CHAPITRE lï. — DES MURS ET DES PLATES-BANDtS. a
ci'ossettes , ni d'employer des joints brisés rqm , ainsi que le font quelques appareilleurs , parce que le défaut de parfaite égalité entre les angles rentrants et saillants qui résultent de ces dispositions, exposerait aux accidents très-graves que nous avons signalés au n^ 592. Il vaut bien mieux , quand la charge de la plate -bande est considérable, et que les jambages ne sont pas fortement épaulés , relier tous les claveaux avec les sommiers au moyen d'un tirant en fer TT' (^fig. 8), lequel pénètre dans Tintérienr de ceux-ci par un trou foré, et se fixe avec un écrou à chaque bout; le tirant se loge d ailleurs dans une feuillure pra-^ tiquée à chaque claveau, et elle doit être assez profonde pour que Ces demieis ne portent pas sur le tirant; car, si le fer est bon à employer pour résister à des forces de traction, il ne faut jamais lui confier des charges perpendiculaires ' à sa longueur. ^/
599. Lorsque la largeur de la plate-bande est un peu considérable, les joints qui sont voisins des deux sommiers forment des angles assez aigus avec Tintrados, et les arêtes de ces joints seraient exposées à se rompre par la compression. Pour éviter cet inconvénient, on trace {fig. 8) une droite ab parallèle à Tintrados, et plus élevée de 3 ou 4 centimètres ; puis , à partir des points m , n,..., où
cette droite est coupée par les joints, on abaisse des verticales mM, nN,
Cependant, il ne faut jamais employer ces joints brisés pour la clef, parce qu'eu la posant on doit labandonner à son propre poids , et la laisser descendre jusqu à ce qu elle se trouve parfaitement en contact avec les joints des deux contre-clefs , lesquels doivent être entièrement plans. Aussi, en taillant la clef, on laisse indéterminées ses dimensions verticales, sauf à faire ensuite un ravalement, c'est-à-dire à recouper la pierre sur place, si la saillie de la clef est trop considérable; car, souvent même, on laisse subsister une petite saillie en cet endroit de la plate-bande.
600. Quant à la manière de tailler les claveaux , nous allons l'expliquer en prenant pour exemple le voussoîr AMQRST de la^jf. 7. Après avoir choisi une FiG. 7 pierre dont la longueur égale au moins l'épaisseur R'R" du mur, et dont les et 10. deux autres dimensionssoient capables de contenir le panneau de tête AMQRST,
on fera dresser exactement (n** 593) le lit de carrière xmmfx' que l'on destine, par les motifs du n^ 687, à devenir le joint MQ, et on y tracera le contour g(jfm'm"^q^W(\^ en formant des angles droits dont les côtés aient les longueurs suivantes :
9/,"=QH, 9(jf'~R'R% 9W = QM, m'm"= M'M% mY = MG, i7y=G'G';
puis , d'équerre sur cette face , on exécutera les cjeux plans parallèles xmjz et
x'm'y'T! destinés à former les deux têtes du voussoir, sur lesquels on tracera les contours amqrst eia'm'q'r's' t' identiques avec AMQRST. Alors, louvrier pourra exécuter le joint inférieur aW'a', puisqu'il connaîtra deux directrices ai et a' f' situées dans ce plan; et il taillera de même les faces stt's^srr's^rqq'r^: mais cest par là qu'il finira son travail.
601. Quant à la face d'intrados amm'd^ louvrier pourrait tailler en totalité cette face plane au, moyen des deux directrices a?n, a!m'^ qui sont déjà marquées , et ensuite il en retrancherait ce qui est relatif à la feuillure ; c'est la marche que Ion prescrit ordinairement , mais elle entraine une perte de maind œuvre qu il est important et facile d'éviter. Pour cela, après avoir taillé le joint inférieur altfa!^ on achèvera de tracer sur cette face le contour tda'à'l' l"k" t, en formant des angles droits dont les côtés aient les longueurs suivantes :
a;a'' = A'A", a"/' = AL, /'/" = G'G";
et alors, pour tailler la portion d'intrados a'd'wTw! qui répond au tableau, l'ouvrier aura les deux directrices dd* et m'm^'\ pour le recouvrement d'Vç[rd\ il aura les deux directrices d'V et m'y; pour la feuillure, il se guidera sur VI" et jy, et ainsi de suite; de sorte que parla il n'exécutera que les seules portions vraiment utiles de toutes ces faces planes.
602. REMARQUES sur la pose des pierres. Pour élever un mur, on pose d'abord les divei*ses pierres dans toute la longueur dune même assise, et Ton vérifie avec la règle et le niveau , si leurs lits de dessus sont bien tous dans un même plan horizontal ; sinon , il faut que le tailleur de pierre les retouche sur place, c'est ce qu'on appelle raser te tas; car, sans cette précaution, les pierres de l'assise suivante qui recouvrent les joints de Tassise inférieure, présenteraient des porte-àrfaux qui occasionneraient des ruptures lors du. tassement. Pour cette seconde assise, on fait ordinairement reposer chaque pierre sur des éclisses ou cales de bois très- minces, choisies de manière à maintenir le niveau • puis, en soulevant cette pierre autour de l'arété de derrière, on introduit audessous une petite couche de mortier fin et clair, sur lequel on laisse retomber la pierre, jusqu'à ce qu'en portant sur les éclisses, elle fasse souffler le mortier tout autour du joint horizontal. Ensuite, on abreuve les joints verticaux avec du mortier très-liquide, en prenant soin d'étouper les fentes.
603. Cette coutume de poser sur cales est sans doute plus commode pour les ouvriers qui y trouvent un moyen facile de compenser, par l'épaisseur plus ou moins grande des éclisses, les défauts commis dans la taille des lits; mais