QUALITÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DES MÉTAUX
Nous considérerons seulement les qualités des métaux qui intéressent la prothèse des couronnes au point de vue des (jualités nécessaires pour cette spécialité.
Arlioii cliiniiiHK' (h' la saliv<'. — L'iridium, le platine et l'or purs sont seuls inattaquables par les sécrétions buccales, comme par certains aliments.
Tandis que le platine n'est guère allié qu'avec l'oi- ou l'iridium et par suite ne subit aucune modification dans la bouche, l'or est souvent employé avec l'argent ou avec' des métaux-bases, comme le cuivre et même l'étain. Les alliages d'orsont plus ou moins modifiés selon la proportion des métaux attaquables ajoutés. L'expérience a montré qu'en pratique la coloration noirAtre par formation de sulfures et un goût désagréable des alliages trop pauvres d'or interdisent leur emploi au-dessous de la teneui- de 18 karats.
Couleur. — La couleur des métaux d'usage dentaire va du gris blanc du platine et de l'argent au gris bleu du ploml». L'or et le cuivre seuls sont jaune et rouge.
Ces teintes des métaux purs se modifient selon le choix et la proportion des alliages ; l'or allié au cuivre est dit or rouge, tandis qu'avec l'argent il forme l'alliage dit or blanc.
Odeur et goût. — Ces qualités sont presque imperceptibles dans la bouche pour la plupart des métaux. Il faut noter que parfois le contact de métaux difïérents, comme celui d'un crochet d'or platiné avec une obturation d'amalgame d'argent, crée des sensations désagréables interprétées très dilïeremment par les patients.
Fusibilité. — Le platine est pratiquement in fusible dans les manipulations prolhétiques, puisqu'il nécessite l'addition d'oxygène pur au chalumeau à gaz d'éclairage.
Cuivre.
Platine
Platine.
Fer.
Fer.
Ciii\ re.
La température de fusion de l'or s'abaisse assez rapidement selon sa teneur en métaux alliés avec lui.
Malléabilité. — Ductilité. — Ténacité. — La malléabilité est la qualité qui permet à un métal d'être travaillé par mailletage ou battage,
La ductilité s'applique aux transformations par étirage.
La ténacité est la résistance à la tension.
Le tableau suivant donne le classement des métaux d'usage dentaire par ordre de qualités décroissantes:
Malléabilité. Ductilité. Ténacité.
Or. Or. Fer.
Argent. Argent. Cuivre.
Platine.
Argent.
Or.
MODIFICA TIONS PHYSIQUES.
Les variations de température causent cbez les métaux des modifications de consistance dont les principales sont, au point de vue dentaire, le ramollissement et la fusion avec son application à la soudure et la trempe.
A. Fusion, soiidag-e. — Le même mot de soudure est fréquemment utilisé pour désigner Tacte de souder d'une part et le métal ou l'alliage destinés à réunir deux pièces métalliques, d'autre part. Nous emploierons pour la première signification le mot soudage et nous réserverons à la seconde le mot soudure.
La fusion totale ou partielle, c'est-à-dire poussée jusqu'à la liquéfaction oubienarrêtéeaustade de ramollissement pâteux, est utilisée dans le soudage. Nous verrons plus loin les caractéristiques qui résultent de ces deux variétés de soudages.
B. Trempe. — La trempe est le durcissement d'un métal, et ce résultat est obtenu par martelage ou par refroidissement brusque.
Le martelage est appliqué au platine, à l'or, au cuivre et à l'argent; de même l'écrouissage donne à ces métaux une dureté plus grande: ces deux opéi-ations ont pour même efïet d'augmenter en même temps la densité de ces métaux.
Le refroidissementbrusques'appliqueaux aciers (fers au carbone), que l'on plonge plus ou moins rapidement dans un liquide après les avoir portés à des températures plus ou moins élevées selon le degré de dureté et d'élasticité que l'on désire obtenir.
C. Ramollissement. — II est obtenu par un chaulïage lent et assez élevé pour atteindre la température du rouge-cerise. Les pièces métalliques à ramollir doivent se refroidir par rayonnement dans l'air ambiant. Ce traitement des métaux les ramollit, les rend aptes à être à nouveau étirés, mailletés ou écrouis sans casser et augmente leur volume-
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L'or peut seul (Mn^ bnis({uemeiil rolVoidi dans l'eau ou l'alcool sans se conlracler, d'où la conséfiuence qu'on ne i)eul le tremper.
L'aluminium s'oxyde avant d'al teindre une température élevée. On se contente de le chaulTer lentement après l'avoir enduit d'huile, et on s'arrèle, quand elle commence à brûler; ou bien la plaque à ramollir est recouverte de petits morceaux de bois et chaulTée avec précaution au-dessus d'un bec de Bunsen; on arrête l'opération aussitôt que les morceaux de bois commencent à se carboniser.
ALLIACES.
Les alliasses sont dos mélanges de métaux obtenus par fusion.
On les divise en deux classes; dans la première, les métaux choisis et mélangés en qualités et quantités définies rormentde réelles' combinaisons chimiques, jjroduites avec dégagement de chaleur et donnant un composé nouveau; dans la seconde, il s'agit d'un simple mélange. Les qualités de l'alliage obtenu sont moyennes entre les qualités des métaux composant et peuvent être sensil)lement prévues d'après ces métaux et d'après les proportions du mélange.
Ce sont ces alliages qui sont presque exclusivement utilisés dans la prothèse dentaire. L'or et le ))latinc forment les matériaux de choix. Selon les indications, le praticien a besoin de les rendre plus durs ou plus malléables, plus fusibles, ou bien de modifier leur couleur. On a recours à de faibles additions d'iridium, d'argent on de cuivre.
L'usage est depuis longlemi)s établi de diviser un alliage en 24 parties dénommées karats. Un métal pur est dit à 24 karats. Dire qu'un bloc d'or est à 18 karats est affirmer qu'il contient 18 vingt-quatrièmes d'or pur.
Pour les travaux de couronnes et de ponts, on se sert d'or d'environ 22 karats, dont les formules varient légèrement suivant la couleur , désirée.
Formule h" /.
Plaque (l'or A 22 karats = .
Or 22 parties.
Argent 1 partie.
Cuivre 1 —
Formule n<> -2.
Or à 22 karats, platiné.
Or 22 parties.
Argent. .. ........ .... ... .'. 3/4 de partie.
Platine 1/'» —
Cuivre ....-• ^ parUe..
Formule W ">.
Plaque d'or à 21 karals c>.
Or 90 parties .
Cuivre 'i —
Argent ■") —
Op platiné. — On appelle or platiné, soit un alliage d'or et de platine, soit une forme de plaque où l'or est fondu sur une plaque de platine et se soude à lui. La plaque est ensuite laminée à l'épaisseur désirée et présente une surface d'or et une surface opposée, de platine. Celle-ci, à cause de sa couleur, peut être choisie pour les parties de couronne ou de point exposées à la vue et pour la doublure des faces de porcelaine.