MISE EN BOUCHE
Le pont est d'abord porté et enfoncé sur ses racines-supports. Cette mise en place peut être rendue diflicile ou impossible à la suite soit de mauvaises dispositions, soit de déformations secondaires. Si les tenons ont été déviés, les colliers ou les calottes plus ou moins déformés, on doitpréalablement les réadapter; tandis que, si le soudage a été fait en position fausse, il est nécessaire de scier le pont au point de soudure et de reprendre une nouvelle empreinte.
La difficulté d'adaptation peut, au contraire, venir des racines; lorsque celles-ci ont subi un déi)lacement minime, il est d'ordinaire possible, par une traction ou une pression lentes, de les ramener à leur première position que le pont leur fera conserver; les cas comportant un déplacement plus important obligent, eux aussi, aune section du pont et à la prise d'une nouvelle empreinte.
Le parallélisme des canaux radiculaires peut n'être pas parfait ou suffisant; dans ce cas, on y remédie, soit en élargissant le canal dans le sens indiqué et dans les limites où la solidité de la racine n'est pas compromise, soit en diminuant la largeur ou la longueur d'un ou plusieurs tenons; et celte mesure a pour limites le moment où la force suffisante de ces supports est menacée.
Eulin le pont étant en place, il peut arriver que certaines racines ayant subi une extrusion, un allongement plus ou moins marqué, la pièce de prothèse ne puisse arriver au niveau voulu en contact avec la gencive; il en résulte au niveau d'un ou deux collets une absence d'adaptation ; l'occlusion parfaite n'est plus possible et une force appuyant sur le pont le fait légèrement basculer ; on doit, dans ces cas, meuler de la quantité nécessaire la racine qui a pris cet excès de relief.
Scellement du pont. — Le scellement crun pont peut être fait soit au ciment, soit à la gutta-percha. Les indications de ces deux substances sont ici les mêmes que nous avons envisagées pour les couronnes: la gulta permet un enlèvement plus facile; mais son adhérence et sa résistance sont un peu moindres; le ciment est plus solide, mais avec lui l'ajustage des métaux aux collets des dents, doit être assez parfait pour ne pas laisser de surface appréciable de ciment au contact de la gencive.
Les dents-supports sont d'abord prése?*vées de la salive au moyen de tampons de coton, nettoyées à Talcool à 80°, ainsi que les canaux radiculaires, touchées avec une solution antiseptique forle et séchées à nouveau.
Si la gencive est tant soit peu saignante autour des racines, on l'atlouchera localement avec une solution alcoolique forte d'acide trichloracéLique,qui donne instantanément une belle surface blanche et feèche.
Le pont aura été lui-même précédemment neltoyé à l'alcool et desséché.
La pâte plastique, gutta ou ciment, est préparée à l'état de pâte molle; on en remplit d'abord les canaux dentaires, eton en recouvre les racines ; puis sur le pont les calottes et capes sont largement remplies et les tenons enduits ; le pont est ainsi porté en bouche et forcé en place d'abord par une pression énergique de la main de l'opérateur, ensuite par l'occlusion forcée des mâchoires.
Le patient garde la position d'occlusion jusqu'à ce que la pâte d'union soit durcie, et l'excès en est enlevé au moyen de spatules fines et de grands lavages à l'eau chaude.
On attendra une séance suivante pour retoucher, s'il y a lieu, les surfaces d'occlusion el donner à l'ensemble un dernier polissage.