‹ Traité de stomatologie (volume 4)Chapitre 33 sur 48 · LICHEN PLAN · texte numérisé non relu

LICHEN PLAN

tuées surtout à la périphérie par des cellules polygonales du corps muqueux de Malpighi. Dans la profondeur, ce tissu conjonctif forme, par places, un réticulum. A la périphérie, là où l'épithélium manque, on rencontre de nombreux vaisseaux pour la plupart remplis de polynucléaires et dont l'endothélium est proliféré. Autour de ces vaisseaux, on trouve des cellules de tissu conjonctif et des lymphocytes.

Les nodules, vus à un faible grossissement, sont constitués par des groupements cellulaires, rappelant les follicules clos de la rate, ou le tissu ganglionnaire : il y a donc grande diversité cellulaire, polymorphisme assez considérable. Au milieu de quelques-uns de ces follicules, existent des foyers de nécrose. Ces foyers sont circonscrits par des cellules géantes typiques. Toute la région où se trouvent les cellules géantes constitue un tubercule élémentaire avec follicule tuberculeux et dégénérescence caséeuse. Même dans les .points où n'existent pas ces cellules géantes, on note la présence de foyers de nécrose. Tous les vaisseaux ont leur épithélium proliféré et une particularité intéressante consiste en ce qu'il existe des manchons cellulaires composés de cellules analogues aux plasmazellen ou matszellen autour des dits vaisseaux.

Une coupe parallèle à la surface externe de la muqueuse montre très nettement les travées épithéliales qui forment un véritable réticulum dans lequel sont incluses les masses cellulaires. En résumé : 1° tissu inflammatoire ; 2° infiltration de nodules tuberculeux très nets ; 3° prolifération épithéliale provenant de l'épiderme.

Certains auteurs considèrent ce lichen comme une forme plus profonde d'eczéma ayant son siège dans le chorion luimême au lieu de s'attaquer seulement à l'épithélium. Il est circonscrit, tantôt s'étendant en bandelettes, se groupant d'une manière irrégulière, avec tendance à s'étendre du centre à la périphérie. La coloration de la muqueuse est variable : tantôt sa coloration est plus vive, tantôt plus pâle. Parfois, il n'y a pas d'exsudat, mais état induré de la muqueuse. Tantôt il y a exsudât avec enduit blanchâtre. Si la maladie dure depuis longtemps, cette membrane perd son élasticité et se fendille, donnant lieu alors à une véritable desquamation épithéliale.

DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT. — Il est excessivement rare d'observer le lichen plan uniquement sur la muqueuse buccale. On en observe en même temps les manifestations sur la peau.

Le diagnostic, de ce fait seul, en devient aisé. S'il existait quelques doutes, on ne pourrait le confondre qu'avec la leucoplasie buccale ou les plaques muqueuses.

Dans la leucoplasie, les plaques sont plus lisses, de consistance plus dure, localisées aux commissures et à la région génienne correspondant à l'interstice des dents. Sur la langue, les lésions leucoplasiques débutent par la papille elle-même, tandis que le lichen plan débute dans les espaces interpapillaires par un semis de points blancs gris-perle.

Un fait extrêmement important à noter, d'après Chompret, est que ces réseaux blanchâtres partant des gencives ou des vestibules buccaux, vont d'ordinaire mourir sur la muqueuse génienne correspondant à l'interligne articulaire des arcades dentaires, c'est-à-dire allant de la commissure labiale aux grosses molaires, absolument le contraire de ce qu'on observe dans la leucoplasie buccale, où les placards siègent presque toujours aux commissures et sur toute la muqueuse jugale, en regard des interstices des arcades dentaires.

Les plaques muqueuses reposent sur une muqueuse enflammée, infiltrée ; elles présentent une phase très nette d'ulcération qui ne saurait guère prêter à confusion.

L'affection peut disparaître spontanément ou persister, au contraire, pendant des années. La guérison obtenue, les récidives sont fréquentes.

Le traitement consistera dans l'administration des arsenicaux et surtout de liqueur de Fowler, à la dose de 20 à 30 gouttes pendant deux à trois mois.

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