TERRES OU DE L'EAU
Nota. — On opérerait d'une manière analogue dans le cas où on accepterait la canalisation mixte ou la canalisation de masse.
Remarque. — Si les centres de pression Ci et C2, dans les deux premiers essais, étaient très voisins du tiers du joint, on pourrait se borner à ces deux essais, et l'on admettrait que la courbe d'erreur est une ligne droite entre les points «i et a,.
(d) Condition de résistance. — Il faut vérifier que lu pression unitaire au point B ne dépasse pas la résistance de sécurité admise pour les maçonneries qui composent le mur. Cette condition sera en général satisfaite si l'on a employé la canalisation parfaite.
Supposons que cette vérification nous montre que la pression p' au point B est trop forte, alors, R étant la résistance de sécurité, formons la différence p' — R; portons sur la verticale du point B' et au-dessus de BB' une longueur BfJ proportionnelle à cette différence ; nous aurons un premier point fl' d'une autre courbe d'erreur.
Faisons le même calcul au moyen des résultats des essais B.2 et B3; nous aurons deux autres points % et (i3 de la même courbe d'erreur. Pour l'essai B2 par exemple, nous aurons une pression p2 inférieure à R, et nous devrons porter sur la verticale du point B2 et au-dessous de BB2 une longueur proportionnelle à la différence R — p..
Le point B" où la courbe d'erreur coupe la base du mur est le pied du parement intérieur tel que la condition de résistance soit satisfaite; ce point est à droite du point B' trouvé tout à l'heure, ce qui prouverait que dans le cas actuel la condition de résistance l'emporte sur celle de canalisation .
(e) Condition de frottement. — En cherchant la poussée correspondant à la position A"B" du parement qui vient d'être trouvée, puis calculant, comme il a été dit, le poids du mur, et construisant ensuite la résultante de ces forces, nous verrons si cette résultante fait avec la normale à BB un angle inférieur à l'angle de frottement des maçonneries.
Cette condition sera en général satisfaite; si elle ne l'était pas, on pourrait modifier légèrement l'inclinaison des dernières assises, sans changer l'épaisseur du mur, de manière à les rapprocher de la direction normale à la résultante.
496. Calcul d'un mur de réservoir d'eau. — Les constructions précédentes s'appliquent de la même manière, seulement la poussée est toujours normale au parement. En général, la partie supérieure du mur dépassera d'une certaine hauteur le niveau de l'eau, en formant un parapet, dont le poids s'ajoutera au poids du mur et contribuera à en assurer la stabilité.
LES MUKS
497. Profil d'un mur de soutènement d'égale résistance. — (a) Le parement extérieur du mur est donné. — Nous aurons donc, comme nous l'avons fait précédemment, à chercher la position du parement intérieur; mais comme nous voulons que le mur soit d'égale résistance, nous opérerons de la manière suivante : divisons la hauteur du mur en un certain nombre de parties égales, quatre par exemple, par les assises AjA2A3 (fig. 479) ; cela fait, considérons la portion de mur située au-dessus de la première assise At et cherchons, comme il a été dit au numéro précédent, en supposant son parement intérieur vertical, ta position à donner à ce parement ; nous trouverons la position BIV
Considérons ensuite la portion de mur située au-dessus de l'assise A2, et en tenant toujours le parement intérieur vertical, cherchons la position BoB^IL à donner au parement d'un mur ayant comme hauteur AA2. Nous devrons, dans cette recherche, considérer le prisme de terre HHjB^B! comme faisant corps avec le mur; son poids s'ajoutera donc à celui du mur pour contribuer à la stabilité.
Nous chercherons, de même, la position du parement B3B'oII2 pour la portion de mur située au-dessus de l'assise A 3, et enfin celle du parement B4B'3H3 pour le mur tout entier.
Nous obtiendrons ainsi un parement intérieur en gradins, se rapprochant d'autant plus du profil d'égale résistance que les gradins sont plus multipliés. On voit que le prisme dentelé de terre qui est limité par les verticales H et H3, contribue à la stabilité du mur.
(b) Le parement intérieur £st donné. — C'est alors le parement extérieur qu'il faut déterminer (fig. 480) ; nous ne pourrons ici, puisque ce parement est apparent, le tracer en gradins, et l'inclinaison du parement extérieur devra être modifiée à chaque assise.
Fig 479 Fig. 480
Divisons encore la hauteur du mur en quatre parties égales (fig. 480); considérons la partie de mur située audessus de la première assise de A, en A, et déterminons la position du premier élément BBt de parement extérieur, dont nous pourrons nous donner l'inclinaison a priori.
Nous pourrions encore nous donner l'épaisseur AB de la
crête du mur; dans ce dernier cas, l'inclinaison de BB, sera inconnue. Dans tous les cas, nous opérerons par la méthode des courbes d'erreur, en faisant trois essais, comme il a été dit au numéro précédent, pour la recherche du parement intérieur.
Nous passerons ensuite à la seconde assise et, le point Bt étant fixé, nous chercherons de même l'inclinaison à donner à la portion de parement B,B2, en considérant lemur comme limité à la deuxième assise A2B2 ; et ainsi de suite jusqu'à la base du mur. Nous obtiendrons ainsi un profil de parement extérieur polygonal auquel, dans l'exécution, on pourra substituer un profil courbe tangent. Ce profil est surtout employé pour les murs de réservoirs ou de bassins d'alimentation.