CONCLUSIONS
La guérison apparente est d'autant plus certaine que les ganglions sont moins intéressés.
Certaines ulcérations cancéreuses, primitives ou secondaires, se cicatrisent rapidement sous l'influence du traitement radiothérapique. La cicatrice a toutes les apparences du tissu sain.
Quelques cas de cancer, objectivement semblables à d'autres améliorés par la méthode, sont réfractaires.
Les accidents toxémiques, s'ils existent, sont exceptionnels.
On ne peut actuellement dire si la guérison est totale ou simplement apparente ; en un mot, si le cancer est complètement guéri. Cependant certains malades, guéris depuis déjà plusieurs années, n'ont pas encore vu se produire de récidive.
La régression des néoplasmes est indépendante de la radiod ermite, quoique dans certains cas la diminution des tumeurs ne soit apparente qu'après absorption d'une dose de rayons X ayant déterminé sur le tégument Papparition d'un éry thème plus ou moins foncé.
Ce degré de réaction ne devra être dépassé qu'exceptionnellement, et le plus souvent il faudra s'arrêter au premier degré de la réaction, c'est-à-dire au léger érythème.
On y arrivera par une technique sévère et un dosage rigoureux.
Nous possédons dans les rayons X un agent thérapeutique susceptible de déterminer la régression de certains néoplasmes. Il faut espérer que les techniques se perfectionneront, que les indications se préciseront, et la méthode nous réserve peut-être des surprises dans le traitement du cancer.
Ce chapitre comprendra un ensemble d'affections sur lesquelles la radiothérapie a donné des résultats plus ou moins contradictoires; le nombre limité d'expériences ne permet pas de se faire une opinion exacte sur la valeur de la méthode.
ircvi
La radiothérapie a été appliquée par quelques praticiens au traitement des nœvi, sans beaucoup de succès.
Ces lésions se divisent, d'après Brocq, en deux grandes classes : les nœvi pigmentaires et les naevi vasculaires. Les premiers comprennent les naevi spili, les naevi verrucosi et les naevi hypertrophiques non vasculaires.
Si les naevi sont recouverts de poils, les applications radiothérapiques peuvent facilement les rendre glabres. 11 semble même que les formes verruqueuses et hypertrophiques soient améliorées. Mais nous savons que Télectrolyse agit bien sur ces formes. Elle est, par contre, inefficace sur les nœvi pigmentaires plans et surtout sur les naevi vasculaires plans. La radiothérapie, sans être une méthode sûre et facile à appliquer, donnerait, dans ces cas, de meilleurs résultats.
Gocht a publié quelques observations. Scholtz, dans un cas
AFFECTIONS DIVERSES £k) 1
de naevus pigmentaire, obtint une guérison apparente, en produisant par les rayons X la nécrose superficielle de la peau. Mais quelque temps après la réparation, la pigmentation semblait vouloir se reproduire de nouveau.
Jutassy a traité par cette méthode un cas de naevus vasculaire. Il s'agissait de ce que Ton appelle vulgairement une tache de vin. Le naevus s'étendait sur la moitié du visage et empiétait sur les muqueuses nasale et buccale. La région malade fut exposée aux rayons X, de façon qu'une réaction violente, accompagnée de croûtes, de chute de l'épiderme, survienne sur toute la surface atteinte de naevus. L'épiderme se reforma et fut normalement coloré. Un an et demi après la guérison, il ne s'était pas encore produit de récidive. L'auteur explique ce succès par l'action des rayons X sur les vaisseaux sanguins : ils en provoqueraient la contraction, l'inflammation et l'oblitération.
Scholtz, à la clinique de Breslau, fut moins heureux : il ne put arriver à faire disparaître des naevi vasculaires par la radiothérapie.
Dickson, de Toronto, a relaté un cas de naevus vasculaire qui a été très amélioré.
Pfahler croit que l'amélioration obtenue par les rayons X est au moins égale à celle que donnent les autres méthodes. Il est souvent nécessaire de produire une ulcération, ce qui n'est pas toujours bien supporté par les malades.
Nous avons traité, à l'hôpital Broca, une jeune fille qui présentait sur la figure un naevus plan vasculaire (tache de vin). La lésion occupait presque toute la moitié gauche du visage.
La malade avait déjà été soumise à la photothérapie et à Pélectrolyse, sans amélioration notable. Les applications radiothérapiques furent conduites de façon à éviter toute réaction violente. La coloration ne se modifia pour ainsi dire pas.
Résolus d'agir plus activement, nous avons prévenu la pa-
tiente qu'il laudrait, pour la guérir, déterminer une réaction violente sur toute la surface atteinte. Avec son assentiment, nous avons fait absorber à la peau 'de la joue une quantité suffisante pour obtenir une violente inflammation, avec chute de l'épiderme. Les rayons furent choisis très peu pénétrants, n°4 environ, et la dose fut de 10 H environ. L'épiderme se souleva en phlyctènes et tomba. Au bout d'un mois environ, la réparation fut complète. Le tissu néoformé n'a presque pas l'aspect cicatriciel et sa coloration est à peine un peu plus rosée que celle de la peau normale. En quelques points, où la réaction a été moins vive, la coloration est plus foncée, et une nouvelle intervention sera nécessaire.
Ce qui est certain, c'est que l'aspect actuel n'est pas comparable à celui qui existait jadis, et tout nous fait espérer que nous arriverons à modifier presque totalement la coloration du visage de cette jeune fille.
Cette observation semble prouver que, dans cette forme du moins, on ne peut obtenir de résultat satisfaisant qu'en provoquant une radiodermite suffisante pour déterminer la chute de l'épiderme. L'écueil à éviter est d'agir plus profondément, car alors la réparation serait longue à se faire, et la cicatrice consécutive pourrait être disgracieuse. Aussi, nous semble-t-il que la dose de 10 II ne devra pas être dépassée, par application. On devra attendre que l'inflammation se soit calmée pour recommencer.
Dans les formes où l'éleetrolyse donne de bons résultats, elle devra être préférée à la radiothérapie, car son application est plus simple, moins dispendieuse et n'expose pas aux mêmes dangers.
ITfTERTRIQO
Williams croit que de bons résultats ont été obtenus dans cette affection par la radiothérapie.
Il faudrait savoir ce que cet auteur entend par le mot : intertrigo; car, pour nous, il exprime un symptôme et non une affection.
HERPES ZOSTER
Williams cite deux malades qu'il a soignés par cette méthode.
Le premier fut soulagé par une seule application, mais dut cesser le traitement pour affaire.
L'autre vit disparaître les sensations de brûlure -et la douleur après de légères irradiations. Le traitement fut alors suspendu, mais les douleurs reparurent. Une nouvelle irradiation les fit totalement disparaître.
Une de nos malades, atteinte d'un cancer du sein, eut, au cours du traitement, un zona très douloureux, qui ne parut pas sensiblement modifié (douleurs) par la radiothérapie. Il faut reconnaître que le traitement fut plutôt appliqué sur la tumeur cancéreuse que sur le trajet du nerf malade. Du reste, la réunion de ces deux affections compliquait la situation.
XÉRODERMIE PIGMENTAIRE
Jamieson obtint par la radiothérapie la disparition de cette affection chez une petite fille de 12 mois. La lésion avait débuté sur l'aile du nez et envahi peu à peu la figure. Il fit 84 irradiations : une dermatite se produisit et la lésion disparut.
Allen rapporte un cas de xérodermie généralisée. Les deux yeux étaient atteints. L'un fut détruit ; l'autre fut préservé, grâce au traitement par les rayons X.