‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 155 sur 274 · CHAPITRE PREMIER- NOTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER- NOTIONS GÉNÉRALES

582. La Stéréotomie est lart de tailler les matériaux solides, comme la pierre, le bois, les feuilles de métal, de telle sorte que leurs diverses parties, réunies dans un certain ordre, présentent un tout dont la forme a été assignée d avance. En appliquant la stéréotomie à la coupe des pierres, nous nous occuperons presque uniquement des voûtes, parce que celles-ci offrant loccasion de tailler des faces planes et courbes de tout genre, comprendront évidemment, comme cas particuliers, les autres espèces de constructions plus simples, telles que les plates-bandes et les murs droits, biais ou en talus.

583. Or, dans la construction d'une voûte, il y aurait d abord une question préliminaire à étudier: ce serait de rechercher quelles sont la forme et les dimensions qu'il est le plus avantageux de donner à Tensemble de cette construction, pour quelle satisfasse à la fois aux conditions d'une grande stabilité et aux convenances qu'exigent la place et l'usage auxquels on la destine. Mais cette recherche, fondée d'une part sur les lois de la mécanique et les règles de l'architecture, de l'autre sur les données que fournit l'expérience quant à la résistance des matériaux et à la manière dont se fait ordinairement la rupture des voûtes, n'est pas l'objet spécial de la Stéréotomie: c'est dans un cours de comfructtons proprement dit, qu'il faudrait aller puiser ces détails qui exigent des développements assez étendus. Ainsi nous admettrons toujours que la forme et les dimensions de la voûte projetée sont assignées dans leur ensemble , et le problème de stéréotomie consistera dans les trois opérations suivantes :

I**. Trouver le mode de division le plus avantageux pour partager cette voûte en voussoirs^ c'est-à-dire en parties d'un volume assez faible pour qu'on puisse les tailler chacune dans une seule pierre, et qui soient d'une forme telle que, réunies dans un certain ordre et simplement juxtaposées, elles se soutiennent mutuellement comme si elles ne faisaient qu'un seul corps : c'est ce qu'on appelle tracer r appareil de la voûte ;

a36 LIVRE IV. — COUPE DES PIERRES.

2^. Déterminer les contours et les dimensions de toutes les faces de chaque voussoir, faces dont les limites sont les intersections de diverses surfaces, connues par ce qui précède ;

3^. Appliquer le trait sur la pierre, c'est-à-dire parvenir à donner aux matériaux bruts que Ion emploie, les formes qui viennent d'être trouvées pour les faces des voussoirs.

584. Gomme la première de ces opérations, ou le mode de division en voussoirs, doit évidemment changer avec la forme de la voûte, ce sera dans chaque exemple que nous indiquerons quel système il vaut mieux adopter. Toutefois, il y a une règle générale à laquelle on doit toujours s'assujettir, ou dont il ne faut s'écarter que par des motifs graves et dans des constructions peu importantes : c'est de rendre les joints (c'est-à-dire les faces de contact des voussoirs entre eux) normaux à Vintrados qui est la surface intérieure et visible de la voûte. En effet, si cette condition n'était pas remplie, de deux voussoirs adjacents, l'un présenterait nécessairement un angle obtus, et l'autre un angle aigu; or ce dernier angle n'étant pas susceptible d'une résistance aussi grande que le premier, il arriverait que quand la voûte serait décintrée et abandonnée aux effets de son poids, les réactions mutuelles des voussoirs feraient éclater Tangle le plus faible, ce qui altérerait la décoration et souvent même la stabilité de la voûte en question.

Pour effectuer la seconde opération, on choisit un mur bien plan, ou on le prépare ainsi en y appliquant une couche de plâtre bien dressée à la règle, et l'on y trace les données de l'épure dans des dimensions égales à celles de la voûte projetée. Ensuite, par les procédés de la Géométrie descriptive, on y détermine les lignes qui forment le contour de toutes les faces de chaque voussoir, d'abord en projection, puis en vraie grandeur, en rabattant les faces qui sont planes et en développant celles qui sont développables ; et alor^ on a tous les éléments nécessaires pour l'application du trait sur la pierre.

Quant à cette troisième opération , elle exige des détails qui ne peuvent être clairement exposés et bien compris que sur un exemple déterminé; c'est pourquoi nous nous abstiendrons ici de donner des indications générales qui seraient nécessairement très-vagues : mais, à la fin de chaque problème , nous aurons soin d'expliquer avec détail les procédés qu'il faut employer pour tailler les voussoirs.

Pl. 34, ^8^' Nous avons déjà dit que le nom de voussoir s'applique à chacune des Fi G. I. pierres qui composent une voûte. Dans chaque voussoir, la douelle est la face qui fait partie de la surface intérieure et visible de la voûte; les joints de Ut

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