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VI. Signes tirés de l'état des gencives et des dents

— L'examen des gencives peut fournir au médeciini dies indices

intéressants. Saines, elles ont un aspect rosé, lisse, ferme, et sertissent chacune des dents d'un feston net. Elles sont indolores à la pression et ne saignent que si elles sont déchirées.

Décolorées et flasques, elles révèlent un état d'anémie qui peut être constitutionnel chez les jeunes filles, ou lié à un état général défectueux, ou consécutif à une infection quelconque.

On ks trouve congestionnées, d'une coloration rouge

Fi(.. '2. — Décliausscincnt des dents pio\ enantde rinflamination chioniqiie des gencives.

SKMÉIOLOC.IK DE LA HOICIIK li)

sombre, saiignant au inoiiidre contact, quand des dépôts tartric[Uies se déposent au collet des dents et maintiennent le feston gingival dans un état d'irritation constante. Il s'ii^t là d'un degré léger de gingivite dont ia cause apparaît aisément et est généralement toute locale.

A un degré plus avancé, les gencives peuvent présenter des abcès liés à la gingivite seule ou à une infection osseuse.

Cartaincs gingivites peuvent aiïecter une forme gangreneuse, avec plaques de sphacèlc, salivation abondante, odeur infecte, etc. Mais ij s'agit, dans ce cas Dà, de stomatite grave, rarednent localisée aux gencives mêmes.

On observe parfois, sur le fesiton gingival, des liserés qui sont l'indice d'une intoxication par le plomb, le cuivre ou l'arsenic.

Enfin, certaines gingivites, tantôt limitées au pourtour de la dont de sagesse inférieure, tantôt développées autour d'une dent cariée ou d'une racine, tantôt dans la région vestibulaire des incisives inférieure?, tantôt limitée à un seul côté de la màcboire inférieure, indiquent le début d'un stomatite mercurielle.

Des gencives saignantes, boursouflées, avec parfois des péléchies, devront faire penser au scorbut ou à une diathèse hémophilique.

Enfin, fréquemment, chez les personnes d'un certain âge, tantôt on notera un état de dureté, de retraction, dang l'atrophie sénile, tantôt, au contraire, un aspect rouge-vineux, avec décollement du pourtour gingival, déchaussement dfes dents et suintement de pus à la pression. Il s'agit alors de cette affection si commune qu'on appellie gingivite expiilsive ou pyorrhée alvéolo-denfaire.

L'aspect général du système deinitaire, de même que l'examen de chacun de ses organes en particulier, peut fournir au médecin des renseignements précieux sur la santé générale du sujet. Il est rare qu'une denture parfaite ne soit pas l'apanage d'une florissante santé. On pourra évidemment citer de nombreux exemples de malades atteints d'affections graves et chroniques dont le système dentaire ne révêle aucune trace de ces tares de l'organisme. Mais la règle est quie la carde dentaire s'observe surtout chez les sujets dont la santé est atteinte. La constatation de caries multiples chez les jeunes enfants, ou même chez les adultes, surtout si ces caries se siont produites dans un laps de temps très court, doivent impérieusement appeler l'attention sur la déminéralisation dont elles

siont rindice. Souvent même le médecin réfléchi trouvera là un -signe avant-coureur d'une tuberculose prochaine.

A côté de la carie, les dents sont parfods atteintes de dyistrophies diverses, de malformations dont l'interprétation pourra mettre sur la voie d'afîections pasisées, héréditaires ou inconnues.

On rencontre souvent sur la couronne des dents permanentes des rainures transversales siituées à une distance variable de leur collet. Ces rainures marquent un temips d'arrêt dans la nutrition de ces organes, temps d'arrêt dû généralement à une maladie éruptdve de l'enfance, à la fièvre typhoïde, ou à toute autre madadie infectieuse. Du siège même de ces rainures, il sera possible de déduire la date de l'apparition de cette mala-

iiaissance semaines ''°

FiG. 15. — Chronologie de la calcification des dents (d'après Redier).

die intéressante. Se trouvent-elles rapprochées du bord tranchant ou triturant de la couronne? la maladie a eu lieu au commencement de Ja deuxième dentition, vers 7 ou 8 ans. Sont-elles, au contraire, voisines de la g;encive, c'est vers la fin de l'évolution de ces dents qu'elles ont apparu, c'est-à-dire vers 12 ou 14 ans. Le fait est aujourd'hui admiis par touis les médecins et les vues de Tomes ont été parfaitement confirmées. Ceis lignes transversales, disait Tomes, résultant d'alternances dans la marche du développement, ont leur parallèle exact dans les stries produites sur les ongles par des causes semblables. Grâce à la croissance persiistante et piliuis rapide de ces derniers, il est possible de voir la marque liaissée par une maladie grave, sous la forme d'un sillon transversial, indiquant une cessiation temiporaiic du développement de l'ongle. Il n'est pas toujours facile, quoique cela se puisse souvent, de rapprocher cet état des dents, où leur surface se trouve creusée de sillons ou de cavités, analogues à celles d'un gâteau de miel, à la présence

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d'une siTieuse indisposition au moment du développement des jwirties défectuclisesi des organes dentaires ; il est cependant difficile de mettre en doute que l'organisation imparfaite des dents ne soit, sinon le résultat d'une maladie spéciale, comme la rougeole, qui influence l'économie tout entière, du moins la conséquence d'un état constitutionnel. Le fait que, lorsqu'une dent est affectée, les' parties des autres dents, qui se sont formées en même temps que la première, présenteront une condition similaire, exclut l'hypothèse de la production de l'anomalie sous l'inllucnce d'une cause purement locale.

S'il est, parmi les maladies générales, une affection pouvant, par s'on imprégnation profonde de l'organisme, aigijr sur le système dentaire en voie d'évolution, c'est bien la sj^philis. Tous les auteurs sont d'accord sur ce point. Mais où les avis différent, c'est quand il s'agit de savoir si la syphilis imprime réeirement sur les dents des marques spécifiques et caractéristiques.

Hutchinson, en 1857, avait le premier appelé l'attention sur ces faits, et décrit en détail des lésions connues depuis sous le nom de dent d' Hutchinson. Plus tard, d'autres anomalies ou dystrophies dentaires ont été attribuées à la syphilis. Mais qu'elles lui appartiennent en propre ou qu'elles dépendent de troubles nutritifs étrangers à lia isypihilis, elles n'en sont pas moins intéressantes à connaître. M. Ed. Fournier, qui les attribue nettement à la syphilis, en donne une excellente des cription que nous ne saurions mieux faire que suivre (1).

L'influence héréditaire de la syphilis se traduit sur le système dentaire par des modalités extrêmement variées, mais qu'on peut grouper sous les deux états suivants :

1° Retard dans l'évolution dentaire;

2° Anomaflies ou dystrophies présentant lies variétés ou modalités suivantes :

A. Erosions dentaires ;

B. Infantilisme dentaire ;

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