‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 130 sur 197 · SYPHILIS DES GENCIVES · texte numérisé non relu

SYPHILIS DES GENCIVES

Le chancre existe au niveau des gencives, mais bien moins souvent que dans les autres points de la cavité buccale; Dunkan, Balkley, rassemblant un grand nombre de statistiques, trouvent au niveau de la bouche le chancre localisé 42 fois sur les gencives, 157 fois sur la langue, 307 fois sur les amygdales, 1810 fois sur les lèvres. On comprend par ces chiffres la rareté relative du chancre gingival. Les statistiques de Fournier, Muncliheimer, Gaucher, donnent les mêmes proportions. L'inoculation peut être due à des rapports sexuels anormaux; le plus souvent, elle se fait par des baisers, par le contact d'objets usuels, verres, tasses, pipes, ou parfois même par le contact d'instruments de dentisterie. Ce dernier mode de contage a été très fréquent (6 fois sur 14 observations de la thèse de Thouvenot); il ne saurait plus exister maintenant avec les précautions d'asepsie que prennent les stomatologistes.

Le chancre gingival a deux aspects différents, selon qu'il est greffé sur une gencive saine ou sur une gencive déjà enflammée. Dans le premier cas, il s'agit d'une érosion superficielle, grande comme une pièce de Ofr. 50, en forme de croissant, dont la concavité correspond au collet d'une ou deux dents, de coloration rouge, à fond lisse, à bords peu saillants, à contours bien marqués; l'induration est difficile à percevoir, étant donnée la dureté normale de ces tissus.

Si la gencive était malade avant lapparition du chancre, celui-ci n'a plus de contours précis, il s'étale, encadrant le collet de plusieurs dents; c'est une ulcération à fond irrégulier, mamelonné, bourgeonnant; les gencives, tout autour, sont enflammées, boursoutlées: les dents se déchaussent, et, en raison de ces phénomènes inflammatoires, il existe des douleurs que la première variété de lésions ne provoquait pas.

SYPHILIS DliS MAXILLAIKES. 313

On a pu oonfoiulre le chancre avec des inllammations banales des gencives ou avec des tumeurs épilliéliales ; dans le pcemier cas, les ulcérations sont voisines des dents cariées : en cas d'épithélioma, il existe une tumeur qui bourgeonne et saigne. Bien souvent, c'est l'évolution de ralï'ection qui permet seule de faire le diagnostic. Le traitement local consistera en lavages antiseptiques de la bouche, cautérisation à la teinture d'iode ou au nitrate d'argent. On instituera le traitement général.

Les lésions secondaires et tertiaires, très rares au niveau des gencives, ne présentent rien de spécial.

Page 1