‹ Traité de Raja YogaChapitre 1 sur 36 · IO, RUE SAINT-LAZARE, ÎO · texte numérisé non relu

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AVANT-PROPOS

L'occultisme, d’après II. P. Blavatsky, est l'étude du mental divin dans la nature. Dans cette définition, le mental divin spécifie les parties de la nature qui ressortissent généralement de l’ordre mental et la donnée tliéosophique montre que c’est la partie médiane de la nature intégrale. Cette partie-là domine d ailleurs aussi les cléments inférieurs — c’està-dire ceux d’ordre émotionnel dit astral et d’ordre physique ; l’homme qui connaît le plan mental, a dès lors forcément passé par les mondes précédents. Les éléments d’ordre physique sont toutefois seuls à la portée immédiate de l’homme ordinaire actuel ; tous les autres sont donc superphysiques et constituent le domaine véritable ou proprement dit de l’occultisme.

Pour connaître l'occultisme il faut pouvoir le pénétrer, communier à lui ; or, la constitution inlé-

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grale de l’homme comprend des éléments de chacun des ordres de la nature et il y a moyen d’établir la communion susdite requise ; c’est précisément l’objet de la Yoga.

La Raja Yoga est la méthode rationnelle d entrainement qui réalise sûrement l’objet précité : elle a été formulée par des Sages du plus lointain passé, des Sages de l’époque où l’homme était providentiellement aidé par des ctres très avancés provenant d’une évolution antérieure. L’Orient où résidaient ces Sages a conservé cette méthode que 1 Occident n’a pas encore trouvée de lui-même ; il convient donc, à notre époque d’eiïlorescence générale de la science de l’âme en nos pays, de profiter des ressources ménagées par nos devanciers pour nous assimiler plus tôt ce qu’ils ont appris en cette matière, quitte à perfectionner ultérieurement ce que les traits de cette science pourraient avoir de suranné. C’est pourquoi le monde théosophique, si porté à la culture intensive de la Sagesse antique, a mis la Raja Yoga au nombre de ses sujets d’étude et la présente pour ce qu’elle est effectivement — à savoir la méthode rationnelle de développer en toute sûreté les pouvoirs latents de Vhomme . On sait que c’est là le troisième but ou objet de la Société théosophique, objet lacullatif d’ailleurs mais éminemment intéressant et utile.

Cette méthode consiste essentiellement à déve-

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lopper au nécessaire les capacités du mental de 1 étudiant, autrement dit sa conscience propre, jusqu’à ce qu elle soit adéquate au milieu en question, le monde mental, et que les vibrations diverses de celui-ci trouvent réponse dans celle-là, ce qui amène la perception d abord, puis la possibilité d’action. Ainsi l’étude de la Raja Yoga poursuivie avec persévérance zi en bonnes conditions aboutit plus ou moins rapidement, selon le cas (1), à introduire certainement et sans dangers dans le domaine meme du véritable Occultisme.

Le travail que nous présentons ici au public de langue française est le simple essai d’un théosophe de quelque ancienneté qui a conjointement fait état de plusieurs traités Anglo-IIindous sur la matière, en les interprétant à l’aide de ses connaissances tliéosophiques. Nous avons utilisé, dans les Considéra -

(1) Assurément il y faut, en général, plus d’une vie — à partir même du moment où l’on commence à cultiver la Yoga. Tout dépend, en outre, de la due application des règles et des conditions dans lesquelles on se trouve personnellement au point de vue évolutif. Mais rien de ce qu’on fait de bien n’est jamais perdu, en ce sujet comme en tout autre. En matière de Yoga, les naissances suivantes remettent le bon candidat Vogui en bonne position et assurent l'arrivée au port béni. C’est ce que dit explicitement la grande parole de la Bhagavad Gita en son Chapitre VI, versets 37 à 43 (Version d’Annie Resant plutôt que celle d’Emile Rurnouf qui est moins explicite et précise).

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tions générales , partie des coniérences du défunt Swami Vivelhananda avant même qu’elles fussent publiées en français ; mais, pour les Aphorismes de Patanjali qui sont la partie principale et majeure de ce travail, nous nous sommes référé davantage aux ouvrages de Drivedi Manilal ISabhubai et de Ganganalha Glia — nous n’avions évidemment pas la prétention d’inventer la Raja Yoga ; ces deux auteurs-là sont d’ailleurs plus dans la note theosophique que le précédent.

M m8 Besant, dans Y Avant-propos de son Introduction à la Yoga , livre qui est une excellente entrée en matière de tout traité sur la àoga, a annoncé dès 1907 quelle le ferait suivre d’une version occidentale des Sulras de Patanjali , avec commentaires ; mais ses grosses occupations présidentielles semblent l’en avoir jusqu’ici empêchée, sans quoi il n’v aurait eu rien de mieux à faire que de traduire son travail — comme il a déjà été fait de la dite Introduction. Nous donnons toutefois en Appendice le texte in-extenso de trois conférences de M me Besant sur ce sujet même ; ce sera le joyau de ce livre. En attendant davantage, notre essai pourra permettre à l’étudiant français d ébaucher vraiment la question de la àoga.

11 y a, dans les Aphorismes de Patanjali, notamment, d'assez nombreux termes sanskrits donnés a des états spéciaux du mental humain ; c’était natu-

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rel et meme obligatoire pour les auteurs anciens qui avaient discerné occultement ces états-là, de même que pour la science du jour, quand elle développe une partie nouvelle de son domaine, celle de l’électricité, par exemple, où il lui faut créer des néologismes qui constituent une terminologie spéciale, mais qui ont l’avantage de spécifier simplement des éléments souvent complexes. Le monde actuel a admis ce dernier fait, il eut été enfantin de protester; il est tout aussi indiqué de procéder de même pour des reconstitutions du savoir ancien. Le Sanskrit, mère de nos langues occidentales, est d’ailleurs mieux qualifié que tout autre idiome à ce sujet ; il n’y a donc qu’à accepter l’inévitable sans, l’exagérer, bien entendu.

Un dernier mot pour prévenir des méprises involontaires ou non. La Yoga est une méthode de développement du mental humain qui permet d’accéder aux hauteurs mêmes de la nature dans les (trois) mondes —physique, astral et mental. Mais cela n’est pas suffisant pour réaliser la vraie spiritualité, pas plus que l’intellectualité ordinaire n’assure la moralité. La suite nécessaire du progrès humain est indiquée dans les livres théosophiques intitulés Le Sentier du Disciple et Vers l y Initiation, par Annie Besant.

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