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En sacrifiant tout à Ishvâra, Dieu, le Samadhi s’ensuit

L’entier abandon que cela représente ne laisse effectivement plus rien de contingent pour le dévot et il se trouve ainsi transporté...

46. La posture convenable pour la Yoga doit être ferme et aisée.

Cette règle résume bien ce qui concerne Asana . Le siège proprement dit doit être ferme ; c’est le

meilleur moyen de sentir ferme soi-même, sans être le moindrement attiré par le corps, ce qui est le principal point à réaliser. Il faut en effet ne se trouver ni bien ni mal, ne faire nullement agir le système nerveux.

47. La posture devient ferme et agréable en s’y efforçant doucement et en se prenant à méditer sur l’illimité.

11 faut d’abord ne procéder que doucement aux meilleures dispositions matérielles à prendre, parce que la brusquerie trouble et rend plus difficile la réalisation désirée d’équilibre. Dès que la bonne position est assumée, il est bon de ne plus y penser, et, au contraire, de se porter mentalement avec suite, après, sur quelque chosede relativement infini, sinon sur Dieu, du moins sur le firmament, sur YAkasha immense, etc... Cela achève de ne plus faire sentir le corps, et ainsi de pouvoir rester longtemps dans la position prise.

48. Quand la bonne position est réalisée, on n’est plus assailli, gêné, par les contraires.

Les « contraires » dont il est tant parlé en théosophie vont deux par deux et attiennent à toutes les manifestations ; c’est le bon et le mauvais, le chaud et le froid, le plaisir et la peine, l’amour et

la haine, la joie et le chagrin, la nuit et le jour, e.lc. Lorsqu’une position convenable de méditation est bien possédée, l’effet des contraires ou de l’un des contraires en n’importe quel ordre n’est plus ressenti. Il est d’ailleurs nécessaire de réaliser cela avant d’aller plus loin.

49. Après Asana vient Pranayama, le contrôle du souffle, c’est-à-dire de l’inhalation et de l’expiration.

Comme il a déjà été dit au début de la présente étude, Pranayama contrôle d’abord le souffle de la respiration, aux fins de contrôler surtout les forces vitales du corps. Prana , dans l’espèce, est la somme d’énergie cosmique différenciée qui se trouve présente dans le corps ; le mouvement respiratoire n’est que sa manifestation la plus apparente. Ce mouvement est bien causé par l’apport pranique effectué par la respiration ou contenu dans le souffle ; Prana et le souffle sont connexes, et l’action sur l’un se fait également sentir sur l’autre. C’est pourquoi l’on cherche à contrôler le souffle comme le meilleur moyen de contrôler Prana .

50. Pranayama comprend quatre parties. Les trois premières sont l’externe ou l’expiration, l’interne ou l’inspiration, et l’immobile ou la

pause : elles ont trait à l’endroit, à la durée et au nombre ; elles sont longues ou brèves.

La première partie de Pranayarna estî’exhalation, l’expiration ; on l’appelle en sanskrit : Rechaka. La seconde est l’ inhalation, l’inspiration : c est Pu? kI ca. La troisième est la suspension, la pause ; c’est Kumbhaka. Chacune de ces parties est régie par les questions d’endroit, de temps, et de nombre. On entend ici par « l’endroit », l’extérieur ou l’intérieur du corps et la longueur particulière du souille en cours ; cette longueur est appelée Svara et dépend du Talwa mis en action. Le « temps » est celui de la durée de chacune des parties précitées ; on peut l’établir en fractions de minute. Dans la réalisation d’une série des trois parties, leurs durées relatives sont: pour une inhalation, puruka, égale à 1, de faire la pause, Kumbhaka, égale à 4, et l’exhalation, Rechaka, égale à 2. Le * nombre » se réfère au nombre de fois que la série entière des parties de Pranayarna est faite pour réaliser l’émission convenable du souille définie sous le nom Udghata.

La principale pratique en cet ordre est de mêler le souille supérieur, pra?ia, au souffle inférieur, apaiia, et de les faire monter tous les deux dans la tête. Ainsi Udghata est l’ensemble des trois premiers mouvements et l’apport du souffle dans la tête. Cette pratique tend à éveiller Kundalini, source

des pouvoirs occultes, et ilest entendu—les présentes indications étant d’ailleurs incomplètes — que Ton ne doit quand même s’y essayer que sous la direction d’un Gourou pour éviter de graves accidents qui pourraient arriver à la moindre erreur. D’une manière générale on commence par Recliaka, suivie par Puruka, l’inspiration, par la même narine ; on fait alors la pause, Kumbhaka , et l’on reprend lie chaka par l’autre narine et ainsi de suite. Cela fait une série de Pranayama .

Voici enfin quelques données complémentaires sur la question des trois souilles dits en Orient les trois « airs vitaux ».

Les trois airs ou souilles vitaux se meuvent dans Sushumna : Ida (à gauche) et Pingala (adroite). Ils sont la matière atomique des Talwas : Akashci , Vayu , et Agni ; ils correspondent à Recliaka , Puruka et Kumbhaka . Quand nous respirons par la narine droite ces trois souilles correspondent respectivement aux mouvements vers le bas, vers le haut et à la pause du courant de Vayu atomique dans le Pingala . Quand la respiration se fait par la narine gauche, ils correspondent aux mêmes mouvements dans XIda. Pendant chaque pause la matière akasique monte et descend dans Sushumna ; cela correspond à ce que l’on appelle la rétention de la respiration entre les sourcils.

La respiration est due à la contraction du diaphragme et des muscles intercostaux extrêmes et à leur relâchement; mais, tandis que les deux pou* mons se distendent et se contractent pendant chaque acte de la respiration, le souffle vital ne passe que par une narine pendant la respiration normale. Cette alternance rhylhmique entre les narines n’a pas encore été étudiée par la physiologie. Ce passage du souffle respiratoire par une seule narine ne peut être obtenu en fait que par la contraction subconsciente d’une des fosses nasales postérieures, l’autre restant ouverte. Quand Y Ida prédomine, la fosse nasale droite est fermée et la gauche reste ouverte ; pendant la période Pingala , la fosse nasale droite est maintenue ouverte par la force réfléchie du courant Pingala et la gauche se contracte.

Des mouvements respiratoires pratiqués systématiquement, surtout quand ils sont faits consciemment, réagissent sur les conditions du souffle, du Prdna dans le canal médullaire et la moelle allongée. C’est ainsi qu’une inspiration profonde, une pause voulue, -et une expiration prolongée permettent au Prdna de suivre les memes mouvements dans la moelle épinière ; de même qu’en baignant le corps pendant la lièvre nous forçons la température à descendre (quoique ce soit là une méthode empirique de traitement) et nous réagissons ainsi jusqu’à un certain

point sur la cause inconnue de la fièvre dans les tissus, de même en contrôlant l’effet nous contrôlons quelquefois la cause.

Pendant la pause, Kumbhaka , le souffle vital est retenu en haut dans la région comprise entre les sourcils ; le courant de Sushumiia s’élève dans le canal médullaire, se continue dans la moelle, dans le 4 e ventricule, l’aqueduc de Sylvius, dans le 3 e ventricule et la glande pinéale.

Prâna (dans le canal médullaire) est atomique (tattva pur), tandis que le souffle (dans les canaux latéraux) est moléculaire ( Panchikrtci ). Dans la respiration ordinaire, le souffle (ou sa contre-partie éthérée) monte jusqu’à YÂjna Chakra . En faisant une inspiration profonde on le renvoie jusqu’au corps pituitaire, avec l’aide de Prcinava (qui est la vibration moyenne du corps et, ainsi, du souffle). Pendant la pause ( Kumbhaka ) on envoie ce souffle, ou la vibration qui le représente, à la glande pinéale où il rencontre le courant Sushumna qui est alors arrivé au même point et qui entraîne une partie du courant mélangé en bas vers le 3 e ventricule, puis vers l’infandibulum, la luette, et, plus bas, au centre de la cavité thoracique, le Guhà du cœur ; ce mouvement vers le bas est associé à l’expiration.

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