvent facilement faire les pansements eux-mêmes.

La cicatrice obtenue est délicate, fine, d'aspect atrophique. Le résultat, sans être parfait, est souvent meilleur qu'avec les autres procédés.

Il ne faudrait pas croire que Scholtz rejette complètement la méthode de douceur préconisée par Villiams et Kûmmel. 11 a fait une étude comparative des deux procédés qui fait honneur à son esprit critique.

« A mon avis, dit-il, il est impossible de fixer une règle de conduite unique, convenant à tous les cas.

« On ne peut pas dire, d'une façon générale, quelle méthode doit être employée, de celle qui recherche l'ulcération, ou de celle qui ne produit qu'une réaction très modérée. Chacune d'elles possède des avantages et des inconvénients ; chacune a ses indications. Il faut individualiser le traitement. Je crois donc qu'il est tout à fait faux de prendre pour axiome, dans le traitement du lupus : qu'il faut éviter toute réaction, et notamment les phénomènes inflammatoires intenses, les excoriations et les eschares superficielles.

« Quant à savoir de quelle façon il faut procéder dans un cas donné, s'il faut se servir de rayons puissants, de façon à obtenir une eschare superficielle, ou de faibles irradiations continuées pendant des mois, avec des interruptions, de façon à éviter toute réaction intense, cela dépend de la gravité ou de la bénignité du

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lupus, de sa localisation, du temps dont peut disposer le patient*

« Dans les cas de lupus bénins, superficiels, nous procédons de façon à éviter l'apparition d'une forte dermatite. L'éclairage employé est réglé de manière à produire simplement une légère rougeur et un faible gonflement œdémateux du territoire malade,

t* Dans la plupart des cas que nous avons à soigner, l'infiltration est profonde : le nez, les lèvres, les joues sont ulcérés ; souvent même les muqueuses sont atteintes. En général, les malades viennent de loin et ne peuvent rester que quelques semaine» à la clinique,

« Dans ces cas, nous avons l'habitude de nous servir d*irradiations puissantes, de façon à produire um1 nécrose superficielle de la région malade* »

On voit, d'après ce qui précède, que la méthode doit varier suivant les cas*

Il est admissible que, dans certains lupus graves hype.rtmphiques, ulcérés ou non ulcérés, on peut agir plus activement que dans des formes plus bénignes et plus superficielles. La méthode destructive est, d'après ses partisans, une méthode radicale ; la durée du traitement est très courte. En effet, dès que la dose nécessaire à l'ulcération a été atteinte, on suspend toute application* Mais est-on sûr qu'après cicatrisation, il ne restera pas quelques nodules lupiques, qui nécessiteront une nouvelle intervention ?

Et puis, comme le dit Freund, le malade ne tire pas grand profit de ce procédé rapide. L'ulcération produite par le traitement d'une plaque lupique un peu étendue demande souvent, pour se cicatriser, plusieurs mois. Dans un cas cité par Albers- Schonberg, la réparation n'a été complète que 130 jours après Je début du traitement. Les douleurs qui accompagnent l'ulcération sont parfois violentes, de telle sorte que la radiothérapie perd un de ses principaux avantages : l'absence de la douleur.

DËLOT*

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Nous avons traité, à Broca, quelques malades atteints de cette affection. Nos résultats n'ont pas toujours été très satisfaisants ; il est vrai que nos expériences ont été assez limitées. Le nombre de nos malades atteints de lupus est cependant assez élevé, mais l'insuffisance de notre installation radiothérapique nous oblige à réserver ce procédé aux affections dans lesquelles les autres méthodes ne donnent aucun résultat.

Nous avons pu néanmoins constater une action élective des rayons X sur les tissus lupiques : ceux-ci présentent une sensibilité spéciale à cet agent. Ils réagissent vivement, et les réactions s'accompagnent facilement de phénomènes douloureux plus ou moins violents.

Nous avons essayé les doses n.odérées et les doses intense?. De nos observations, il résulte ce fait qu'il est souvent difficile de prévoir exactement le degré de réaction qui se produira, surtout si, tout en cherchant à éviter l'ulcération, on veut obtenir un certain degré d'irritation. Il existe, en effet, une susceptibilité individuelle variable, suivant la situation du lupus, son étendue, sa profondeur, son degré d'infiltration, sa forme, son aspect objectif et l'état des couches superficielles qu'il a envahies; C'est ainsi que, dans un cas, une dose de 8 H, avec des rayons n° 4 ou 5, n'a produit qu'un violent éry thème et un peu de tuméfaction de la région traitée; tandis que la même dose absorbée par un lupus étendu du bras (forme peu favorable, peau mince, atrophique, etc.) a été suivie d'une ulcération superficielle qui a duré plus d'un mois. 11 est vrai que les points où la réaction a été violente ont meilleure apparence. Cette malade fut de nouveau soumise aux irradiations ; une dose de 4 à 5 H produisit une nouvelle ulcération superficielle, qui est aujourd'hui en voie de cicatrisation.

Une malade atteinte d'un lupus lumidus non exedens, situe sur l'arcade sourcilière, en traitement depuis l\ à 5 mois, a été très améliorée par des stances modérées, répétées tous les 15

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ou 20 jours, avec dose moyenne de 1 à 7 II par irradiation. Il ne s* est jamais produit de radiodermite ulcérativo. II ne reste plus aujourd'hui qu'un tout petit point malade, et noua espérons arriver* sous peu, à lu guérison apparente. Ce résultai est intéressant, car cette forme de lupus est peu modifiée par les ee&rifications, et l'application de la photothérapie aurait été très difficile, à cause de la situation de la lésion,

Une autre malade atteinte à la joue (forme grave) fut soumise ;i une irradiation intense (9 H), Au bout de 'i à 6 jours, l;i ivuclion commença a apparaître. L'ensemble prit une teinté Hftlge, puis grisâtre, et une ulcération superficielle se forma. La malade a été mise au repos en attendant la cicatrisation.

Elle s'est effectuée relativement saine, mais on ne peut dira que la malade est complètement guérie*

Kn tenant compte des indications précédentes, on peur fixer ainsi les doses nécessaires au traitement du lupus vulgaire :

Les rayons devront être peu pénétrants et correspondre environ au n° 5 ou 6 du radiochromomètre de BenoisL Eu faisant absorber en une séance 3 à 4 H, il ne se produira, le plus souvent, qu'un peu d'êrytlième et dégonflement. L'ulcération superficielle demandera, pour apparaître, l'absorption par les tissus topiques d'une dose de 7 à 8 H environ.

Il semble que certaines formes de lupus réagissent plus que d'autres à la suite de l'absorption d'une dose identique,

Dans le lupus tumidus non exedens et d&ns les formes qui s'en rapprochent, la dose doit être plus élevée que dans le lupus ulcéré. On peut sans inconvénient faire absorber E à fî H en une lésûte î il se produit rarement une radiodermite. Nous croyons même que cette dose est nécessaire si l'infiltration est profonde.

Lorsqu'il s'agit de formes hypertrophiques, ulcérées ou non, on peut faire absorber h à 5 H tous les 15 ou 20 jours, en «'abstenant si la séance précédente a déterminé une réaction violente.

Dans certaines formes planes ulcérées, avec tissus en mau-

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vais état, les rayons X produisent souvent une amélioration rapide, mais il est prudent de ne pas dépasser 3 à 4 H si on veut éviter toute exulcération .

Le temps qui devra séparer chaque application devra être compris entre 20 et 25 jours, et c'est le degré de la réaction inflammatoire qui devra guider le praticien pour diminuer ou augmenter la durée de cet intervalle de repos.

Nous croyons que, dans la plupart des cas, il est préférable de ne pas dépasser une réaction modérée, quoique chez quelques patients d'excellents résultats puissent suivre une violente réaction. En tout cas, ce dernier procédé devra être réservé aux lupus rebelles et à ceux sur lesquels la méthode de douceur n'aura donné qu'une amélioration passagère ou partielle.

Telle est aussi l'opinion de Lancashire. 11 estime que l'on doit ordinairement éviter l'ulcération, quoique, dans certains cas, elle ait été suivie d'une guérison complète. D'après lui, il ne faudrait pas trop rapprocher les applications, car l'amélioration se continue longtemps après la cessation du traitement. Les nodules lupiques deviennent d'abord plus apparents, se tuméfient, puis se ramollissent et se résorbent, sans qu'il soit nécessaire de pousser la réaction jusqu'à l'ulcération.

De même, Gassmann n'est pas d'avis de provoquer une eschare. C'est un accident dangereux et désagréable pour le malade. Une eschare, même superficielle, est toujours douloureuse et demande, pour guérir, un long laps de temps. Si la lésion est plus profonde, ce qui est possible, les inconvénients sont très nombreux, et un des principaux est constitué par l'aspect disgracieux de la cicatrice. On doit donc s'en tenir à une réaction êrythémateuse modérée.

Combien de temps le traitement devra-t-il être continué ?

Il résulte des travaux parus et de notre expérience que rarement la radiothérapie est capable à elle seule de déterminer la guérison complète d'un foyer lupique.

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Au début cIq traitement, les résultats sont rapides* et on est étonné parfois de la facilité avec laquelle survient l'amélioration; mais, au bout d'un certain temps, la lésion reste stationnaire. Nous croyons qu'il faut alors attaquer les points malades par une autre méthode, thermocautère ou photothërapie, comme le conseillent Kienhoek et Holzknecht.

Indications. — Quelles sont les indications de la radiothérapie ? Autrement dit, dans quels cas est-il logique de préférer cette méthode aux autres procédés t

Pour Lancashire, le lupus vulgaire est justiciable de la radiothérapie lorsqu'il est trop étendu pour être facilement traité par la méthode de Finsen, lorsque le lupus est ulcéré, lorsque des cicatrices accompagnent la lésion et dans les cas où les muqueuses sont atteintes.

Quelques auteurs croient, comme Neumann, que ce mode de traitement doit être particulièrement réservé aux formes ulcéra* tives de la face, aux nodules lupiques que Ton rencontre isolés dans la peau, parfois dans les aponévroses et les muscles, et aux lupus des cavités naturelles.

Thurstan [Jollund a étudié les indications des rayons X. Pour lui» comme pour Williams, il faut employer cette méthode; avant toute autre ; les résultats sont d'autant moins parfaits que d'autres moyens thérapeutiques ont déjà été utilisés* Il recommande la radiothérapie, non seulement dans les cas anciens, mais aussi dans ceux qui sont à leur début.

De même, Clarence A, Greenleaf croit que les malades qui n'ont pas été traités chirurgie aie meut sont plus facilement améliorés par les rayons X. La rapidité de la guérisou serait, d'après cet auteur, inversement proportionnelle à la sévérité de la première intervention.

SchitT, au contraire, regarde l'extirpation, avec greffes, comme la méthode idéale pour les petits foyers circonscrits et facilement accessibles. 11 croit que la radiothérapie doit être em-

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ployée contre les lupus exedens, contre les formes profondément ulcérées et lorsque les muqueuses ou des territoires inopérables sont envahis.

Morris et L. Doore préfèrent la méthode de Finsen. D'après eux, les rayons X donneraient rarement une guérison complète. Ils sont indiqués néanmoins dans les lupus des muqueuses, et la réaction doit ôtre assez violente.

En 1903, Scholtz, dans une étude sur le traitement des affections cutanées par les rayons X et la lumière concentrée, résume ainsi les indications de la radiothérapie :

Dans les lupus non ulcérés de la face, on peut employer les rayonsXet la photothérapie. Dans les lupus ulcérés, il faut débuter par une pommade à f acide pyrogallique de concentration croissante et continuer ensuite comme précédemment. Dans les lupus très graves et profonds, on commence par un curettage ou par les insufflations d'air chaud ; puis on continue par la pommade pyrogallique combinée aux rayons X; on termine enfin par la photothérapie.

Vild, de Manchester, a donné une statistique des résultats qu'il a obtenus par la méthode de Finsen et parla radiothérapie. Sur 20 cas traités par la photothérapie, 11 ont été complètement guéris, 4 améliorés. En somme, on a eu 75 p. 100 de bons résultats. Avec les rayons X, sur 29 cas traités, 9 ont été guéris et 9 améliorés : soit 62 p. 100 de bons résultats.

Il faut, pour fixer les indications de la radiothérapie, considérer le malade et la lésion : le malade, c'est-à-dire sa susceptibilité, ses conditions de fortune, le temps dont il peut disposer, son âge, son sexe, sa pusillanimité ; la lésion, c'est-à-dire, sa situation, sa gravité, son étendue et surtout sa forme.

Il est bien évident que cette nouvelle méthode n'a jamais eu la prétention de détrôner les anciennes et que ses indications doivent se rapprocher de celles de la photothérapie.

Dans l'état actuel de la science, les rayons X semblent avoir

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une certaine analogie avec les rayons chimiques. C'est dire que la radiothérapie doit agir â peu près de la même façon que la photothérupie ; elles sont toutes les deux des méthodes sclérogènrs. Mais le procédé de Finseu, au point de vue théorique, semble bien inférieur a la méthode de Rôatgeo. Il nécessite une compression parfaite, souvent difficile à réaliser, même avec les meilleurs appareils; tandis que les rayons X agissent à distance, sans qu'il soit besoin de tenir compte, pour le manuel opératoire, de la situation ni de F état de la lésion* La compression étant supprimée, la douleur qu'elle occasionne parfois n'existe plus, et les lupus môme ulcérés peuvent être facilement traités,

Avec la radiothérapie, on peut atteindre en une fois une surfaC6 asaes considérable; le champ d'action est au contraire toujours très limité dans les applications photothérapiques. Les appareils les plus récents: Finsen, Lortet-Genoud, Broca-Chatin, Marie, etc., nécessitent encore des séances longues et souvent n'-pétées ; le traitement dure parfois «1rs années, Avec les rayons X, la gnéftaon peut êlre longue ;i survenir; niais si Ton emploie la méthode des doses massives, les patients m sont pas assujettis à venir à Fhôpital régulièrement deux OU trois fois par semaine.

Enfin, les rayons de Runtgen ont une puissance d<- pénétration bien supérieure à celle des rayons ultra-violets. Ils peuvent donc agir dans 1rs couches profondes, alors que l'action des autres radiations est forcément limitée aux couches superficielles, Dans les lupus anciens» qui ont déjà été traités, lorsque des tissus cicatriciels se sont formés et que coexistent des lésions en activité, la photothérapie sera peu active, les rayons chimiques étant arrêtés par les couches de tissu néoformé. Les rayons X, au contraire, les traverseront facilement et pourront aller porter leur action élimina triée sur les éléments morbides profonds.

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Mais, à côté de ces avantages théoriques, la radiothérapie présente des infériorités sur le procédé de Finsen.

Et d'abord les résultats acquis plaident en faveur de ce dernier : on n'a pas encore étudié, comme le dit Leredde, d'une manière scientifique, régulière, systématique, la valeur du traitement par les rayons X ; quelques auteurs ont obtenu des guérisons, d'autres n'ont eu que des déceptions. En photothérapie, il semblerait que les choses soient plus au point ; cependant les guérisons sont-elles aussi nombreuses, aussi probantes, aussi durables qu'on le dit généralement ? Les expériences que nous poursuivons à Broca nous obligent à ne pas être sur ce point d'un optimisme absolu. ,

Il est vrai que généralement, en France, nous appliquons mal la photothérapie, parce que nous n'attribuons pas assez d'importance à des détails qui jouent un rôle capital dans l'obtention du résultat final.

Néanmoins, la photothérapie est plus facile à appliquer que la radiothérapie ; les chances d'accidents sont presque nulles avec Tune, tandis qu'avec l'autre il peut se produire des brûlures graves.

<* Comme dit le professeur Rieder, de Munich, la radiothérapie est d'un maniement bien plus difficile que la photothérapie : elle demande une science consommée, des précautions minutieuses, et il faut toujours avertir le malade des conséquences possibles que son emploi peut avoir. Donc, il faut recourir à un dosage prudent et arrêter la médication au moment précis où elle peut devenir nuisible, tâche rendue plus difficile encore par la longueur de la période de latence. »

Il est vrai que les techniques actuelles permettent d'éviter Feschare profonde et de limiter souvent la réaction au degré désiré. Mais la divergence des auteurs, au point de vue de la sévérité de la radioderraite curative, montre que ce procédé est encore à ses débuts et qu'il ne saurait, pour le moment, être préféré à la photothérapie.

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On devra le réserver aux cas de lupus dont la situation, Tétendue ou la gravité ne permettent pas les applications photothérapiques et, comme le dit Leredde, à ceux qui auront résisté à un traitement phototbérapique bien fait et bien dirigé. Peut-être lea formes à extension rapide, qui sont peu modifiées par cette dernière méthode, se trouveraient-elles mieux de la radiothérapie.

Lorsque les expériences se seront multipliées et que les techniques se seront perfectionnées, il est possible que la radiothérapie bouleverse totalement la thérapeutique actuelle, qu'elle égale la photo thérapie et même qu'elle lui soit supérieure.

Histologie, — Plusieurs auteurs ont étudié histologiquement les modifications que subissent les foyers lupiques soumis à la lumière de Rôntgen, et ont essayé d'établir la palhogénie de la guérison.

Himmel a trouvé, dans des coupes de petits nodules lupiques, les modifications suivantes :

« L'épithélium mince limitait une masse apparemment homogène et provenait de petits orifices dont le diamètre était égal à celni des nodules lupiques. Nulle part, on ne pouvait délimiter nettement les cellules épithéliales. Le chorion semblait rétracté. Los fibres conjonctives, épaissies et transparentes, étaient serrées les unes contre les autres. On ne pouvait déceler de fibres élastiques. Sur les préparations colorées, les cellules conjonctives étaient rétractées et peu colorées, d'une façon diffuse. Là où se trouvaient de petits nodules lupiques, ils étaient fortement altérés- Ainsi, les cellules géantes étaient petites, elles ressemblaient à de petites masses rétractées > dans lesquelles ou découvrait difficilement» par places, un petit noyau faiblement coloré,

« Les cellules épithéliales présentaient un volume quatre à cinq fois moindre ; elles n'avaient plus leur forme normale, paraissaient rétractées, homogènes^ et leur noyau ne se laissait pas colorer. Les leucocytes étaient réunis en masses informes. Les

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limites des différentes cellules ne pouvaient être nettement établies, à cause de leur tassement. Eu résumé, la préparation permettait de conclure que les couches superficielles de li prau, Fépithélium, une partie du dermet ainsi que les nodules lupiques étaient atteints de nécrose progressive et se desséchaient. »

llueter a rem-arqué que le tissu lupique primitif subissait une transformation fibreuse; seuls, quelques groupes tubercu étaient encore conservés en partir, Le nombre des cellules géantes était frappant. Elles étaient souvent situées exeeutriquement tout à fait à la périphérie. Quelques nodules en paraissaient exclusivement composés. La zone leucocytaire , au niveau de la périphérie des foyers tuberculeux, était très réduite et manquait même parfois totalement; ceux-ci étaient alors entourés étroitement par des cellules de tissu conjonctif ; la limite des tube m était cependant très nette. On ne pouvait déceler de bacilles tuberculeux

i îrouven a pu constater, à un faible grossissement, une prolifération considérable du tissxi conjonctir. 11 formait une capsule épaisse tout autour des foyers lupiques et se prolongeait en tractus plus ou moins épais à leur intérieur, constituant ainsi un réseau à mailles étroites, qui entourait les débris d trats lupiques. L'abondance des cellules fusiformes indiquait une né "kir nuit ion active de tissu conjonctif, À un plus fort gros* sissement, ou constatait que les cellules épithéliales et lymphatiques étaient dégénérées. Celle dégénérescence se manifestait parla diminution de la colorabilité nuoléain1, la fragmentation des noyaux et la production de vacuoles dans le protoplasma cellulaire. Ces modifications étaient analogues à celles i par Gassmanudaus les parois vasculaires atteintes parla radïodermite. Aussi croit-il que le premier phénomène est : l'hyperémie, la migration de leucocytes et la néofûrmation de tissu oonjonctif, qui secondairement amènent une destruction des nodules lupiques.

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Doutrelepont a étudié des pièces provenant d'un lupus hypertrophique de la joue traité depuis 10 semaines par les rayons X. À un faible grossissement on aperçoit uu foyer lupîque, entouré par un bourrelet de leucocytes, qui est presque complètement remplacé par du tissu conjouctif et ne contient plus que quelques éléments cellulaires lupiques, et parmi eux uik- cellule géante.

Dans une préparation colorée par le procédé de V. Gieson, on voit une abondante prolifération du tissu conjonctif; les foyers lupiques sont non seulement encapsulés à la périphérie par du tissu conjonctif, mais ce dernier pénètre aussi en traînées cornpactefl vers le centre et forme ainsi un réseau à mailles serrées qui entoure les débris de l'infiltration lupique. Une préparation colorée par la méthode de Weigert montre que ces derniers ne sont pas restés intacts. Les cellules épithélioïdes et les cellules lymphatiques sont ici très dégénérées. La lésion des cellules se traduit par la formation de vacuoles, qui est si prononcée que la préparation ressemble à une passoire !

D'après lui, le mécanisme de la guérïson du lupus par les rayons X est le suivant ; ils déterminent, d'abord, une hyperémie qui provoque une migration abondante de leucocytes hors des vaisseaux. L'infiltration leucocytaire commence (comme l'action de là tuherculine) à la périphérie du foyer, pénètre ensuite en traînées dans les foyers lupiques pour se transformer en cellules fusiformes et en tissu conjouctif iïbrillalre. Eu tout cas, la présence de nombreuses cellules fusiformes montre qu'il y a une forte prolifération du tissu conjonclif. Les cellules lupiques dégénèrent en varuolrs, h-s noyaux perdent de plus en [«lus leur colorabilité, se nécrosent et déterminent la résorption du tissu malade, son remplacement par du tissu cicatriciel.

D'après Gocht, ee serait l'inflammation superficiellement produite par la radiothérapie qui occasionnerait la disparition des

4 12 DERMATOSES A MICROBE SPÉCIFIQUE

bacilles tuberculeux et par suite la guérison. Il base cette hypothèse sur les modifications favorables qui surviennent sur un territoire lupeux, à la suite d'une poussée érysipélateuse.

Kiimmel ne croit pas à une action spécifique sur le lupus ; la guérison se produit par suite d'une influence électro-chimique ou tropho-névrotique' (Barthélémy). Tel n'est pas l'avis d'Albers-Schônberg, qui admet la possibilité d'une action directe sur les tissus tuberculeux ; ce phénomène serait favorisé par une hyperémie légère, mais il conteste totalement l'utilité d'une violente dermatite.

Scholtz a très bien étudié les modifications histologiques que subissent les tissus lupiques traités par la radiothérapie. A l'encontre de Grouven, de Doutrelepont, de Gocht et d'autres, il croit que le premier phénomène qui se produit est la modification et la dégénérescence des cellules lupiques, et que Thyperémie et la migration leucocytaire ne sont que des réactions inflammatoires secondaires.

11 a examiné 15 foyers de lupus, provenant de 8 patients. La plupart des pièces présentaient des modifications identiques ; aussi ne reproduirons-nous en détail qu'une seule série d'examens. Ils sont intéressants, car ils ont été faits sur des pièces provenant du même foyer, aux différents stades de la réaction, c'est-à-dire au début des phénomènes inflammatoires violents, pendant l'existence de l'eschare, et enfin après cutinisation complète.

« Le foyer lupique était situé sur la poitrine ; la peau était fortement infiltrée, remplie de petits nodules et recouverte de petites croùtelles.

« Le traitement fut appliqué de la façon suivante : Du 8 février au 7 mars, on fit sur la région malade 10 applications de 8 à 18 minutes de durée, à une distance de 35 centimètres. Les irradiations furent calculées de telle sorte qu'une dermatite violente survienne au bout de quelques semaines sur les parties

LUPUS VULGAIRE

traitées, et qu'elle soit suivie d'une nécrose superficielle du foyer. « Le 17 mars, la plaque lupique est rouge et œdématiée ; cette rougeur dure depuis environ 8 jours* Au milieu du foyer on constate l'existence de soulèvements phlyeténoïdes. Une petite portion est excisée au voisinage du bord.

« A l'examen microscopique, on constate que l'épithélium est assez fortement dégénéré et homogénisé ; on y voit de nombreux soulèvements phlyeténoïdes. Ce dernier est fortement infiltré de leucocytes et de cellules de pust surtout au niveau des foyers lupiques. On ne peut constater la présence de nodules ayant conservé leur forme et leur structure typique, ils sont en quelque sorte résorbés. A leur place, on ne voit plus que de nombreuses cellules géantes de grandeur anormale» des cellules mononucléaires à corps protoplasmique gonflé et diffus, et de place en place une grande quantité de leucocytes mononucléaires et polynucléaires, Les cellules géantes contiennent un très grand nombre de noyaux et présentent une surface allant jusqu'à 100 ou 200 "■ Ordinairement, elles sont mal délimitées, et on a devant l'œil des masses protoplasmiques invgulièreset diffuses, qui renferment en elles un grand nombre de noyaux dont les contours sont peu nets.

« Les cellules épithéliales modifiées et contenant souvent plusieurs noyaux n ont pas, elles non plus, de contours nets, Ell^s sont fusionnées les unes aux autres, si bien que les noyaux paraissent se trouver dans une masse protoplasmique homogène.

« Un second examen histologîque fut pratiqué sur une pièce provenant du même foyer, mais excisée le 25 mars, au moment où la lésion lupique était nécrosée superficiellement. L'eschare présente la même structure histologîque que celle décrite pour la peau normale. Les petits nodules lupiques ont subi les mêmes modifications que précédemment, mais elles sont plus accentuées. La destruction et la résorption des noyaux lupïques, leur

/|l4 DERMATOSES A MICROBE SPÉCIFIQUE

pénétration par des leucocytes et des cellules de pus, la dégénérescence des cellules géantes et épithéliales ont progressé. Là encore, les leucocytes semblent jouer un rôle prépondérant dans la destruction complète des cellules lupiques.

« La troisième biopsie fut faite quand la lésion fut cicatrisée ; on choisit pour cela un des bords où se trouvaient encore quelques noyaux suspects, tandis qu'au centre on n'en pouvait plus déceler. L'épithélium comprend 2 ou 3 assises et forme, à la surface du derme, une couche rectiligne sans prolongement interpapillaire ; les cellules épithéliales présentent encore, en beaucoup d'endroits, les modifications décrites plus haut. Le derme ne présente guère d'amas cellulaires ; les faisceaux conjonctifs sont délicats, bien colorables, parallèles à la surface de la peau. En quelques endroits, on peut encore voir quelques restes de nodules lupiques, revêtant l'aspect de débris proloplasmiques avec de nombreux noyaux. Ces débris de nodules sont encore, par place, entourés et pénétrés parles leucocytes, par place, délimités et encapsulés par des fibrilles conjonctives néoformées, dont quelques-unes les traversent. »

De ses examens histologiques et de ses essais cliniques, Scholtz conclut : « que dans le lupus il se produit, comme dans la peau saine, sous l'influence des rayons X, tout d'abord des processus de dégénérescence des éléments cellulaires et particulièrement des cellules géantes, épithéliales et des noyaux de lupus eux-mêmes, et que ces processus dégénératifs sont suivis de phénomènes inflammatoires réactionnels. »

Cette conception est tout à fait en accord avec l'hypothèse de Neisser, qui fait des phénomènes inflammatoires la conséquence de l'altération primaire des tissus. Weigert savait donc tout à fait raison lorsqu'il admettait, lui aussi, que, dans tous les processus dégénératifs réactionnels, il existait d'abord une altération primitive du tissu, à laquelle succédaient, comme réaction, les phénomènes inflammatoires.

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juérison du lupus, c'est-à-dire la disparition objective des nodules, et la destruction des bacilles quand elle se produit, sont dune consécutives à l'inflammation ré&ctionneUe et àl'hyperémte.

Comme le dit Sôholtl, et comme ses expériences l'ont prouvé, il faut écarter totalement toute action bactéricide directe. Mais le point capital, dans le traitement de cette affection, est la localisation spéciale de Tintlammation réaetiouuelle, À la suite des processus de dégénérescence qui apparaissant dans les noyaux de lupus eux-mêmes, l'inflammation de réaclion se concentre précisément au niveau des pointa malades*

A cet égard, comme le pensent Scholtz et Neisser, il existe une ressemblance avec les réactions locales de la tuberculinc, dans Lesquelles, en effet, les phénomènes inflammatoires se concentrent précisément sur les noyaux tuberculeux. Mais, par contre, l'action des rayons X et celle de la tubereuline diffèrent par la marche et la progression des phénomènes. Dans les réact in us consécutives à remploi de la tuberculine, il ne se l'ait ni , ni dégénérescence dans les foyers de lupus, il ne se produit qu'un processus éphémère et probablement purement inflammatoire. Dans le traitement par les rayons X, au contraire, les réactions inflammatoires ont une longue durée, par suite des processus de dégénérescence qui se produisent dans les nodules lupiques.

Conclusions, — On ne peut dire, a l'heure actuelle, si la guérison produite par [ea rayons X est temporaire ou définitive. Du reste, il faut bien savoir que même avec les procèdes sanglants et à plus forte raison avec la photothérapie, les récidives sont assez fréquentes* Il parait probable qu'il en sera de même avec la radiothérapie. Si l'hypothèse de Kaposi est exacte, il faudrait s'attendre à la récidive, toutes les l'ois que la lésion a été guérie par l'application des agents physiques. Il croit, rn effet, que ceux-ci déterminent une sorte d'inflammation

4lC> DERMATOSES A MICROBE SPÉCIFIQUE

parésique, puis la résorption des infiltrats qui ne sont pas encore organisés complètement par un courant lymphatique intense, et non la guéri son. 11 reste toujours des reliquats du foyer morbide qui sont la cause des récidives, de sorte qu'il faut préférer, quand on le peut, la cautérisation ou l'extirpation .

De même, Thurstan Holland dit que, dans le lupus, la cure obtenue sera plus ou moins durable, mais rarement définitive.

Un lupus situé à la face, guéri en 1899, récidiva au bout de deux ans ; il est vrai qu'une nouvelle série d'applications rétablit la guérison.

Par contre, un certain nombre d'auteurs ont obtenu des résultats datant de plusieurs années, sans qu'on puisse trouver trace de récidive.

Disons, en terminant, que la radiothérapie n'est pas encore tout à fait au point dans le traitement du lupus ; et, qu'en tout cas, les résultats obtenus jusqu'à présent ne sont pas suffisamment probants pour qu'il soit permis de préférer systématiquement cette méthode aux autres procédés thérapeutiques.

Elle parait indiquée dans les cas graves, étendus, avec infiltration profonde ou non ulcérés, et dans ceux où les autres méthodes ont échoué. Le lupus scléreux serait très favorablement influencé par cette méthode.

Les applications devront être faites avec plus ou moins d'intensité, suivant la gravité des lésions et le temps dont peut disposer le malade. On devra éviter, généralement, la radiodermite grave.

L'hyperémie modérée donne peut-être une amélioration moins rapide, mais la réaction est bien moins désagréable pour le malade. On devra, comme le dit Scholtz, appliquer à chaque cas la méthode qui lui conviendra le mieux ; mais nous conseillons d'éviter le plus possible l'eschare superficielle.

Enfin, il semble que radiothérapie et photothérapie doivent souvent être employées successivement chez le même malade pour obtenir un résultat définitif.

LUPUS ÉRYTHLMATEUX

Obs. I. — Mme G.„, 28 ans, — Lupm de la région du coude droit, datant de * ans, large comme la paume de la main et traité sans succès par le permanganate. Mauvais aspect.

Il janvier. — Dose absorbée, 5 H« Rayons n° 5,

22, — Dose absorbée, 5 H. Bayons n° 5*

3 février. — Rougeur très vive sur toute ta région traitée; l'épiderme commence à tomber. Douleurs vives. Pansements au Uniment oléocalcaire,

ft — L'épidémie est tombé, la surlace à nu est suintante, rouge, mais les noyaux, sont peu visibles* Les douleurs sont moins violentes II n'y a aucune tendance à l'escharc.

H avril . — La cicatrisa Lion est presque complète. I] ne reste plus qu'un petit espace grand comme une pièce de 50 centimes, où on voit un peu d'exutecration. La nouvelle peau est mince, atrophîque, mais ne présente presque plusde nodules lupiques. Seule, la partie exulcérée a encore mauvais aspect. On fait absorber à ce point une dose de 5 M.

imjam, — La cicatrisation n'est pas encore complète, mais le tout est très amélioré. On ne voit presque plus de nodules.

De même, des éléments lupiques de la face dorsale de la main gauche et de la lace ont été favorablement influencés par des doses modérées de 5 H environ. Il ne s'est pas produit de réaction vive,

La malade n'est pas guérie.

Plusieurs autres malades sont encore en traitement» et leur observation ne présente aucun intérêt spécial.

LUPUS ÉRTTHÉMATEUX

Il est d'usage de rapprocher le lupus érythémateux du lupus vulgaire ; c'est pour cette raison que nous on plaçons l'étude ici, quoiqu'il ne constitue pas une dermatose a microbe spécifique,

La radiothérapie ne semble pas avoir donné, dans le traitement du lupus érylhémaleux, des résultats bien encourageants. En tout cas, les observations publiées soint loin d'être concluantes.

Schîffa traité, en 1898, une malade dont la face était envahie par un lupus érythémateux de forme vespertilienne. Le côté

MELOT»

4l8 DERMATOSES A MICROBE SPÉCIFIQUE

gauche fut soumis aux rayons X, Vautre côté fut laissé sans traitement. Il observa que le foyer irradié se colorait en rouge foncé et que les squames se détachaient facilement* Les bords s'aplatissaient, et sur la surface malade on pouvait voir des taches d'un rouge foncé, atteignant les dimensions d'une lentille. Peu à peu l'infiltration disparut sur la partie traitée, et la peau redevint lisse et normale. Tout autour du foyer primitif, on voyait une zone pigmentaire assez foncée.

Jutassy a obtenu la guérîson d'un lupus érythémateux du ntz et de la face.

Richard F, Woods a traité avec succès un cas analogue localisé à la joue* La lésion datait de h ans. Cinq irradiations de 10 minutes chacune, deux fois par semaine, furent suffis» i.

Un autre cas très favorable est rapporté par le docteur James Startin. il s'agissait d'un lupus érythémateux en (papillon), occupant tout le dos du nez et les deux joues d'une femme de 30 ans, Les applications irritantes les plus variées n'avaient produit aucune amélioration durable. Six irradiations amenèrent la guérison*

John À, Lee a vu un lupus érythémateux du nez, datant de 4 ans, s améliorer notablement à la suite de 11 séances de 10 à 15 minutes de durée. Une légère réaction précéda l'amélioration,

Gudin a présenté, à la réunion de janvier 1901 de la Son de dermatologie, l'observation d'une femme de 29 ans, aitde deux petites plaques de lupus érythémateux situées sur les joues* Soignée sans succès par Fournier, Ànderson et Crocker, elle fut traitée par les effluves de haute fréquence, sur le conseil de Broeq* Ce traitement n'amena aucune amélioration durable* C'est alors que l'auteur essaya la radiothérapie.

Le traitement a duré du 20 juin au 12 juillet. Les applications furent faites de la façon suivante :

LUPUS ÉRYTHÉMATEUX

ï* séance,

30 secondes,

— 20 juin

1 minute

1 minute J/3

Le 23 juin, l'amélioration est considérable, la plaque est affaissée, et le 24 juin, elle est à peu près disparue.

Les séances sont alors suspendues, pour être reprises plus tard* En tout, il y eut 8 à 9 séances d'environ une minute et demie de dorée.

Les constantes électriques étaient les suivantes : bobine Rochefort de 0 m* 50 d'étincelle ; h ampères et 18 volts ; 20 interruptions par seconde; ampoule Villard dure (10 centimètres d'étincelle équivalente); distance du verre à la peau, environ 3 centimètres.

La malade, revue le 5 août, est complètement guérie.

Cette observation est surprenante par la rapidité avec laquelle les lésions ont disparu (5 à 6 jours) ! alors que la réaction demande pour se faire au minimum 8 à 10 jours.

Scholts, au lieu de faire des séances légères, a obtenu quelques résultats satisfaisants en employant des irradiations énergiques. Elles étaient suivies de phlyctènes, d'excoriation, de nécrose légère* Tous ces phénomènes morbides s'atténuaient ; au bout de quelque temps la réparation se faisait par un tissu cicatriciel très beau au point de vue esthétique. Maïs, au bout de quelques mois, des récidives in toco se sont produites.

Essayant une autre méthode, il traita quelques malades par de faibles irrfldiations, souvent répétées et continuées pendant des mois. Un des malades finit par guérir; mais l'avenir seul montrera si la guéri son est complète.

Sjôgren et Sederholm cherchent à produire une violente irritation, avec rougeur, exsudation, croûtes, etc. Quand la réaction est terminée, les croûtes tombent et laissent apparaître une fine peau rosée, dépourvue d'orifices glandulaires.

Ullmann conseille de ne pas dépasser par application la dose

4&0 DERMATOSES A MICROBE SPÉCIFIQUE

de 3 à 4 H et de séparer chaque nouvelle séance par un temps suffisamment long, afin d'éviter toute réaction ulcérative.

Fr curai croit qu'il faut éviter toute réaction violente. Comme Schiff, Taylor, Hahn, 1 .Neumann, Grouven, Llaberia, Lion, il a, au début, obtenu des résultats satisfaisants ; mais le traitement dut être souvent repris, à cause de la fréquence des récidives.

H croit, cependant, que par un traitement longtemps poursuivi il est possible, dans certains cas, d'obtenir une guérison définitive, avec cicatrice lisse, blanchâtre, de même niveau que la peau saine. Il ajoute que, parfois, cette dermatose semble être aggravée par les irradiations.

Gron a traité 3 cas de lupus érythémateux. Dans l'un, la guérison se produisit assez vite ; le second fut amélioré ; le dernier fut aggravé.

Dans les cas favorables, Kaposi croit que les rayons X agissent en provoquant l'hyperémie des tissus et la dégénérescence des éléments inflammatoires.

On voit, d'après ce qui précède, qu'il est bien difficile de se ftiire imo opinion sur la valeur de la radiothérapie appliquée au hipus érythémateux, et sur la quantité de rayons X qu'il faut faire absorber à la peau.

Si Te** en croit Kienbôck, il faut employer des doses assez élevé**. La guérison, dans les cas où elle survient, succède à «ne réaction violente, il faudrait produire de l'atrophie cutanée.

Les résultats thérapeutiques que nous avons obtenus sont tout à fait en accord avec cette manière de voir. Nous avons, dans plusieurs cas, cherché à provoquer un érythème marqué. La sensibilité de la peau atteinte de cette affection a fait qu'au début U réaction désirée a été légèrement dépassée. Il s'est produit un érythème rouge violacé, puis un peu de fine vésiculation et de suintement, et enfin de la desquamation. Par place ■léme Tèpiderme sYst détache ; mais la réparation se fit vite. La

LUPUS ÉRYTHÉMATEUX

peau qui s'est formée, est légèrement atrophique, et semble àpeu prèfl indemne de la lésion primitive. Mais, là où la réactiva fut moins violente, après une amélioration passagère, les lésion» réapparurent avec leur premier aspect.

Dans un cas que nous avons traité chez le docteur Béelère^à Saint-Antoine, les résultats n'ont pas été meilleurs. 11 s'agissait d'un lupus érythémateux, tout à fait au début, situé sur la racine du nez. Nous u'avuns pas réussi à empêcher la lésion de s'étendre, par des irradiations modérées {3 H par semaine). Le docteur Béclère soigna ensuite la malade chez lui et obtint une amélioration par des applications plus intenses,

Une autre malade, que nous confia le docteur Thibiorge, fut asMS vite améliorée, sans être guérie. Mais ce cas, le plu» favorable que nous ayons eu à enregistrer, n'est pas probant. La malade était enceinte et il n'est pas rare de voir le lupus érythémateux diminuer et même disparaître presque totalement pendant la période de gestation. Un autre patient fut amélioré, niais il est encore en traitement ; cependant une des plaques traitées parait presque guérie.

Les doses que nous employons varient entre 5 et 7 unités Hf absorbées en une ou deux séances successives. Les rayons sont peu pénétrants. Il faut se rappeler que la peau atteinte de cette dermatose est très sensible à Faction des rayons X et réagit souvent violemment. La dose de 8 H (par étape de traitement) ne devra être atteinte ou dépassée qu'en prévenant le malade de T intensité des phénomènes qui pourront se produire t L état de la partie traitée servira d'indication pour fixer l'intervalle qui doit séparer chaque application, En général, il faut attendre de 15 à 20 jours.

En résumé, dans cette affection rebelle à toute thérapeutique, les rayons X ne semblent pas donner de meilleurs résultats que les autres méthodes. Les formes qui sont modifiées par les autres procédés, le sont également par la radiothérapie,

422 DERMATOSES A MICROBE SPÉCIFIQUE

avec cette différence que l'amélioration se produit ordinairement plus vite, sans qu'il soit permis d'espérer qu'elle sera plus durable. Les formes fixes ne rétrocèdent qu'au prix d'une réaction violente, et souvent le résultat, sans être négatif, est loin d'être définitif.

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