‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 244 sur 274 · DES FERMES · texte numérisé non relu

DES FERMES

901. Pour construire un comble à deux égouts, il faut d'abord établir, de distance en distance , plusieurs fermes ou pans f ) de charpente verticaux , qui présentent chacun la forme d'un triangle dont la base repose à la fois sur les deux murs de long-pan^ et qui servent à porter toutes les autres pièces du comble^ La composition de ces fermes peut varier avec la grandeur et la destination du comble; mais nous allons commencer par expliquer un des exemples les plus simples.

Pl. 67. 1^^^^ ^^fi9' 1 3) OQ v^i^ d'abord le tirant qui est une pièce horizontale, encastrée en partie dans les deux murs de face ; elle porte en son milieu une pièce verticale, le poinçon, sur lequel viennent s'arc-bouter Içs deux arbalétriers qur s'y engagent par embrèvement et tenon , et les pieds de ces arbalétriers s'àssem-

(*) Un pan- de charpente est le système de plusieurs pièce» assemblées fixement les unes avec les autres, mais qui ont toutes leurs axes dans un même plan.

CMAPITRE Iir. — DES FERMES. ^ai

blent dans le tirant d*une manière semblable ; ces quatre pièces présentent un système triangalaire, de forme invariable , et qui compose le corps de la ferme. Ensuite, sur les arbalétriers de deux fermes voisines, on pose deux ou plusieurs cours de pannes^ pièces horizontales, mais déversées, qui y sont maintenues par des espèces de tasseaux nommés chantignolles; ces dernières sont fixées au moyen de deux clous; mais pour plus de sûreté, il est bon de les engager dans larbalétrier par un petit embrèvement. Enfin, sur les pannes sont couchés les chevrons y dont les pieds reposent sur la sablière et s y engagent par un simple embrèvement; cette sablière est une pièce posée à plat sur le mur, et qui, pour résister à la poussée horizontale que le poids des chevrons exerce contre elle ^ doit être rattachée fixement aux tirants des deux fermes voisines, au moyen dun assemblage à tenon et mortaise, ou d une entaille à mi-bois, comme nous lexpliquerons en détail dans Tépure de la croupe droite (n"* 908). Nous verrons aussi alors comment les chevrons s assemblent deux à deux, par le haut, en s appuyant sur lefakage qui réunit les poinçons des fermes successives, lesquels s engagent chacun par un tenon dans ce faîtage {fig. i4 et i5); mais quand il s'agit d une ferme adjacente à la croupe , comme dans la fig. i3, c est le faîtage qui s engage dans le poinçon, attendu qu'il est d usage de prolonger ce dernier au-dessus du comble , en forme de pyramide tronquée que IW recouvre d une feuille de métal, avec le soin de la faire descendre en bavette par-dessus les ardoises ou les tuiles. Dans ce cas aussi , les deux chevrons qui font partie de la ferme, vont s'assembler dans le poinçon par embrèvement et tenon, comme on le voit sur la^^. 1-3; quant aux pieds de ees deux mêmes chevrons, ils s engagent dans le tirant, et non dans la sablière.

Toutefois, comme la sablière ne doit jamais être posée en dehors du parement extérieur du mur, il reste toujours entre les pieds des chevrons et le bord de la corniche, un intervalle que Ton recouvre par de petits chevrons nomméscoyaux, lesquels sont fixés sur les chevrons principaux simplement par deux clous, et qui reposent ordinairement sur Tarête saillante de lar sablière: d'ailleurs ces coyaux se trouvent maintenus suffisamment par les lattes que 1 on y cloue en travers, ainsi que sur les chevrons. Souvent même, pour que le poids des coyaux ne charge pas trop la cymaise qui est la partie la plus fragile de la corniche, on fait aboutir ces coyaux à 8*ou lo centimètres du bord extérieury. et Ion cloue sur le bas des coyaux une petite planche taillée en biseau , que Von nomme la chanlatte.

Enfin, pour consolider les arbalétriers qui supportent le poids des pannes > des chevrons et de la couverture, il faut ajouter une contre-fiche et vniejam-

4aa LIVRE V. — DE LA CHARPENTE.

bette, avec le soia de les placer exactement soas une panne, afin que la charge de celle*ci ne fasse pas serpenter larbalêtrier; d'ailleurs partout où ces supports rencontreront d'autres pièces sous un angle aigu , on devra les fortifier par un embrèvement dirigé perpendiculairement à la face d'entrée de la mortaise. De même la cuvette x que Ion aperçoit ici sur le poinçon , est destinée à recevoir la contre-fiche ou laisselier qui soutiendra le faîtage.

902. Remarques. La fonction principale du tirant n'est pas de supporter le poinçon, car il y a des fermes {fig. i4) où cette dernière pièce ne se prolonge pas jusqu'au tirant, et d'autres dans lesquelles c'est le poinçon qui, étant retenu entre les têtes des deux arbalétriers, sert à soulever le tirant au moyen d'un étrier en fer ou d'une clef pendante; et ce dernier mode de liaison est surtout utile quand le tirant , ne devant pas porter plancher, est formé de deux parties assemblées à traits-de-Jupiter (n^ 89t ). Le rôle essentiel du tirant est d'empêcher l'écartement des arbalétriers et le renversement des murs; carie poids total du comble qui est transporté par les pannes sur les arbalétriers, produit évidemment une pression dirigée suivant la longueur de ces pièces inclinées; et cette pression , transmise au pied de l'arbalétrier, s'y décompose en deux forces verticale et horizontale dont la dernière , par son action incessante sur 'chaque mur isolé, aurait bientôt détruit l'équilibre de ces constructions, qui ne sont faites que pour résister à des pressions verticales. Tandis que , quand les arbalétriers sont embrévés dans un tirant, c'est cette dernière pièce qui reçoit les deux tractions horizontales, lesquelles se détruisent mutuellement comme étant égales et opposées; et dès lors le mur n'éprouve aucune poussée latérale.

C'est par un motif semblable que Ton fait aboutir tous les chevrons sur une plate-forme nommée 5a6/iére^ laquelle doit être reliée invariablement avec les tirants des deux fermes voisines ; car, si chaque chevron reposait sur le mur même , la charge partielle de ce chevron et les mouvements vibratoires que peut lui imprimer le choc des vents , se transmettraient à cet endroit isolé du mur, et bientôt ils l'auraient dégradé ou déversé. Quelquefois même, malgré sa liaison avec les tirants , la sablière se courbe , et le mouvement du mur devient sensible vers le milieu de Imtervalle de deux fermes, quand celles-ci sont trop écartées et que le poids du comble est considérable. C'est pourquoi il ne faut pas éloigner les fermes consécutives de plus de 4 mètres; ou bien il faut augmenter la force des sablières , surtout en largeur, si la disposition des localités oblige à mettre un intervalle plus grand entre deux fermes voisines, comme quand il s'agit d'éviter la rencontre d'une souche de cheminée ou la

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