III
Le langage reflète les faits extérieurs, dans la meilleure hypothèse, comme une photographie mal faite, voire très mal faite, et qui, dans les cas défavorables, peut même devenir entièrement imaginaire. Quiconque raisonne sur les noms agit comme celui qui, de ces photographies, croirait tirer la connaissance précise des choses qu'elles représentent mal [108',
TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES
Dans les conditions les plus favorables, on peut tirer quelque chose du langage vulgaire pour constituer une théorie, de même que, dans les conditions les plus favorables, on peut tirer quelque chose des photographies pour connaître les choses qu'elles représentent mal. Comme le langage vulgaire est habituellement synthétique, lorsqu'on en use, on tient compte, bien que rarement et mal il est vrai, de la mutuelle dépendance des phénomènes. Ce peut être utile si, pour cela, on ne dispose d'aucun autre moyen qui soit meilleur [108, 109, 117, 118*, 1767].
Dans la vie pratique, pour constituer des théories, on peut tirer bien davantage du langage vulgaire, précisément parce que l'adjonction de sentiments (Ill-d), est un élément important des décisions pratiques [113*, 815, 817 ; voir : Empirisme, Pratique et théorie, Dérivations].
(III-O
Conséquences de l'indétermination du langage vulgaire [266, 267, 365, 366, 376, 1545, 1546*, 1552, 1556, 1797, 1857, 1904 à 1912, 1937, 2240].
(III-O
Le langage comme manifestation d'actions non-logiques [158* ; voir : (III-/j)].
(Ill-m)
Etant donné que les sciences logicoexpérimentales usent d'un langage objectif et précis, il ne faut jamais rien entendre au delà de ce qu'il exprime ; il faut repousser toute adjonction que le sentiment serait porté à faire. Etant donné que les sciences non logico-expérimentales usent d'un langage en partie subjectif et dépourvu de précision, on peut souvent entendre ce qui va au delà de ce qu'il exprime, ou ce qui diffère du sens rigoureux. Les adjonctions ou les modifications faites de cette manière par le senti-
ment concordent très souvent avec celles que l'auteur entendait faire à son exposé. Par conséquent, l'interprétation qui n'est pas rigoureuse se rapproche souvent de l'idée de l'auteur plus que l'interprétation rigoureuse. [41*, 74*, 75*, 171, 311, 1678 et sv. ; voir : Pratique et théorie.]