LUPUS BUCCAL
Le lupus est rare sur la muqueuse buccale. Quand on l'y observe, c'est généralement par contiguïté qu'il a pénétré dans la bouche, venant des lèvres. Sur la muqueuse de celles-ci, les lésions atrophiques sont souvent masquées en partie par des squames très adhérentes.
Le lupus érythémateux de la langue et de la face interne des joues est constitué par une lésion atrophique marbrée de blanc et de rouge. Il forme souvent des nappes rouges, mamelonnées, ulcérées, parfois recouvertes d'un semis de bourgeons charnus, mous et saignant facilement.
Il peut siéger au niveau du voile du palais, de la voûte, des gencives.
Dans une observation rapportée par Chompret (1), la maladie avait débuté, quand le malade avait 5 ans, par une ulcération ovalaire localisée sur la muqueuse des lèvres, ulcération superficielle coupée de fissures profondes et douloureuses, se recouvrant de croûtes noirâtres et purulentes. Un peu plus tard, des lésions ulcéreuses de même nature se formaient sur les gencives supérieures et sur le palais. A l'âge de 15 ans, l'ulcération occupait un espace grand comme une pièce de 5 fr. sur la muqueuse palatine, peu profonde, avec des bords nettement taillés, indurés, une surface un peu végétante, suintante, se recouvrant de fausses membranes d'un brun-noirâtre, se détachant facilement par frottement. Cette ulcération diminua peu à peu, en arrière, mais gagna à travers les espaces dentaires le vestibule buccal de la région incisive. La gencive
(1) Revue de stomatologie, juin et octobre 1909.
et l'alvéole atrophiés laissent voir les Incisives déchaussées profondément avec de petits bourgeons rouges bordant les dents et occupant en particulier les espaces interdentaires. En arrière des incisives, la lésion s'étend vers le palais, entre les canines, sur une surface triangulaire. D'aspect blanchâtre, la région a des bords sinueux, rougeàtres, principalement dans le voisinage des dents : si on essuie avec un tampon d'ouate, on enlève très facilement toutes les parties blanches et on se trouve en présence d'une ulcération superficielle. La lésion palatine qui, il y a quinze ans, s'étendait sur une largeur de deux centimètres et demi, ne s'étendait plus, en 1901, que sur un demi-centimètre environ. Mais elle avait gagné le vestibule au point de le détruire complètement au niveau des incisives centrales. La région cicatrisée présentait un aspect lisse et ferme se rapprochant absolument de l'état normal.
Le traitement sera local et général. Général, parce que tout malade atteint de lupus érythémateux peut être considéré comme un prétuberculeux et devra être traité comme tel.
Le traitement local consistera en cautérisations à l'acide lactique, à l'acide phénique, etc.