‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 74 sur 197 · SARCOMES DE LA GLANDE SOUS-MAXILLAIRE · texte numérisé non relu

SARCOMES DE LA GLANDE SOUS-MAXILLAIRE

Le sarcome de la glande sous-maxillaire a été observé par von Konig, Volkmann, Briquet, Dubreuil, Perochaud, Jouliard, Lotheissen. 11 s'agit de sarcome fascicule ou de sarcome à cellules rondes;

PI.ANCHKR HUCCAT>. — TUMEURS YASGULAIRES. 145

011 a ainsi observé du cliondro-sarcome (Jouliard) et du niyxo-sarcome (Lolheissen). Le tissu sarcomaleux se trouve aussi dans la constilulion des tumeurs mixtes.

Le sarcome |iur se distingue par son évolution rapide, par sa malignité très marquée ; il se développe au sein de la glande ou aux dépens de son enveloppe conjonctive. Le siège de la tumeur dans la région sous-maxillaire, sa double évolution sublinguale et sus-hyoïdienne, sa consistance ferme et régulière, ses contours arrondis jou légèremenl bosselés, son accroissemeni rapide, sont les divers signes caractérisli(jues. 11 n y a pas de pliénomènes douloureux, pas d'adénopalhie, et on distingue les sarcomes des tumeurs épithéliales.

Les sarcomes arrivent vite à adhérer aux organes voisins, au maxillaire inférieur, à s'ulcérer après envahissement des téguments sus-hyoïdiens. A ce stade, ces tumeurs peuvent être confondues avec des tumeurs de los, et il faut se reporter aux caractères du début i)our préciser le diagnostic.

' Le traitement ({ui s'impose est l'ablation totale de la glande et de la tumeur.

TUIVIEURS VASCULAIRES.

ANGIOMES.

On a observé des tumeurs érectiles dans la région du plancher buccal. Dolbeau en a donné la première description sous le nom de grenouillette sanguine.

Démons, Peroni, Després en ont rapporté chacun un cas. Sanz de Santamaria, à propos d'une nouvelle observation tirée du service de Ricard, a fait une étude d'ensemble sur cette question (1898).

Anatoiiiie patholog-ique. — Ce sont des tumeurs dues à des dilatations variqueuses des veines, à des dilatations et à des néoformations capillaires. Dans un cas de Dolbeau, la tumeur comprenait des veines dilatées et de grandes vacuoles séparées les unes des autres par des cloisons comprenant du tissu musculaire et du tissu conjonctif ; elle présentait le type véritablement érectile. Dans un autre cas, la tumeur était constituée par un kyste rempli de sang et en communication avec les veines voisines.

L'abondance des plexus veineux dans la région sublinguale permet à ces tumeurs d'acquérir un assez gros volume et surtout d'occuper une grande surface étendue de la région sublinguale à la base de la langue et à la région sus-hyoïdienne.

Etiolog-îe. — Il s'agit de tumeurs congénitales; au moment de la naissance, ce sont de simples taches érectiles qui grossissent plus tard. Leur volume a été appréciable à l'âge de sept ou huit mois, parfois beaucoup plus tard, à dix, dix-huit, trente-quatre ans.

Le sexe féminni est plus souvent atteint (6 fois sur 8).

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ne L. DIEULAFÉ. — MALADIES DE LA CAYLIE BUCCALE.

Ces tumeurs coexistaient dans certains cas avec des taches érectiles de la langue et de la peau (Dolbeau, Ricard).

Symptômes. — Ces tumeurs se révèlent par une tuméfaction de la région sublinguale étendue ou non à la région sus-hyoïdienne. Le volume varie de celui d'une noisette à celui d'un œuf de poule ; dans le cas de Ricard, la saillie sous-maxillaire avait à elle seule le volume d'un œuf.

La surface de la tumeur, arrondie et lisse dans le cas de kyste sanguin (Dolbeau), est bosselée, irrégulière dans les autres cas, et ses limites sont tantôt circonscrites, tantôt diffuses. Ce qui est caractéristique, c'est l'état tortueux, variqueux des veines sous-muqueuses voisines. La coloration est rouge ou bleu violacé. La tumeur a une consistance molle, est dépressible, présente du frémissement, des battements, des souffles.

Les deux principaux caractères physiques sont la réductibilité et l'érectilité.

Par la compression, on peut arriver à faire disparaître la tumeur; elle fond sous les doigts et revient à son volume primitif dès que la compression cesse.

Sous l'influence des efforts, des cris, la tumeur augmente de volume, et les varicosités deviennent plus nettes.

Ces tumeurs sont indolentes, à marche lente, et provoquent rarement des troubles fonctionnels. Perassi a vu une de ces tumeurs gêner considérablement l'allaitement. Leurs caractères anatomiques sont assez nets pour qu'elles ne prêtent pas à confusion avec les autres tumeurs du plancher buccal ; il n'y a qu'en cas de kyste sanguin qu'on pourrait confondre avec un lipome ou tout autre kyste du plancher.

Comme pour les autres angiomes, le traitement peut consister Ja^ ^^1 en extirpation, électrolyse, appli-

■- cation de radium.

LYMPHANGIOMES.

Le plancher de la bouche peut

être lesiègedelyniphangiectasies

avec transformation kystique de

certains espaces lymphatiques.

Fis. 92. — l.viiii)ii.int.'iome du cou /-, , w i ,

(Suiian-Kûss). ^^^ tumeurs s étendent soit vers

la langue, soit vers le cou.

Lannelonguc et Achard citent plusieurs cas de lymphangiome

de la région sus-hyoïdienne coexistant avec des lymphangiectasies

de la langue. Sultan ligure un lymphangiome de la région sus-

hyoulienne s'éloiulanl vers la rég-ioii parolicli(Mine et vers le cou. ('es tumeurs alTecleul le })lus souveul, dans la région considérée, a l'orme kystique et constituent des kystes séreux. Les cavités sont multiples et de toutes dimensions, les unes isolées, d'autres communicant entre elles; la paroi des cavités kystiques est formée par du tissu conjonctif plus ou moins condensé, tantôt lamelleux et lAche, tantôt véritablement fibreux ; un endothélium revêt cette paroi. Le contenu des kystes est un liquide clair, transparent, albumineux.

Ces tumeurs sont molles, particulièrement réductibles par la pression; à leur surface, la peau ou la muqueuse sont normales.

Le traitement rationnel serait Tablation; mais, au cours de l'intervention, on peut être arrêté par des adhérences à la gaine des gros vaisseaux, et Sultan fait remarquer qu'on doit parfois se contenter d'une ablation partielle avec lamponnement de la plaie. En cas d'aldation partielle, on pourrait soumettre le foyer néoplasique à l'action du radium.

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