OCCLUSION PATHOLOGIQUE DES MACHOIRES
Dans certaines circonstances, les mâchoires sont immobilisées lune contre l'autre; les arcades dentaires supérieure et inférieure ne peuvent pas s'écarter l'une de l'autre ou ne le peuvent qu'à un faible degré. Cet état d'occlusion est réalisé sous diverses influences : 1» obstacles cicatriciels: 2© contracture ou lésions des muscles masticateurs; 3" ankyloses de l'articulation temporo-maxillaire.
Anatomîc pathologique et pathogénie. — 1° Obstacles cicatriciels. — Deslésions étendues intéressant à la fois les parties
OCCLUSION PATHOLOGIQUE DliS MACHOIRES. :!U)
molles des deux massifs maxillaires et se terminant par une cicatrisation vicieuse peuvent réaliser ces obstacles.
Blavette a trouvé ces lésions dans divers états pathologiques :
Induration des divers tissus périmaxillaires, soudure du bord des lèvres, atrésie de Torifice buccal, destruction de la muqueuse y^énienne, soudure des lèvres et des joues avec les mâchoires, destruction des lèvres et des joues avec pertes de substance considérables.
Ces diverses lésions ont été observées à la suite de brûlures (Nuiter), de plaies chirurgicales (Lambolte, Jobert), de plaies accidentelles (Larrey), de noma (Richter), de stomatites ulcéreuses ou syphilitiques (Gross, Reina, Ried), de lésions osseuses créant des brides ou des ostéophytes allant de l'un à l'autre des maxillaires fToland, Hold, Langenbeck, Wagner, Esterb, Marchiafava, French).
2° Contracture ou lésions des muscles masticateurs. — C'est l'occlusion d'origine musculaire «pii constitue la constriclion des mâchoires.
La constriction peut être temporaire et liée à une simple contracture musculaire ou permanente et provoquée par des lésions des muscles masticateurs.
a. Constriction temporaire. — C'est surtout sous l'influence de la contracture des masséters que se produit cette variété de constriction. Elle constitue un symptôme de trismus au cours de divers états pathologiques; on l'observe : l^dans des cas où l'organisme est sous l'influence de poisons tétanisants : empoisonnement par la strychnine, tétanos, éclampsie ; 2" dans les actions réflexes dont le point de départ est un foyer inflammatoire situé dans le territoire du trijumeau : méningite, parotidite, amygdalite, stomatite, glossile, carie dentaire, évolution vicieuse de la dent de sagesse, phlegmon périmaxillaire, phlegmon du plancher buccal, adénophlegmon. aclinomycose maxillaire ou périmaxillaire; .S» dans les ('tats nerveux: hystérie : 4° dans les inflammations périmusculaires au cours de phlegmons, d'adénophlegmons, de lésions aclinoinycosiques : 5° dans des inflammations musculaires d'origine rhumatismale ou syphilitique.
6. Constriction permanente. — Les lésions musculaires qui créent la constriction temporaire peuvent laisser après elles des rétractions cicatricielles qui donnent lieu à la constriction permanente. Des plaies chirurgicales ayant intéressé le muscle masséter (Maur), des kystes hydatiques développés dans les muscles masticateurs (Roustan, Dupuytren, Brown) peuvent amener aussi de la constriction permanente.
3oAnkylose de rarticulation temporo-maxillaire. — L'ankylose fait suite à diverses arthrites aiguës ou chroniques: le rhumatisme, la blennorragie, les suppurations articulaires qui compliquent
les grandes infections, peuvent se terminer par cette variété de lésions. Les traumatismes de la région articulaire, coups de feu, fractures du col du condyle, se terminent aussi par ankylose. Une
tumeur de l'articulation peut être la cause d'une immobilité articulaire.
Les lésions sont uni ou bilatérales.
Symptômes. — Dans les formes temporaires, la cause de l'occlusion étant la contracture musculaire, le faciès du sujet révèlepar des plis, par des rides, l'état de constriction des muscles masséters. Les dents ne sont pas absolument serrées les unes contre les autres; un petit écartement peut se faire entre les deux mâchoires. Au cours de phénomènes convulsifs (tétanos, éclampsie), la conslriction est absolue.
Fi^-. JS6. — Trismus actinoniycosique (Rappl.
Aux signes de la constriction des mâchoires s'ajoutent les symptômes de l'afTection causale, bien différents selon les cas (intoxication, maladie convulsive, inflammations buccales ou péribuccales). Parmi les inflammations, l'éruption vicieuse de la dent de sagesse et l'actinomycose sont celles qui donnent le plus constamment lieu à du trismus. Les conséquences du trismus sont l'impossibilité d'alimenter le malade par la voie buccale et de lui donner les soins d'antisepsie buccale souvent nécessités par son état.
Dans les formes permanentes, les mâchoires sont serrées Tune contre l'autre à des degrés variés, tantôt assez peu pour permettre l'alimentation, tantôt d'une façon absolue. Il en résulte des troubles de la mastication, de la déglutition, de la phonation et un retentissement plus ou moins marqué sur l'état général; dans certains cas, le malade arrive à une maigreur extrême par suite de l'insuffisance de son alimentation.
La respiration ne peut s'etlectuer que par le nez, et àla moindre cause d'obstruction nasale (coryza, reflux des matières vomies), de graves accidents d'asphyxie peuvent se déclarer. L'antisepsie buccale n'étant plus possible, les dents n'étant plus soignées, il peut