THÉORIES LOGICO-EXPÉRIMENTALES ET THÉORIES NON LOGICO-EXPÉRIMENTALES
Sauf indication contraire, par « expérience » il fant entendre « expérience et observation ».
(II-û)
Pour trancher un différend, il faut un juge [17*, 27, 28, 961]. Dans les sciences logico-expérimentales, ce juge est exclusivement l'expérience objective, dont on tire les preuves [16, 17, 42, 69*-", 475]. Dans les sciences non logico-expérimentales, on peut avoir divers autres juges. Tels seraient les li^Tes sacrés pour les croyants de certaines religions, la « conscience » pour certains métaphysiciens, l'autoobservation pour d'autres, les principes • nécessaires » pour d'autres encore, etc. [voir : Vérité, Auto-observation, Néo-chrétiens, Droit naturel. Droite raison. Sature, Bien, Métaphysique, etc.]. Très souvent les sciences non logico-expérimentales ont pour juge l'accord avec les sentiments [42, 49, 581 ; voir Logique des sentiments, Per suader.] On fait en outre intervenir la considération de l'utilité : une doctrine passant pour « vraie » parce qu'elle est » utile » [voir : Vérité] — [423, 473, 474, 475, 581, 593. 594. 961 : voir : Etude à laquelle nous procédons. Sociologie].
(ll-b)
Les théories logico-expérimentales se laissent guider uniquement par les faits ; elles sont constituées par des propositions descriptives qui affirment des uniformités expérimentales, et par des conséquences logiques de ces propositions [voir : Théories]. Les théories non-logico-expérimentales visent à dominer les faits, et renferment des propositions qui ajoutent quelque chose aux uniformités expérimentales [55, 56, 521, 524 ; voir : Lois (uniformités). Principes, Métaphysique].
ll-c)
Les sciences logico-expérimentales déduisent les principes des faits [2078 '], auxquels les principes sont toujours subordonnés. Les sciences non-logico-expérimentales posent a priori certains principes dont les faits dépendent [10, 11, 22, 23*, 24, 54* à 56, 57*, 63*. 90 à 93, 343, 514, 521, 638*, 642*, 643*, 665, 976 1532, 2397, 2398J.
TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES
Les théories logico-expérimentales raisonnent sur les faits, c'est-à-dire sur les catégories (c2) et (iV) de (I-g); elles tiennent compte des éléments (cl) uniquement comme de simples faits, jamais comme de sentiments qui s'imposent ; elles s'occupent exclusivement de mettre en rapport certains faits avec d'autres faits [voir : Explications] ; tout ce qui dépasse l'expérience leur est étranger [Ch. IV, V] ; les abstractions sont des parties communes à certains faits. Les théories non logico-expérimentales raisonnent au moyen de sentiments (cl) de l'auteur (l-g), et surtout grâce à l'impression que produisent sur lui certains mots [voir : Langage] ; elles s'occupent non seulement des faits, mais aussi de certaines entités qui dépassent l'expérience [Ch. IV, V], et avec lesquelles elles mettent en rapport les faits. Pour de telles théories les abstractions ne sont pas seulement des résumés de certaines parties des faits : elles ont une existence propre et indépendante. La différence entre les théories logico-expérimentales et celles qui ne le sont pas consiste avant tout en ce que les premières ont pour but de réduire à zéro la partie contenant exclusivement (cl) [2411*; Ch. I] ; les secondes attribuent, souvent implicitement, parfois explicitement, un rôle plus ou moins prépondérant et dominant à (cl) [voir : Classification, Théories], A l'un des extrêmes se trouvent les théories qui s'efforcent de combattre la prédominance du groupe (cl), pour ne s'attacher qu'à (c2) et à (N) ; du moins autant que possible, car il est bien difficile d'éviter entièrement (cl). A l'autre extrême se trouvent les théories qui attribuent un rôle prédominant aux sentiments exprimés par (cl); du moins autant qu'elles le peuvent, car il est de même bien difficile d'ignorer entièrement (c2) et (iV) [142*, 143, 170] - [9, 10, 69, 75, 76*, 108, 170, 5142, 521, 803, 804, 977* à 979, 2411 ; Ch. I, III, IV, V ; voir : Objectif et subjectif. Hypothèses expérimentales et hypothèses non-expérimentales.
Economie en partie non logico-expérimeniale, Sociologie en partie non logico-expérimentale].
(Il-e) Les sciences logico-expérimentales étu-
dient comme de simples faits sociaux (I-n) les théories, les doctrines, les propositions, etc., qui ont cours dans la société, même si ces théories, doctrines, etc., ne sont pas logico-expérimentales, ou si elles sont fantaisistes, absurdes, etc. [7, 12, 69*-6'', 81, 145, 466, 5142, 338, 843, 845]. Analogies avec l'étude de la philologie [346, 468, 469, 659, 879* à 883 ; voir : Dérivations],
(ll-f)
Chronologiquement, les sciences nonlogico-expérimentales précèdent d'habitude les sciences logico-expérimentales [57].
Le domaine des théories logico-expérimentales est nettement distinct de celui des théories non logico-expérimentales, et n'a aucun point de contact avec lui. L'étude du monde expérimental n'a rien de commun avec l'étude du monde nonexpérimental [16, 43, 69+-20, 70, 97, 474, 477, 481, 973]. Chaque étude est souveraine dans son domaine, et l'on ne saurait admettre qu'elle envahisse celui de l'autre [16, 43, 69*-3o, 70*, 477].