‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 90 sur 129 · I. — INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I. — INTRODUCTION

L'extraction de donls intéresse non seulement le stomatologiste^ mais encore et surtout le praticien Taisant de la médecine générale. Si, en elTet, le spécialiste peut, dans la majorité des cas, appliquer une thérapeutique conservatrice, il n'en est pas de môme du médecin de campagne, par exemple, (pii est le plus souvent sollicité d'intervenir extemporanément pour supprimer l'organe douloureux.

Même alors, il ne faut pas oublier (pi'un pansement fait à propospeul, en bien des cas, i)rocurer un soulagement presque immédiat et permettre au patient de conserver sa dent en vue d'une obturation ultérieure. Ce traitement i)alliatif ne suppose pas une inslrumentalion compliquée, mais ({ueiques notions très simples que tout praticien devrait posséder.

Quoi qu'il en soit, l'extraction dentaire est une opération que le médecin a constamment à pratiquer et à laquelle il ne peut guère se refuser en l'absence d'un spécialiste. Il faut donc qu'il puisse la faire dans de bonnes conditions et qu'il n'ait pas l'humiliation de se voir préférer le maréchal ferrant ou quelque autre empirique de village.

Par contre, avons-nous dit, pour le stomatologiste, les indications de l'extraction se restreignent de plus en plus avec les progrès de l'art dentaire. Si l'on se reporte aux diverses parties de cet ouvrage, on verra que, pour le traitement des caries, des périodontites et en général de toutes les alfections d'origine dentaire, la conservation des dents malades doit être recherchée avant tout et que l'avulsion reste l'ultime ressource, en désespoir de cause.

Il semblerait donc que ce chapitre de dentisterie opéi-atoire dût prendre de moins en moins d'importance et même être appelé à disparaître des ouvrages futurs. Cette vue de l'esprit ne répond cependant pas à la réalité. Quelle que soit l'éducation du public en matière d'hygiène bucco-dentaire, — et certes de grands progrès ont été réalisés depuis quelques années, — il y aura toujours une

catégorie de patients qui, pour des motifs variés, ne voudront ou ne pourront pas se soumettre à un traitement rationnel.

Certains sont simplement négligents ou insouciants : d'autres, trop nerveux ou trop douillets, ne pénètrent dans le cabinet dentaire qu'à la dernière extrémité. Des entants indociles refusent de se laisser soigner ou de porter des appareils de redressement. Il faut aussi tenir compte de ce que beaucoup de personnes ne peuvent prendre sur leurs heures de travail le temps nécessaire aux soins dentaires. Même dans les consultations gratuites des hôpitaux, les ouvriers, qui perdent souvent une demi-journée pour venir se faire extraire une dent, ne tiennent pas à en perdre plusieurs pour la faire soigner.

Puisque nous devons longtemps encore nous résigner à extraire des dents, il faut apprendre à pratiquer parfaitement cette opération qui, pour être « de petite chirurgie », n'en constitue pas moins l'une ■des plus redoutées par la majorité des patients. Pour cela, il est nécessaire de posséder une connaissance approfondie de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie non seulement des dents ellesmêmes et des procès alvéolaires, mais encore des organes connexes et des tissus voisins. Nous nous convaincrons davantage de cette nécessité à mesure que nous avancerons dans l'étude de l'extraction dentaire.

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