La quatrième partie de Pranayama est la
retenue de Prâna et sa direction à l’extérieur ou à l’intérieur.
Cette partie-là, bien que procédant d’un arrêt dans l’expiration et l’inspiration, ne doit pas être confondue avec Kumbhaka , la pause proprement dite dans laquelle on ne veut pas autre chose que de mettre en quelque sorte la machine en train pour réaliser d’abord Udghala . C’est quand cela est fait qu’on passe à la 4 e partie qui consiste à porter le souille dans les divers plexus ou plutôt dans les padmas extérieurs et intérieurs délinis dans le § spécial [\ Pranayama, page 15 et suivante, de l’y porter par la pensée, à laquelle le souffle défère graduellement et successivement jusqu’au dernier. Cela éveille et développe successivement aussi certains pouvoir jusques et y compris le Samadhi. Cette partie est ainsi la plus effective de Pranayama.
52 . Les pratiques précitées tendent à faire disparaître l’éclipse de lumière intérieure.
Le mental, Cliitta , est naturellement une source de lumière, composé qu’il est de particules exclusivement sattviques ; mais l’existence dans le monde des effets et des causes l’a recouvert de particules rajasiques et tamasiques. C’est cette couverture-là que Pranayama tend à dissoudre pour purifier la matière mentale.
53. Le mental devient ensuite apte à s’absorber dans une pensée.
Une telle absorption ou concentration mentale est la partie de la Yoga qu’on appelle Dharana.
54. L’abstraction est le fait de suivre avec les sens physiques l’exemple du mental, c’est-à-dire de se retirer des objets.
Ce verset a trait à Pralyahara qui passe d’ordinaire avant Dharana parce qu’il s’applique plus particulièrement aux sens physiques, tandis que Dharana s’applique exclusivement au mental. On peut ajouter cette note à celles afférentes au paragraphe spécial d ePratyahara (page 29).
L’abstraction asservit, en somme, les sens au mental. Pour y procéder il faut retirer les sens de l’emprise des objets, lixer les sens sur le mental et les y assimiler de façon à ce qu’en fixant le mental, en réduisant les modifications de l’élément pensant, les sens soient contrôlés en même temps. C’est qu’en somme l’action des sens est simplement celle de certains états delà matière mentale, Chilla . Quand on voit un objet, sa forme n’est pas dans cet objet, mais dans le mental ; il y a bien, en dehors du mental, quelque chose qui évoque la forme de l’objet, mais la forme même est dans Chitta. Les sens s’identifient avec cette forme et la perçoivent
ainsi. En empêchant la matière mentale de se modifier, le mental reste calme.
55. Lorsqu’on a réalisé ce qui précède on a complètement maîtrisé ses sens.
Lorsque l’aspirant Yogui a réussi d’empêcher ses organes de prendre ou de refléter la forme des objets extérieurs et de maintenir lesdits organes identifiés avec la matière mentale, il réalise alors un contrôle parfait sur ses organes, sur ses nerfs, et sur ses muscles parce que les organes sont les centres de toutes ses sensations et de toutes ses actions.
Les organes, en effet, sont divisés en organes de sensation et organes d’action. Lorsque leur contrôle est réalisé, le Yogui peut contrôler aussi toute sensation, toute action et tout le corps. Les annales de la Yoga mentionnent qu’en l’état précité commence en réalité la vraie joie de vivre, même dans un corps physique, et le sentiment que ce dernier corps luimême est aussi un instrument merveilleux.
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