‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 116 sur 129 · CONDUITE A TENIR APRÈS I. 'EXTRACTION · texte numérisé non relu

CONDUITE A TENIR APRÈS I. 'EXTRACTION

s'an-r'lcra. S'il pcrsislo, on emploiera un dos moyens hémoslali(|U('s indiniiés plus loin (Voy. aux accidcnls de rextraclion : Ilémorrdgii' dentaire).

On examinera la plaie pour voir s'il île reste pas d'esquilles alvéolaires, ni de lambeaux nollauls de (ibro-muciueuse. Les es(iuilles doivent être très soigneusement enlevées avec la pince i\ fragments; sinon leur élimination ne peut se faire qu'à la longue, (^t la cicatrisation est retardée d'autant, surtout si elles ne sont pas complètement détachées de la cloison osseuse. Dans ce cas, il se produit n\w ostéite qui, pour être localisée, n'en est pas moins très douloureuse; et qui ne cesse que lorsque l'esquille est détachée. On voit parfois des malades conserver plus d'un an après l'extraction une fistule gingivale qui oblige à faire une incision pour libérer le fragment osseux. Les lambeaux flottants de fibro-muqueuse sont gênants et se gangrènent si on les laisse en place. Il faut les sectionner immédiatement avec les ciseaux courbes, dits ciseaux à gencives ; dans les cas exceptionnels où ils sont très étendus, on fera des points de suture;. Les fractures partielles des tables interne et surtout externe seront réduites en pressant le procès alvéolaire entre le pouce et l'index.

Si la dent extraite était la cause d'un abcès ou d'un kyste radiculaire, on s'assurera que l'abcès s'est vidé par l'alvéole ou que le kyste; est resté appendu à l'apex de la dent et a été extrait avec elle. Sinon le rôle du chirurgien ne sera pas terminé, et il lui restera à traiter ces afTections.

La prophylaxie de l'infection alvéolaire post-opératoire et des douleurs qui en sont la conséquence sera réalisée par la cautérisation de l'alvéole avec un antiseptique puissant tel que le perhydrol (eau oxygénée à 100 volumes), la teinture d'iode et même la créosote, surtout dans les cas de gangrène pulpaire avec propagation de l'inflammation à l'espace apical. IMahé, dans une étude sur les suites opératoires de l'extraction dentaire (1), remarque que les anesthésiques locaux entravent le processus de réparation cellulaire, surtout ceux qui contiennent de l'adrénaline, laquelle, par son ischémie intense, renforce non seulement leur pouvoir aneslhésique, mais aussi leur action irritante, caustique et altératrice. Elle supprime l'hémorragie et supprime en même temps le caillot obturateur de l'alvéole, qui reste béant. De là la facilité pour les détritus alimentaires de pénétrer et de fermenter dans cette cavité ouv(>rte, en compagnie des débris de la desquamation épithéliale ; la suppression du substratum premier qu'apporte à la réparation osseuse la trame même du caillot; la suppression des moyens de défense organiqiu' naturelle (phagocytose). Les conséquences cliniques sont la lenteur de la cicatrisation, la vacuité et la mauvaise odeur de la plaie, l'engorgement

(1) G. Mahé, Du pansement alvéolaire après l'extraction des dents [La Clinique, 10 mars 1911).

^ganglionnaire, rinfeclion alvéolaire avec douleurs persistantes. Pour supprimer la béance de Talvéole et faciliter la cicatrisation en empêchant l'infection, Mahé a proposé un pansement alvéolaire^ dont voici la formule :

Caséine formulée 20 fçrammcs.

Peroxyde de maj^nésium ^

Cliarboii véjjétal pulvérisé [cîâ 5 grammes.

Orllioforme )

Vanilliae 1 gramme.

Saccharine Osr.SO centigr.

Après avoir lavé Talvéole à l'eau oxygénée, le bourrer avec cette poudre qu'on tassera avec des tampons d'ouate, lesquels seront ensuite retirés et non laissés dans la plaie. Le patient s'abstiendra de lavages buccaux pendant deux heures.

Après une extraction de dent atteinte de périodontite dans laquelle le traumatisme opératoire aggrave souvent les douleurs pour un "certain temps, un grand soulagement sera obtenu si on lave largement la plaie et l'alvéole, à l'aide d'une seringue, avec une solution antiseptique aussi chaude qu'elle sera tolérée (solution phéniquée à l p. 100). Ce lavage sera continué assez longtemps, un quart d'heure s'il le faut.

La dent extraite sera présentée au patient pour dissiper tous ses doutes au sujet d'une extraction incomplète. On lui expliquera aussi, en cas d'extraction de molaire, que le relief osseux qu'il sent avec la langue n'est pas un fragment de racine, mais la cloison alvéolaire interradiculaire mise à nu. On lui prescrira des bains de bouche antiseptiques à faire pendant plusieurs jours, et plusieurs fois par jour, en particulier après les repas pour chasser les détritus alimentaires. En voici des exemples :

1" Eau oxygénée à 12 volumes 500 grammes.

(Dédoubler avec eau bouillie tiède au moment de s'en servir.)

2" Phcnosalyl ) ^„

.,,.,, , > aa 60 grammes.

Alcoolat de lavande ) °

(Une ou deux cuillerées à café pour un verre d'eau bouillie tiède.)

3° Acide phénique 1 gramme.

Glycérine 12 grammes.

Eau distillée 250 —

(Pour bains de bouche.)

40 Formol à 40 p. 100 5 grammes.

Essence de menthe 6 —

Essence de badiane 6 —

Alcool à 90" Q. S. pour 125 —

(Quelques gouttes dans un verre d'eau bouillie tiède.)

En cas de douleurs post-opératoires, on pourra remplacer l'eau bouillie, dans ces formules, par une décoction de capsules de pavot.

ACCIDKNTS I:T COM l'LICATIONS 1)1- Ll-XTUAGTION. 'i^J?

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