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B. — INFLAMMATIONS AIGUËS

AMYGDALITE SIMPLE.

L'inflammation aignë des amygdales peut, par son extension aux régions voisines, donner lieu à quelques complications qui nécessitent l'intervention du chirurgien. C'est ainsi que l'on peut voir survenir de l'œdème de la glotte et se trouver dans l'obligation de pratiquer une trachéotomie. L'amygdalite la plus simple peut être l'origine d'adénophlegmons latéro-pharyngiens.

AMYGDALITE GANGRENEUSE.

Diverses inflammations amygdaliennes (herpès, érysipèle) peuvent se compliquer de gangrène ; des plaques de sphacèle se forment en divers points de l'isthme bucco-pharyngé ; l'haleine est fétide, l'engorgement ganglionnaire parfois considérable. L'état général est grave (adynamie, fièvre, sueur abondante, septicémie).

L'œdème de la glotte, la thrombose de la jugulaire, les hémorragies constituent les principales complications locales de ces lésions. Et le malade ne tarde pas à mourir. Dès le début de l'afl'ection, on peut recourir à des cautérisations; mais, en raison, de l'évolution rapide, tout traitement reste souvent inefficace.

AMYGDALITE SUPPURÊE (ABCÈS INTRA-AMYGDAUENS).

Les anciens auteurs avaient localisé dans l'amygdale les foyers purulents de cette région. Trousseau a montré que le plus souvent la suppuration se produit dans le tissu cellulaire qui environne l'amygdale.

Mais il existe de véritables abcès intra-amygdaliens ; on ne les trouve que dans la proportion de 1 p. 15, d'après Brunel; Gouguenheim, au contraire, croit, comme les anciens, que l'amygdale est habituellement le siège de la suppuration. Ces abcès intra-amygdaliens résultent de la transformation des cryptes amygdaliennes en espaces clos, sous l'influence de l'inflammation (IMoure, Davezac, Brindel, Goodale, Wood et Russell).

Les principaux symptômes sont la dysphagie, les douleurs survenant pendant la déglutition. Des phénomènes généraux apparaissent, la fièvre s'installe, l'œil est terne, le visage tiré. La douleur de la gorge devient très vive, la bouche s'ouvre difficilement, la déglutition est bien gênée, le cou est gonflé ; il existe de l'adénopathie sousangulaire. La voix est sourde ; l'oreille correspondant au côté malade est le siège de douleurs, de bourdonnements, de diminution de l'acuité auditive.

L'examen de la gorge est bien malaisé.

L'amygdale est rouge, tuméfiée, faisant saillie entre les piliers. Bientôt le gonflement augmente, la surface extérieure de la glande est tendue, les cryptes s'effacent; un point jaune apparaît par lequel se fera jour la suppuration.

L'exploration digitale de l'amygdale provoque une douleur analogue à celle d'une piqûre.

Le pus peut envahir les parties profondes, et l'inflammation de l'amygdale peut se compliquer d'un abcès péri-amygdalien. Mais le plus souvent le pus se fait jour spontanément vers la cavité buccale.

Le traitement doit consister en boissons chaudes, en badigeonnages antiseptiques de la gorge, en gargarismes souvent répétés. Si le pus tarde à paraître, on va à sa recherche et on abrège ainsi la période de douleurs et de troubles fonctionnels. On plonge dans l'amygdale un bistouri dont la pointe seule est découverte, dont la lame est enveloppée de gaze, afin de protéger les régions voisines. L'ouverture de l'abcès à l'aide dune lame de galvanocautère est encore préférable. L'orifice, dans les deux cas, est agrandi à l'aide dune pince hémostatique que l'on enfonce dans l'abcès et que l'on ouvre, en la retirant. L'évacuation de l'abcès est suivie de gargarismes antiseptiques.

ABCÈS PËRI-AMYGDÂLIENS.

Déflnition et anatoniie patbolog-ique. — A côté des suppurations intra-amygdaliennes se rangent d'autres localisations inflammatoires qui ont longtemps été confondues avec les premières et qui correspondent les unes et les autres aux anciennes amygdalites phlegmoneuses. Trousseau avait reconnu que, dans l'angine phlegmoneuse, « le mal n'est pas localisé dans la glande elle-même, mais dans le tissu cellulaire qui l'environne ». Cette idée a été exprimée aussi par ChassaignacetparVerneuil : « L'amygdalite phlegmoneuse serait mieux désignée par le nom de phlegmon péri-amygdalien. Le phlegmon, en efl'et, n'envahit pas le parenchyme de l'amygdale elle-même, mais il siège dans le tissu cellulaire qui enveloppe l'amygdale. Logée entre les deux piliers du voile du palais, l'amygdale n'adhère que d'une façon très lâche, très peu intime, à la loge qui la renferme; lorsque l'amygdale s'est tuméfiée et a considérablement augmenté de volume, elle dépasse le bord interne du pilier antérieur et fait saillie dans l'isthme du gosier. A chaque mouvement de déglutition, l'amygdale est mise en mouvement et se balance, très mobile, dans le fond de la cavité buccale. Sous l'influence de ces déplacements continuels de la masse glandulaire, le tissu conjonctif qui la retient du côté externe devient aussi plus lâche; il se forme une sorte de bourse virtuelle entre l'amygdale et la paroi de la loge comprise entre les deux piliers du voile du palais.

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