Vibrio spirilla ; 5. Volvox ; G. \'ibrions
I. Signes tirés des modifications de conformation des diverses parties de la bouche. — L'occlusion congénitale.
l'atrophie de l'orifice buccal, l'exstrophie des lèvres, le bec de lièvre, les divisàons du palais essieux et du voile regarldent plus spécialement le chirurgien.
La lèvre supérieure présente souvent chez les jeunes sujets scrofuleux, un gonflement très marqué dû à une infiltration (œdémateuse du tissu conjonctif, principalement ide la couche profonde, sur laquelle viennent s'imprimer les empreintes de;^> dents. Cette tuméfaction, généralement indolente, augmente sous l'influence du froid et peut s'accompagner de gerçures rebelles. La lèvre supérieure, repoussée par le plan résistant alvéolo-dentaire, proémine en avant et donne à la physionomie un aspect particulier. Cette tuméfaction se dlissipe sous l'influence d'un traitement général approprié, mais souvent elle se transforme en une induration rebelle, qui peut nécessiter l'intervention du chirurgien.
A la lè^Te inférieure, cette tuméfaction s'observe plus rarement chez les scrofuleux. La lèvre est renversée, pendante, indurée, laissant s'écouler la .salive, gênant l'occlusion ée la bouche et déterminant la projection en avant des incisives et leur ébranîlemient prématurié. Cette tuméfaction piermanente est fréquente chez les crétins, les idiots et les paralytiques.
L'aspect général de la voûte palatine, tantôt abaissée et aplatie, tantôt ogivale, joue un rôle dans les fonctions de la bouche. Avec une voûte ogivale, les narines sont rétrécies', il y a de la gêne dans la respiration nasale, du nasonnement, un développement général anormal.
On a signalé également (Gubler) en pareil cas, que les os palatins, parfois recourbés vers leur bord médian commie })our s'affronter par une plus large surface, forment sur le raphé du palais une saillie longitudinale antéro-postérieure qui I)eut être confondue avec irexostose médio-palatine d'origine syphilitique. Le diagnostic différentiel s'établit sur l'absence de symptômes de la diathèse spécifique et sur la régularité de la saillie qui est d'une consiistance osseuse uniforme, exempte de sensibilité provoquée ou spontanée, et ne présente aiucun épaississement, aucun changement de coloration ni de consistance des tissus fibro-muqueux.
Du côté de la langue, on observe chez certains enfants une augmentation de volume anormale, connue sous le nom de macroglosie. C'est une affection congénitale, mais qui passe souvent inaperçue pendant les deux premières années. A ce moment, le gonflement de la langue augmente, la prociidence apparaît et reste parmanente, gênant ou empêchaint même le
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iai>piroclieinent des mâchoires, provoquant l'écoulement de la salive hors de la bouche.
Exposée à l'air, la langtie subit alors desi modifications imporlantc^s et sa surface devient sèche, rugueuse, noirâtre. Parfois on observe un sillon circulaire sépai'ant la partie de l'organe contenue encore dans la bouche de la par'tie procidcnte. Celte procidenoc permanente peut entraîner des déforniajtions du iiiaxillaire. Le maxillaire jinférieur isuj>it un arrêt de développement, s'atrophie et éprouve une torsion sur luimême des plus curieuses. Les faces lantérieure et postérieure de la branche horizontale deviennent lune inférieure, l'autre supérieure et le rebord alvéolaire regarde directement en avant : les molaires restent en contact dans l'occlusion des mâchoires, mais les incisives restent écartées des unes des autres par une béance qui peut atteindre plusieurs centimètres.
La lèvre inférieure est renversée en avaint et pendante.
'L'alimentation se trouve compromise, la salivation reste permanente et la santé de l'enfant s'altère de pllus en plus. Seule une intervention chirurgicale })eut empêcher une issue fatale.
C'est là une affection due à une ectasiie des vaiss/eaux lymphatiques et qui ne s'observe guère que chez des enfants dégé;nérés. On l'a notée de même chez des adultes atteints de myxœdème ou d'acromégalie.
A côté de cette hypertrophie chronique, la langue peut être le siège de poussées inflammatoires aiguës comniiC tous les autres organes, poussées qui déterminent un gonflement temporaire de l'organe et peuvent aboutir à la suppuration.
A la placé de l'hypertrophie, on peut observer, au contraire, une dli-minution marquée du volume de la langue, une véritable atrophie. Quand ce symptôme s'observe en dehors des cas congénitaux, al est (lié à la p-anallysie liabio-gloisso-pharyngée, à la sclérose du cervelet chez les idiots, ou à l'atrophie musculaire progressive.
L'hémiatrophie est souvent liée à une affection bulbaire. On l'a signajée dans la méningite, la pachymiéningite, le tabès, la syringomyélie. On l'observe également dans la sclérodermie et la trophonévrO'Sie faciale. Elle peut être également la conséquence d'une lésion du grand hypoglo(Sse.
La langue atrophiée s'incurve du côté malade : projeté en avant, l'organe est dévié du côté de l'hémiatrophie, tandis que s'il est porté en arrière, la pointe est dé\dée du côté sain. Sur la partie malade, la muqueuse est pliss'ée, forniiant des
sillons entrecroisés. La partie atrophiée ne peut sie contracter et reste molle : la contractilité faradique et voltaïque en est affaiblie.
Sans nous étendre ici sur les modifications que peut présenter le système dentaire, et qui ont été étudiées ailleurs, on peut signaler que les dents bien régulières' et d'un émail parfiiiit concordent souvent avec une santé parfaite. Les dents bleuâtres, transparentes, appartiennent à des sujets délicats. Les Fiillons transversés qu'on remarque parfois sur la face antérieure des incisives et des canines correspondent à des troubles morbides survenus au cours de la seconde dentition et dont la date j)eut être précisée d'après la hauteur variable de cette rainure au-dessus du collet de la dent. Parrot et Hutchinson ont décrit les dents cupulaires, sulciformesi et cuspidiennes comme marquées par la siyphilis héréditaire.
Des dents déchaussées, branlantes, indice d'une gingivite expulsive, sont souvent liéesi au tempérament arthritique, parfois au diabète.
II. Signes tirés du degré de vascularité et des lésions du SYStème sanguin. — La coloration de la muqueuse buccale varie du blanc-rosé au rouge et même au violacé le plus sombre.
On peut dire, d'une façon générale, que la pâleur des lèvres et des gencives indique un état marqué d'anémie et est un des bons siignes du diagnostic de la chlorose. Au contralire, la teinte rou^e est liée aux pyrexiies : on la trouve dans la rougeole, la variole, la roséole miliaire, la scarlatine, etc. La teinte violacée est l'indice d'une gêne marquée de l'hématose : asphyxie, cyanose, persistance du trou de Botal, maladies organiques du cœur, affections cholériformes, fièvres intermittentes à forme algide, grands épanchements, paralysie des pneumogastriques, etc.
Les hémorragies buccales peuvent être liées à des lésions locales, plaies, ulcérations, sphacèle, etc., ou bien être la conséquence d'un état général hémophilique. On note des pétéchies et des suffusions sangumes dans la maladie de Werlhoff, dans certaines affections hépatiques, dans certaines formes de tuberculose aiguë. Dans le seorbut, en raison de l'état des gencives, les hémorragies sont fréquentes.
Quand il se produit un écoulement de sang par la bouche, le inédccin est obligé -de rechercher l'origine de ce sang. Généraleonicnt ce sang, issu des gencives spontanément ou par un
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inouvemcnt de succion, est étendu de salive et d'une couleoir sombre. Quand il se produit en aibondance, il peut s'écouler dans le i>hai ynx et le cavum et de là être rejeté dans les accès de toux. Dans ce cas, on peut se demander s'il ne s'agit pas d'hémoptysie ou d'hématémèse. La recherche attentive du point (le départ de l'hémorragie dans La bouche, dans le cas d'écoulement sanguin se produisant sans efforts de vomissement et sans quinte de toux, lèvera le plus souvent tous les doutes.