Murs dans des conditions diverses
[a Remblai entre deux murs (fig. 484). — Si un remblai M est maintenu entre deux murs, on peut admettre sans grande erreur que, pour chaque mur, le plan séparatif du prisme de poussée maxima est le même que si ce mur soutenait un massif de terre indéfini.
Dès lors ; soit ad le parement intérieur de l'un des murs, ab le plan séparatif ainsi défini, on prendra comme coin de poussée abcd, et on supposera la poussée appliquée au tiers de la hauteur du parement ad à partir de la base.
Les deux murs auront, naturellement, les mêmes dimensions. Il faudra prendre les plus grandes précautions pour éviter les infiltrations et surtout l'accumulation des eaux entre les deux murs.
Si le remblai doit supporter une chaussée, il faut tenir compte du passage des voitures en ajoutant au poids du coin de poussée une surcharge convenablement calculée (v. n° 490); il sera même bon, dans ce cas, de relier entre eux les deux murs par des tirants en fer.
{b) Murs baignés par l'eau. — Lorsqu'un mur est baigné par l'eau sur une de ses faces et que, ainsi qu'il arrive pour un mur de quai, l'eau peut s'accumuler ainsi derrière le mur, il faut, dans les calculs, si le niveau de l'eau est le même sur les deux faces, déduire du poids du mur la sous-
MURS
pression de l'eau égale au poids du volume d'eau déplacé par la partie immergée.
Il faut, si l'on remblaie avec des terres un peu argileuses, prendre pour l'anglede frottement des terres une valeur très faible ne dépassant pas 15° à 20». On aura une sécurité plus grande en faisant le remblai avec du gravier ou avec des débris de pierres dont l'angle de frottement est peu influencé par la présence de l'eau.
Si l'eau ne baigne que le parement extérieur, sa poussée sur ce parement contribue à la stabilité du mur.
Si le niveau de l'eau, en arrière du mur, est plus élevé qu'à l'extérieur, il faut ajouter à la poussée des terres celle qui provient de la différence du niveau de l'eau sur les deux parements.
Si, comme il arrive pour les écluses ou pour les murs de quais dans les mers à marée, le niveau de l'eau varie à l'extérieur, la condition la plus défavorable est celle où les eaux sont basses. On calculera le mur en conséquence et même, à cause des eaux d'infiltration laissées en arrière, du côté des terres, et qui n'auront pas eu le temps de s'épancher au dehors, ou bien on substituera à la poussée des terres la poussée de l'eau, ce qui sera très prudent, ou bien on admettra que l'angle de frottement des terres sur le mur est nul ; cette dernière hypothèse pourrait manquer de prudence.
§2. — Murs soumis a l'action du vent