HYPERTROPHIE AMYGDALIENNE CHEZ L'ENFANT
Rappelons que les amygdales sonl pédiculées (fig. 145), c'est-à-dire saillantes en dedans du bord libre des piliers : ou bien enchatonnées ffig. 140;, c'est-à-dire recouvertes par les piliers. Faciles à saisir et à couper dans le premier cas, elles le sont bien moins dans le second.
Cette difficulté s'exagère encore quand elles sont recouvertes par un pli muqueux, le pli triangulaire de His (fig. I47j.
IIYPEUTROI'IIIE AMYGDALIENNE CHEZ I/ENl-ANT.
En outre, les amygdales peuvent présenter des adhérences ou svnéclîies avec les parois de leur loge, et, pour les énucléer de celte loge, il sera nécessaire avant tout de détruire ces adhérences. Nous verrons tout à l'heure comment.
Eidin les amygdales peuvent se présenter soit à froid, c'est-à-dire à l'état normal, soit à chaud, après une poussée inflammatoire, et il V aura des conditions opératoires très difTérentes suivant l'un ou
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Fig. 145. — Amygdale hypertrophiée pédiculée.
l'autre de ces cas. On voit donc que les procédés d'exérèse varieront suivant que les amygdales hypertrophiées présenteront ou non des complications.
Cas simples. — Le procédé de choix, selon nous, est le bistouri. C'est là une pratique à la portée de tous.
Dans les services de chirurgie d'enfants où je suis passé, étant interne, nous n'opérions pas autrement. Voyons comment on intervient .
Anesthésie. — Lanesthésie est inutile, car l'opération n'est pas douloureuse. Ce qui est effrayant pour l'enfant et le fait se débattre.
c'estdevoirropérateur,de deviner les instruments qu'on lui cache, etc. Renvoyez les parents et maintenez solidement Tenfant.
Si l'on vous impose l'aneslliésie générale, donnez du bromure
d'éthyle.
Position. — L'enfant est assis entre les jambes d'un aide, assis lui-même sur une chaise. Il est roulé dans une couverture qui tient
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Am> ijdale enchatoniice.
ses bras et ses jambes captifs. Les jambes de l'aide entourent celles de l'enfant, dont le tronc est maintenu par l'aide contre sa propre poitrine.
Un second aide maintient la tête de l'enfant par-dessus l'épaule droite du premier.
Si l'on n'a qu'un aide, celui-ci maintient avec ses genoux et ses jambes les membres inférieurs. de l'enfant ; de son bras gauche, il enroule le tronc de l'enfant et le tient serré contre sa poitrine ; de sa main droite, il serre le front de l'enfant contre sa poitrine.
Précautions opératoires. — L'opérateur, placé devant l'enfant.
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qai ouvre la bouche et lui abaisse la langue avec Tabaisse-langue coudé. Si reniant est docile, cela suffit, et il n'est pas besoin d'ouvrebouche. Une fois que l'amygdale est saisie, l'enfant môme etïrayé, garde sa bouche ouverte.
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Vi^-. 147. — Pli triangulaire.
Mais, dans certains cas d'indocilité ou de terreur, mieux vaut employer l'ouvre-bouche.
La bouche étant ouverte, on saisit l'amygdale gauche avec lapinceérigne (fig. 148) tenue de la main gauche: on tire cette amygdale en dedans.
Avec un bistouri boutonné (1), tenu de la main droite, on sectionne l'amygdale, de bas en haut, au ras du pilier antérieur et parallèlement au bord du pilier.
Pour cela, on glisse la lame à plat entre la base de la langue et le pôle inférieur de l'amygdale; puis on retourne cette lame le tran-
(1) Je me sers du bistouri employé autrefois à débrider les collets herniaire?
chant en l'air, et on coupe Tamygdale de bas en haut, à petits coups et en sciant (fig. 149).
Fi^'. J48. — Pince-érigne.
On recommence la même manœuvre de l'autre côté. Pour ce faire, on saisit l'amygdale droite avec la pince tenue de la main droite, et on coupe avecle bistouri tenu de la main gauche.
Fig. ] 49. — Seclioii de l'amygdale au bistouri.
Hypertrophie amygdalienne compliquée. — Nous avons énoncé tout à Iheure les principales complications.
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Amygdale enchatonnée. — Il laut la l'aire sorlir de sa loge. Ouantl elle est bien saisie par la pince-érigne et que son tissu ne déchire pas, on peut la rendre nettement visible et saillante. Nous y sommes toujours arrivé.
Si Ton éprouvait quelques difficultés, on aurait comme dernière ressource le débridement transversal du pilier exécuté au bistouri.
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Fi^'. 150. — AnivKclale enchatonnée à droite, débridement du pilier antérieur.
On t'ait pour cela une incision transversale sur le milieu du pilier antérieur, et les deux bords, en s'écartant, découvrent un espace triangulaire à sommet externe, dans lequel on peut voir Tamygdale (fig. 150).
Ouand on a deux aides, celui qui tient l'enfant peut très bien appuyer fortement avec Tun de ses pouces au-dessous de Fangle de la mâchoire de l'enfant et, déprimant exl.érieurement la région amygdalienne, faire saillir l'amygdale en dehors.
Amygdales adhérentes. — Il faut se servir d'un crochet coupant à pointe mousse. On introduit ce crochet au-dessus de l'amygdale, et on l'abaisse au-devant d'elle, entre sa face antérieure et le pilier,
RAOUL BAUDET. VOILE, VOUÏE, AMYGDALE.
Fig-. loi. — Pince à morcellement de Riiault.
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Fig. l32. — Amygdale .sectionnée à la pince de Riiault.
iiyi'EHTROI'llIi; AMYGDALIENNE Di: I/ADII/J'i:. 249
puis on arrière d'elle, et ou coupe ainsi les adhérences quelle a contractées avec les deux piliers.
On sectionne ainsi également le pli triangulaire de His, dont nous avons parlé plus haut; ou y arrive sans qu'il soit besoin du plicotome de Lermoyez ou de Vacher. Ces deux instruments sont cependant fort utiles.
Amygdales enflammées. — Il est indispensable que l'inflammation ait complètement rétrocédé. Faite à chaud ou à tiède, l'opération est très dangereuse, car elle expose à des hémorragies abondantes et difficiles à arrêter.
Autres procédés. — L'ablation, que Ton a faite avec le bistouri, peut être faite aussi avec les ciseaux courbes. On peut encore employer l'amygdalotome à trois anneaux de Mathieu, bien connu aujourd'hui.
Nous dirons un mot plus tard de Tanse galvani([ue et de l'anse froide. Mais il convient d'accorder plus qu'une mention à la méthode du morcellemenl.
Morcellement. — Il faut se servir de la pince de Ruault droite ou coudée (fig. 151).
Il faut anesthésier l'enfant au bromure d'éthyle ou, s'il est docile, badigeonner chaque amygdale avec une solution de stovaïneà 1 p. 20. Puis l'amygdale étant bien exposée, on saisit son pôle inférieur dans les mors de la pince, on presse lentement; puis, d'un coup sec, on achève l'écrasement par une véritable section. Après deux ou trois prises successives, l'amygdale est suffisamment sectionnée (fig. 152).