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III. Signes tirés de la température de la bouche

La température normale de la bouche est de 36 °8 à 37°2, Mais celte température s'élève avec la fièvre et s'abaisse dans les affections comme le choléra qui s'accompiagne d'algidité. La température locale de la bouche s'élève également quana elle est le siège d'un travail inflammatoire, fluxion, ostéopériostite, etc.

IV. Signes tirés des modifications des sécrétions buccales. — Les liquides qui lubrifient la cavité buccale sont toujours alcalins au moment où ils sont sécrétés par les glandes. Dians certains états pathologiques, la salive devient acide et cette acescence est éminemment favoriable au dévelloppement d'un grand nombre de mucédinées, entre autres de l'oïdium; albicans.

Les glandes salivaires et les glandes muqueuses, dont les multiples orifices parsèment la cavité buccale, sécrètent en permanence de l'a salive. A l'état normal, le liquide résultant du mélange de toutes ces sécrétions présente une apparence légèrement opalescente : il est filant, spumeux et d'une réaction nettement alcaline, sauf chez l'enfant nouveau-né. Il contient un grand nombre de substances dont la mise en évidence ou le dosage peut être très utiles au médecin.

La mucine vraie est fournie surtout par la glande sousmaxillaire. Il suffit d'additionner quelques centimètres cubes de salive filtrée avec un peu d'acide acétique dilué pour obtenir un précipité : ce précipité se montre insoluble dans un excès' d'acide. Si l'on mélange ce précipité avec uine solution, d'acide chlorhydrique à 2 p. 100, on obtient un liquide qui, neutralisé, réduit la liqueur de Fehling. Pour doser la mucine, on lavera le précipité à l'acide acétique et on procédera à la dessiccation à 100°.

On peut déceler, par le sulfate die magnésie, une substance albuminoïde dénommée globuHne.

A l'aide des deux réactions suivantes (1) on peut démontrer la })résence d'un sulfocyanabe alcalin (C Az S K). 1° Dans un petit tube à essai, on verse : 1 goutte de perchlorure de fer, 1 cejnt. cube d'acide chlorhydrique au 1/10% et 2 cent, cubes d'eau distillée ; puis on ajoute la salive. On obtient une coloration rouge-sang caractéristique et qui ne peut être confondue avec celle que donnerait un acétate, car avec ce dernier la réaction ne se produit pas en présence de l'acide chlorhydrique. — 2° Dans un autre tube, on introduit un petit crisital d'acide iodique et 2 cent, cubes d'eau amidonnée. L'additioin de salive provoque une réaction immédiate de l'acide iodique avec mise en liberté d'iode, qui colore l'empois d'amidon en bleu (réaction des sulfocyanates).

Veut-on-doscr le sulfocyanate ? MM. Guiart et Grimbert indiquent le procédé suivant : dans un très petit vase à précipiter on verse: 1 cent, cube d'azotate d'argent cantinormal correspondant par conséquent à 0 gr. 00097 de sulfocyanate ; on ajoute un demi-centimètre cube d'acide azotique pur, un demi-centimètre cube de solution saturée d^alun de fer et 5 centimètres cubes d'eau distillée, puis on y fait tomber goutte à goutte la salive filtrée contenue dans une burette graduée. Soit 71 le nombre de centimètres cubes employés pour obtenir une coloration rose, le poids (x) du sulfocyanate renfermé dans 1 litre de salive exprimé en G Az S K sera donné par l'équation ,r = O. 97.

En outre des sels minéraux tels que chlorures, phosphates, carbonates de sodium, de potassium, de calcium et de magnésium, on trouve encore dans la salive un ferment oxydant particulier dit ferment oxydant indirect ianaéroxydase), n'agissant qu'en présence de l'eau oxygénée. On y trouve enfin la ptyaline, ferment amylolytique analogue à l'amylase du malt, ferment ayant la propriété de liquéfier l'empoisi d'amidon et de le transformer en maltose et en d'e:xtrine.

Il peut être bon que le stomatologiste puiisse, en présence de certaines affections buccales, déterminer le pouvoir amylolytique de la salive comparé au pouvoir amylolytique de la salive normale. Cette détermination se fera de la façon suivante (2) : on ccmmence par préparer avec 4 grammes d'amidon desséché et 100 cent, cubes d'eau distillée, un empois

(1) Gi lAiiT et (luiMUEUT, Précis de Diagnostic. {'2) GtiAUT et GiUMBEHT, Piécls de Diagnostic.

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que l'on transvase dans un petit ballon. Quand il est refroidi, on ajoute 4 cent, cubes de salive filtrée, et on maintient le tout à la température de 40" pendant un quart d'heure; on transvase alors l'empois en partie liquéfié dans une éprouvette graduée et on complète le volume de 200 cent, cubes. On filtre et, dans le liquide liltré, on dose le maltose par réduction au moyen de liqueur cupro-potassique. 11 faut se rappeler que le maltose n'a i)as le mèmie pouvoir réducteur que la glycose; ainsi, tandis qu'il faut 0 gr. 050 de glycose pour réduire 10 cent, cubtes de liqueur de Feliiling, il faudra 0 gr. 075 die maltose pour obtoniir le même résultat. 11 est donc indispensable de titrer la liqueur cupro-potassique au moyen d'une solution de maltose pur et sec à 1 ou 0,50 pour 100. En opérant ainsi, le liquide étendu à 200 cent, cubes accuse, avec une salive normale, une teneur en maltose de 0 gr. 370 à 0 gr. 550 pour 200. C'est le chiffre qui, conventiionnellement, exprime le pouvoir amylolytique d'une salive.

A côté de l'acescence et de l'alcalinité, les conditions de sécheresse et d'humidité de la cavité buccale peuvent présenter un certain intérêt.

Tantôt on obuerve la suppression totale de la salive et des autres sécrétions (asialie). La langue se dessèche, elle prend une coloration jaune, parfois brun. Une ligne sombre se dessine sur le raphé médian de l'organe qui s'élargit par degrés. Après les lèvres et le milieu de la face dorsale de la langue, c'est la voûte palatine qui se dessèche le plus raj^idement. La parole, la mastication et la déglutition deviennent très difïiciles.

Tantôt, au contraire, les glandes sécrètent le liquide en telle abondance que les sujets soint obligés de l'avaler ou de le cracher en permanence ou de le laisser échapper, la bouche entr'ouverte. Ce ptyalisme est sous la dépendance, tantôt d'une irritation directe des glandes salivaires par un médioament ou un poison morbide quelconque, tels que le chlorate de potasse, l'iodure et le bromure de potasslium^, le mercure et les préparations hydrargyriques, l'or, l'airgent, le plomb et le cuivre. Tantôt il est d'origine réflexe, dont le point de départ peut être dans un point quelconque du tube digestif : aphtes, stomatites, surtout la stomatite mercurielle, gastrites, Ulicèrqsi de l'estomac, les sialalcgues, pyrèthre, saxifrage, etc. A ces deux mécanismes, on peut en ajouter un troisième, la lésion dii nerf lingual ou dii glosso-iphiaryngien, organes de la sensibilité gustative, ou du facial qui joue un rôle dans les sécrétions buccales.

Traité de stomatologie. VII. — 2

H. XOGUK.

Il faudra donc, en présence de ces phénomènes, en rechercher kl cause.

L'asialie fait i)artie du cortège symptomatique des pp-exies graves, fièvre typhoïde, pneumonie, etc. Dans IéL' sialorrhée, on recherchera s'il existe des signes d'une inflammation de la bouche, d'un état pathologique de l'estomac, etc. On s'assurera que le patient n'a pas absorbé de médicajiients. Dans la négative, on songera à une lésion du nerf lingual, du nerf pétreux ou de la corde du tympan, ou bien à une névrose pure.

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