CHAPITRE III. — DES FERBIES. 4a
coïncidence dune baie de fenêtre ou de porle; car on ne doit jamais faire porter un tirant sur de pareilles ouvertures.
905. Autres exemples de fermes. Dans la fig. i4, où le comble est plus Pl. 68. exhaussé, on a établi un entrait Q ou tirant auxiliaires, qui a pour objet principal de contre-buter les arbalétriers vers le milieu de leur longueur, pour les empêcher de plier sous le poids des pannes; cet entrait reçoit le poinçon p qui s y engage par un tenon passant^ lequel est maintenu par une clef c. Il résulte de cette disposition que tout Tintervalle entre le tirant et lentrait reste libre, et qu on peut y établir des logements qui seront éclairés par des lucarnes ouvertes dans le toit même : c est ce qu on appelle un comble avec entrait retroussé. Les jambettes/, au lieu d'être verticales, ont été dirigées obliquement, afin d arc-bouter plus efficacement les arbalétriers : mais cela pourrait gêner les mouvements dans Fintérieur du comble. On pourra aussi ajouter des aisse* liers 9 pour mieux assurer la fixité des angles, et pour soutenir l'entrait; les autres parties de ce comble sont semblables à celles de la fig. 1 3, excepté le faitage qui s assemble ici sur la tête du poinçon, parce qu'il s'agit d'une ferme de long-pan non adjacente à la croupe.
904. Dans \aifig. i5, on a fait porter l'entrait par deux jambes-de-force qui sont des pièces moins inclinées que les arbalétriers ou les chevrons, ce qui permet à ceux qui habitent l'étage inférieur du comble, d'approcher plus près du mur de face ; ces jambes-de-force s'assemblent par embrèvement et tenon dans le tirant et dans l'entrait; et comme le polygone ainsi formé a plus de trois côtés , il faut syouter des aisseliers pour empêcher les angles de pouvoir varier. Les pannes sont retenues, à droite de l'épafe, par de simples chantignolles a, a, comme dans les fermes précédentes; mais, sur la gauche de l'épure, nous nous sommes servis de tasseaux by 6, qui s'engagent dans l'arbalétrier par un tenon , et que l'on emploie pour plus de sûreté, quand le comble a beaucoup d'importance ; toutefois , ce dernier mode a l'inconvénient d'affaiblir l'arbalétrier par un grand nombre de mortaises.
A la hauteur de l'entrait , la panne d de droite est i^etenue par un simple gousset e, taillé suivant la pente et cloué sur l'entrait; mais on peut aussi, comme à gauche, assembler la panne dans l'entrait par tenon et mortaise, et
(*) A proprement parler, cette pièce e est un /aux entrait; car le véritable entrait doit , comme dauïshkjlg. iS, porter l'assemblage des arbalétriers, et non pas s'engager lui-même dans ceiizHâ,. comme cela arrive dans la Jig. i4.
4a/j LIVRE V. — DE LA CHARPENTE.
alors on lui donoe le nom de Ueme. Cette dernière disposition est moins sim^ pie, mais elle offre 1 avantage de relier entre elles les fermes consécutives du comble , et de maintenir leur écartement.
Pour rattacher la sablière aux fermes, ce qui est indispensable (n® 908), on a employé un blochet dont la tête recouvre et saisit la sablière au moyen dune entaille à mi-bois; et la queue de ce blochet^ réduite au tiers de son épaisseur et taillée en queue d'hironde , s engage dans la jambe-de-force , où elle est maintenue par un coin. D autres fois on a taillé la tète du blochet en forme de queue d'bironde horizontale, laquelle s engageait dans la demiépaisseur de la sablière. Mais toutes ces combinaisons , assez compliquées, exigent beaucoup de main-d œuvre ^ et offrent Tinconvénient grave d affaiblir la jambe-de- force, qui est une pièce très-importante; c est pourquoi les charpentiers modernes, qui ne s'imposent plus, comme autrefois, la loi rigoureuse de n'employer que le bois pour composer leurs assemblages , remplacent souvent le blochet par une bride en fer m ( voyez le côté droit de Tépure) : cette bride embrasse la jambe-de-force , et ses deux branches aplaties vont se clouer sur la sablière. Nous ne parlons pas des autres parties de cette ferme , attendu qu'elles sont toutes semblables à celles des fermes précédentes. Pl. 68 , 905. • Combles brisés ou â la Mansard. Afin de rendre plus commode Fhabita- JPiG. i6. tion de la partie inférieure d'un comble , sans élever sa hauteur totale au-dessus de la grandeur moyenne , on a imaginé de composer la feime du vrai comble avec un tirant f, un entrait e, et deux jambes-de-force y, j, dirigées presque verticalement; puis, sur cet entrait e reposent un poinçon très-court p et deux arbalétriers fort inclinés a, a , dont l'ensemble compose la ferme du faux comble, lequel, étant étant très-surbaissé , n'offre qu'un réduit inhabitable. D'ailleurs les chevrons, au lieu de s'étendre depuis le faite jusqu'à la sabhère suivant une seule droite, comme dans la^^. i5, se trouvent brisés à la hauteur de l'entrait selon les directions c et c', parallèles aux pièces j et a; mais pour soutenir ces chevrons c, c', et tous leurs analogues placés entre deux fermes consécutives , on assemble à tenon dans les deux entraits une pièce horizontale x nommée panne de brisis, laquelle sert de sablière pour les chevrons supérieurs c'. Quant aux chevrons c du comble inférieur, ils s'engagent dans la sablière^, laquelle est rattachée aux jambes-de-force par des brides ou liens en fer; puis, comme à l'ordinaire , on ajoute des coyaux pour conduire les eaux pluviales jusqu'à l'égout du toit, à moins que ces eaux ne doivent être reçues dans un chéneau en plomb établi sur la corniche.
C'est larchitecte F. Mansard, mort en i666, qui a inventé ces combles bri-