LICHEN PLAN
D'après Darier, on le trouverait localisé sur la muqueuse buccale dans 50 p. 100 des cas.
Il apparaît sur la face interne des joues, au niveau de l'interligne dentaire, sous la forme de petits points d'un blanc
nacré et luisant, sur une muqueuse saine. Ces points, en se réunissant, forment des lignes continues de 1 millimètre enxÎTon de largeur, très sinueuses. Les lignes dessinent un réseau à mailles étroites.
Sur la langue, le lichen siège à la face dorsale et sur les bords. Il est caractérisé par d,es plaques plus ou moins larges et saillantes, constituées par les papilles de l'organe, érigées et tuméfiées, recouvertes, au moins dans la plupart des cas, de leur épithélium, qui est même épaissi et blanchâtre. Ces plaques peuvent être remplacées par des bandes saillantes aussi, opalines, qui serpentent et s'entrecroisent sur le dos et les bords de la langue. La langue est râpeuse, sèche, analogue à la langue des chats. On note sur la muqueuse linguale les trois caractères du lich,en de la peau arrivé à son complet développement : rudesse de la peau, augmentation de son épaisseur, exagération de ses rides. Parfois, le développement papillaire est plus considérable, le derme étant le siège d'une véritable h^'pertrophie. On voit alors, entre les mamelons souvent considérables que forment les papilles des fissures profondes ulcérées.
Quand les lésions siègent sur les joues, on peut noter deux formes différentes, tantôt on observe de petites papules, de la dimension d'une tête d'épingle, blanchâtres, dures, à sommet déprimé, dispersées sur toute la muqueuse, mais surtout nombreuses au niveau des molaires ; tantôt ce sont des traînées blanchâtres, de véritables cordons durs, arborescents, ayant pour point de départ la région malaire de la joue.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. L'examen anatomo-pathologique d'un fragment de gencive provenant du malade de M. Chompret et pratiqué par Mlle Lebert (1) a donné les résultats suivants :
Sur une coupe perpendiculaire à la face externe de la gencive, on distingue, à un faible grossissement, deux parties : des travées partant de la couche pavimenteuse (épithéliale) et déterminant des masses nodulaires constituées par infiltration cellulaire. Dans la profondeur, cette infiltration simule le sarcome ou le lymphosarcome (épithélioma). Dans plusieurs de ces nodules, même à un faible grossissement, on aperçoit des amas de cellules géantes et des foyers de nécrose.
A un fort grossissement, les travées apparaissent consti-
Cl) Revue de stomatologie, octobre 1909.