‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 158 sur 274 · CHAPITRE 11. — 0£S MURS ET DES PLATES -RAN DES. aSg · texte numérisé non relu

CHAPITRE 11. — 0£S MURS ET DES PLATES -RAN DES. aSg

390. Un mur droit est celui qui se trouve compris entre deux plans verti- Pl. 33, eaux et parallèles. Le mur est biais quand ces deux plans convergent, et il est Fig. ^, en to/u5 lorsqu'un de ces plans s'écarte de la direction verticale, comme dans layî^. 4 où le mur est compris entre les plans G'GU et Â'AF. Mais on doit observer que le talus se mesure par langle FAZ que foiine le plan incliné avec la verticale, et non pas par son -inclinaison FAX sur Thorizon; puisque si ce dernier angle était de 90% le talus au contraire serait nul. D ailleurs, Tusage est d'indiquer la grandeur du talu^, non pas en degrés, mais par une fraction -J:, -g-,- . .,-nr qui expiime le rapport du reculement FZ à la hauteur AZ.

591. Ce mur en talus se divisera en assises par des plans iiorizontaux , comme 6A, HL, IK,. ..; mais si on prolongeait ces coupes jusqu'au plan incliné, il en résulterait, dans chaque pierre, un angle aigu formé par le lit de pose avec le parement en talus, circonstance que Ion doit éviter, du moins quand le talus est considérable , parce qu'un tel angle offre peu de résistance et se détériore promptement. Il faudra donc arrêter ces coupes horizontales à une distance de 5 à 8 centimètres du parement extérieur, et diriger ensuite les coupes LD, RE,. .., perpendiculairement au talus. Quant à la première assise, on pourrait la terminer par un plan vertical mené du point C où le talus rencontre le sol xjr; mais il vaudra mieux, pour ne pas diminuer l'épaisseur du mur à sa base, employer la face verticale AB et la face horizon*taie BC.

592. Dans la suite, il faudra toujours avoir soin d'éviter ainsi les angles aigus dans toutes lés constructions en pierre, du moins autant que cela sera possible sans tomber dans d'autres inconvénients plus graves. Car ici, par exemple, le joint brisé HLD produira un angle saillant dans la seconde assise et un angle rentrant dans la première ; or ce dernier angle se taille moins facilement, et il est très-rare que les deux pierres adjacentes acquièrent des angles parfaitement égaux, quand ils ne sont pas droits, d'où il résulte quelles ne' se toucheront que par un petit nombre de points qui seuls seront communs aux faces correspondantes. Cela aurait peu d'importance, s'il s'agissait d'un joint vertical par lequel les deux pierres seraient simplement juxtaposées; mais quand elles reposent l'une sur l'autre par ce joint brisé, et que la charge générale est considérable, il arrive alors que le tassement fait porter la compression sur quelques points isolés, au lieu de la répartir sur toute l'étendue de la face du contact, et par suite l'angle rentrant se brise d'une manière irrégulière qui compromet fortement la stabilité de la construction. Cette re-

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marque devra être prise en considération, surtout dans les voûtes destinées à porter des charges considérables, comme sont les arches d'un pont. ' Maintenant, expliquons les procédés pratiques par lesquels on taille les pierres de ce mur en talus; et montrons d abord comment on parvient à dresser, sur une pierre brute, une face qui soit exactement plane, FfG. 5. ^95. Soit donc ABDEF6 le bloc proposé, qui présente, en sortant delà carrière, une forme à peu près prismatique. Sur la face postérieure ABC, et à une petite distance du bord supérieur, louvrier tracera avec une règle un trait noir BC qui ne sera pas une ligne droite, à cause des aspérités de cette face, mais qui sera du moins une ligne plane. Ensuite, avec le ciseau et le maillet, il enlèvera peu à peu la pierre qui excède ce trait BC, et il taillera une ciselure ou petite bande plane BCcb dont la largeur B6 aura i ou a centimètres : on conçoit bien que, dans une si faible largeur, il est facile de dresser exactement un plan^ et d ailleurs Touvrier le vé;*ifiera en y appliquant le champ ou la face la moins large de sa règle. Cela fait, il posera la règle R en équilibre, et de champ, sur cette bande BGc6 : il se transportera vers la face antérieure GFE, et 4, après y avoir appliqué une seconde règle R' qu'il soutiendra avec ses mainsr, il la fera varier jusqu'à ce qu'en bornoyant les deux règles par leurs extrémités, il voie son rayon visuel raser à la fois la face intérieure XY de lune et la face supérieure X' Y' de Vautre; puis, dans cette position de la règle R', l'ouvrier marquera le trait noir B'C^ qui sera une ligne située exactement dans un même plan avec le premier trait BC; et c est là une donnée qu'il était indispensable de se procurer avant tout.

On conçoit bien que cette première opération se ferait plus promptement, s'ils étaient deux ouvriers qui pussent appliquer simultanément les règles R et R' sur les faces opposées de la pierre, et bornojrer à la fois les deux faces supé-- Heures de ces règles par leurs extrémités ; car alors on pourrait tracer en même temps les deux traits BC et B'C, de manière qu'ils fussent situés dans un même plan.

Cela posé, après avoir réuni ces deux traits par un troisième BB', l'ouvrier taille, comme précédemment, une ciselure le long de B'C et une autre le long de BB', ce qui détermine les bords du plan demandé; puis, il eplève les aspérités de l'intérieur, d'abord avec la grosse pointe, ensuite avec la tranche; et à mesure qu'il avance parallèlement à BB', il a soin d'appliquer fréquemment sa règle, posée de champ, sur la surface mise ^ découvert, pour vérifier si cette règle porte bien dans toute sa longueur, et si elle s'appuie en .même temps sur les deux directrices BC, B'C; x;ar c'est là évidemment une con-

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dition nécessaire et suffisante pour que la face exécutée soit exactement plane.

Sans que nous entrions dans des détails semblables, le lecteur se rendra bien compte de la manière dont louvrier exécutera une nouvelle face plane et perpendiculaire à la première, en se servant de Téquerre formée par deux règles en fer, assemblées solidement.

594. A présent, revenons au mur en talus, et considérons spécialement la pre- FiG. 4 niîère assise dont les projections sont ABCDLMN et A'A"N''N'. Il faudra et 6. choisir une pierre égale au moins au parallélipipèdequiaurait pour base le rectangle A'A" N''N', et pour hauteur AP; mais on ne prendra pas la peine d'équarrir toutes les faces de ce solide, puisque plusieurs d entre elles devant être détruites

en totalité ou en partie , il y aurait une perte de main-d œuvre que Ion doit éviter avec soin. L ouvrier dressera donc la face inférieure qui doit former le lit de pose, et il y tracera un rectangle a'a"nV exactement égal à A'A"N''N', en formant des angles droits avec Féquerre, et en mesurant les côtés. Ensuite, il dressera une face plane a!n'c(\)f qui soit perpendiculaire au lit de pose et qui passe par laréte cln\ ce qui s'exécutera aisément au moyen de Téquerre ; puis, sur cette seconde face, il tracera le contour cCydâtwîrl identique avec ABCDLMN. IjCS angles droits se traceront aisément en mesurant leurs côtés sur la^(/. 4 ; et quant au sommet d!^ on prendra avec le compas les distances DM et DB pour décrire deux arcs de cercle des points w! et b' comme centres^ ou bien l'ouvrier prolongera laréie a'p égale à AP, et il prendra la distance p'rf' égale au reculement PD du talus.

Cela fait, louvrier peut tailler toutes les faces perpendiculaires à a!b'cfd'l'm\ en abattant la pierre le long de ce contour, et y appliquant son équerre de manière qu une des branches s'appuie bien sur la face alb'dii'l'm'y en même temps que l'autre branche devra coïncider avec la face qull exécute; puis, il donnera à toutes ces faces nouvelles une longueur égale à A'A"^.

595. Ce petit nombre de données suffit donc à la rigueur; cependant, pour plus d'exactitude, il sera prudent de dresser non-seulement la face aj/cfvl^ mais aussi la face aL'p'q'^n" d'équerre sur le lit de pose, et de tracer encore sur cette dernière le contour <fb"d*d"i'Tn''n'' identique avec dhfdd'Vw!v!\ car alors, pour chacune des faces perpendiculaires à celles-là , l'ouvrier aura deux directrices situées dans un même plan, telles que m'/' et m'Wji'd' et /"rf% rfV et d"d\ . . .; et en promenant sa règle sur ces deux directrices, il exécut^i^a la face plane avec plus de précisiou et de facilité.

C'est ordinairement Y Àppareilleur qui applique ainsi Te k-ait sur la pierre y du

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moins quand les opérations ne sont pas très«simples; ou bien, il découpe sui* vant le contour ABGDLMN un panneau en carton, en bois ou en tôle, et il le donne à louvrier pour être appliqué sur chaque joint, ce qui est plus expéditif lorsqu^il y a à tailler plusieurs pierres identiques quant à leur projection verticale.

Tout ce que nous avons dit ci-dessus de la première assise du mur en (aUis

s appliquera avec encore plus de facilité aux autres assises MLDEK, IKEF,...^

Pl. 33, 596. Une plate-bande est une espèce de voûte dont Tintrados AB est plan

FiG. 7. €t horizontal; on lemploie ordinairement pour former le linleau, c'eât-à-dire

le dessus dWe porte ou d'une fenêtre dont les pieds-droits ou jambages sont

AaX et B6T; la dernière assise de chaque pied-droit, comme VATI, s appelle

le somvnier. Les faces verticales A' A'' et B'B"" forment le tableau de la porte; la

feuillure est le renfoncement rectangulaire C'G''D"D' où Ion place les vantoux>

et G'A'^ ou D'B" est le recouvrement de la feuillui^e. Enfin:, les faces verticales

CE*' et D"F'', qui compi*ennent V embrasure de la porte, se nomment faces dV-

brasement, et elles divergent ordinairement un peu, pour allonger la course de

chaque vantail et donner plus d'ouverture à la baie de la porte.

597. On appelle claveaux les. divers voussoirs dont se compose là platebande ; et pour qu'ils se soutiennent mutuellement, on fait converger les joints ou coupes AT, MQ, NP, . .., vers un même point O qui est ordinairement le sommet du triangle équilatéral construit sur AB ; mais ou a toujours soin de diviser d*abord cette largeur AB en un nombre impair de parties égdes, afin d'éviter qu'il y ait un joint au milieu OZ de la porte, ce qui faciliterait le glissement ou la rotation des claveaux , et par suite le renversement de la platebande. D après cette disposition, il y aura toujours un claveau placé au milieu , lequel se nomme la clef.

598. L expérience prouve que , quand la plate-bande vient à se rompre sous la charge qu^elle supporte, cest moins par le glissement des claveaux que par un mouvement de rotation qui fait ouvrir un joint en dedans vers la clef, un autre joint en dehors vers le sommier, et qui soulève le pied-droit en ouvrant un de ses joints en dedans , ainsi qu il est indiqué dans la^^. 9. Pour s'opposer à cette tendance au i*enversement , il est bon de donner aux deux claveaux (f angles une crosse^teTSR (^fig. 7) par laquelle chacun deux s appuiera sur le sommier; car, alors, la charge supérieure qui portera sur langle R, empêchera ce claveau de tourner comme il la fait dans la ^9. 9.

On pourrait même ajouter une pareille saillie EFGH (^fig. 8) au second claveau de chaque côté ^ toutefois, il n'est pas prudent de multiplier beaucoup ces-

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