ULCÉRATIONS DENTAIRES
Des Iraumatismes répétés provoqués soit par des dents déviées de leur axe, soit par des fragments plus ou moins acérés de dents fracturées ou par des chicots, créent au niveau delà muqueuse génienne des inflammations aiguës, subaiguës ou chroniques, qui se compliquent d'ulcérations plus ou moins étendues. J'ai déjà signalé que ces ulcérations, à leur phase aiguë, peuvent devenir l'origine d'abcès sous-muqueux ou propagés dans toute l'épaisseur de la joue.
Ces ulcérations ont un caractère évolutif bien important, c'est qu'elles ne guérissent que lorsque la cause traumatique a été supprimée.
Ces ulcérations ont des bords saillants, rouges, une cavité peu profonde à fond bourgeonnant, grisâtre ; les tissus sous-jacents ne sont pas infiltrés et ne présentent pas d'induration ; la muqueuse environnante est d'aspect normal.
Sous l'influence des mouvements de mastication ou du contact direct d'aliments durs, des douleurs assez vives apparaissent. Et ces irritations continues peuvent amener les bourgeons charnus à prendre une évolution hypertrophique, ce qui ne fait qu'augmenter les troubles fonctionnels. Ces lésions peuvent provoquer de l'adénopa-
Traité de stomatologie. VIII. — 4
Ihie sous-maxillaire. On les distingue des ulcérations tuberculeuses ou syphilitiques, d'abord à l'existence d'une lésion dentaire voisine, ensuite au manque d'induration de leur base, à la forme irrégulière de l'ulcération et à la superficialité de l'ensemble des lésions. On doit traiter la dent qui est la cause d'un traumatisme fonctionnel incessant et soigner les lésions muqueuses par des lavages antiseptiques de la bouche (thymol, lysol, phénosalyl) et des attouchements avec du chlorate de potasse ou de la teinture d'iode; en cas de bourgeon hypertrophique, on peut en pratiquer la cautérisation au galvano ou au thermocautère.
TUBERCULOSE
Au niveau des joues, la tuberculose se manifeste par des ulcérations cutanées ou muqueuses, des gommes interstitielles, des adénites.
Les ulcérations cutanées sont des lésions primitives ou consécutives à l'ouverture d'une gomme ou d'une adénite ; elles ne présentent ici aucun symptôme particulier ; leurs caractères sont les mêmes qu'au niveau des lèvres. Mais les joues sont un des sièges de prédilection de la forme de lésions tuberculeuses connue sous le nom de lupus vulgaire et de lupus érijthémaleux.