TUMEURS MIXTES (GLANDE SOUS-MAXILLAIRE
Sous le nom de cancers, d'adénomes, de cliondromes, les tumeurs mixtes de la glande sous-maxillaire ont été signalées par divers auteurs à partir du xviii" siècle (Scholz, Virchow, Billroth, de Marignac, Lannelongue). Ces tumeurs furent soumises ensuite aux discussions relatives à leur pathogénie.
Elles ont été étudiées d'une façon particulière dans diverses thèses (.Jouliard, Ponsot, Secourgeon, ]\Iinet).
Anatoniie patholog-iquc. — Le volume de ces tumeurs est variable; elles arrivent à égaler un poing; elles ont une forme ovoïde, une surface irrégulière et bosselée; leur consistance est dure et résistante, mais avec des points mous et fluctuants.
Elles sont entourées d'une capsule fibreuse qui les isole des tissus voisins et permet d'en pratiquer l'énucléation. Seule, la glande sous-maxillaire est très adhérente à la capsule fibreuse.
A la coupe, la tumeur n'a pas un aspect homogène; des cloisons conjonctives parties de la coque fibreuse la divisent en lobules d'aspect et de consistance variables : dureté et coloration nacrée du tissu cartilagineux, mollesse et coloration jaunâtre du tissu myxomateux, mollesse et coloration grise des amas épithéliaux.
L'examen microscopique révèle deux ordres de tissus : stroma de substance conjonctive et amas cellulaires.
Le stroma est formé de tissu conjonctif qui, par endroits, se transforme en tissu muqueux, ailleurs en cartilage, parfois même en tissu osseux; ce stroma est assez riche en vaisseaux et contient même des formations kystiques.
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Les amas cellulaires correspondent à des cellules épithéliales disposées sous forme de nodules, de longs boyaux canaliculaires, de vésicules closes; on y trouve aussi des globes épidermiques ; certains groupes cellulaires ontTaspect de lépithélium malpighien Hinsberg, Landsteiner). Au point de vue palhogénique, on a invoqué les diverses théories émises à propos des tumeurs mixtes de la parotide ; c'est à l'idée d'une origine embryonnaire émise par Cunéo et Veau qu'il faut encore se rallier.
Étiolo'jfie. — Les tumeurs mixtes sont les plus fréquentes des tumeurs de la glande sous-maxillaire ; Ponsot, sur 20 tumeurs de
cette glande, trouve 10 tumeurs mixtes; Kiittner, sur 97 tumeurs, en trouve 64 de la variété mixte.
Dune façon générale, les néoplasies de la sous-maxillaire sont plus rares que celles de la parotide. Talazac invoque comme cause la protection de la glande dans une loge bien close, bien à iabri des traumatismes. La rareté relative de ces tumeurs est ainsi indiquée : Hille trouve 29 tumeurs mixtes de la parotide et 3 de la sous-maxillaire ; Volkmann, 29 de la parotide et 5 de la sous-maxillaire.
On observe ces tumeurs chez l'adulle entre vingt et quarante ans: il ne paraît pas y avoir de prédisposition sexuelle.
Symptômes. — Le début est insidieux, la tumeur reste longtemps à l'état d'un nodule arrondi, mobile, roulant sous le doigt, pris tout d'abord pour un petit ganglion. La tumeur subit un accroissement lent et, après trois, cinq, dix ans, arrive à acquérir un volume appréciable, pouvant atteindre le volume du poing; on note des volumes exceptionnels. Morestin a extirpé une de ces tumeurs pesant 6''s,750.
La tumeur devient apparente au niveau de la région sus-hyoïdienne latérale et produit peu de saillie dans la région sublinguale; on lapprécie cependant en ce point par la palpation. La forme est ovoïde, allongée parrallèlement à la branche horizontale du maxillaire. La surface est bosselée, la consistance dure avec certains points mous ou fluctuants.
La tumeur est très mobile, indolente ; la sécrétion de la glande correspondante ne paraît pas modifiée. Il n'y a pas de troubles fonc-
Fig. 93. — Tumeur mixte sous-maxillaire. (Lotlieissen),
lionnels, saufclans les cas où la tumeur, [)ur son «^n'aiid volume, gène la maslicalion.
Les ganglions lymphatiques ne sont pas envahis. Il n'y a pas non plus propagation (lu néoplasme aux organes voisins : clans un cas pourtant on a vu son extension à l'os maxillaire. A moins de transformation maligne, l'état général reste indemme.
Diagnostic. — Les adénites chroniques simples et les adénites tuberculeuses ressemblent tout d'abord aux tumeurs mixtes. Mais, dans les cas d'adénite, la tuméfaction régresse ou se ramollit :
en outre, il est rare qu'un seul ganglion soit intéressé ; on peut se rendre compte de l'existence d'une lésion causale. Puis la consistance de la tumeur mixte n'est pas uniforme; sa surface est bosselée.
Dans le lymphadénome, la tumeur est plus molle, ne restepas longtemps unique ; son évolution est plus rapide.
Les inflammations chroniques de la glande présentent, dans leur évolution, des phases aiguës, douloureuses, avec parfois des coliques salivaires.
Les tumeurs malignes (épithéliomes, carcinomes, sarcomes) ont des limites moins distinctes, une évolution plus rapide ; elles provoquent des douleurs, des troubles fonctionnels, retentissent (sauf les sarcomes) sur le système ganglionnaire.
Les tumeurs bénignes de la glande sous-maxillaire se confondent avec les tumeurs mixtes ; il n'y a pas lieu de les étudier séparément.
Traitement. — On doit, par la voie sus-hyoïdienne, pratiquer l'ablation de la tumeur et de la glande.
Fig. 91. — Tumeur sous-maxillairc (Morcstin)
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