ÉRUPTION TARDIVE
L'éruption tardive des dents est bien plus fréquente que l'éruption précoce, car les affections qui se traduisent par des retards d'évolution des organesapparaissent bien plus souvent que celles qui influent sur la précocité.
Les retards de quelquesmoisdans l'éruption des dénis temporaires ne sont pas rares; ils deviennent vraiment anormaux lors(ju'ils intéressent une longue période. C'est ainsi que chez les enfants rachitiques, on voit les premières incisives n'apparaître qu'à un an, quinze ou dix-huit mois et môme plus tard.
Fleischmann rapporte une série de cas où l'éruption fut vraiment extraordinaire: un casdeDugès à onze ans, un de Reyer à Ireize ans, de Lindcrerà ([uinze et de Smellieà vingt et un ans. Muckisch obsoiva une petite fille qui jusqu'à deux ans n'eut aucune d(Mit et qui dans \a cinquième année en mit dix-huit qui toutes furent irrégulières. Eichler a observé un enfant de cinq ans, robuste, bien constitué, qui n'avait présenté encore aucune dent. Hilzensauer a relaté une observation très intéressante : il s'agit d'une anomalie ([ui se présenta jusqu'à la deuxième génération : la dentition de lait était incomplète, la
dentition permanente, incomplète aussi, ne faisait son apparition qu'à quatorze, vingt et même vingt-deux ans.
Certaines dents permanentes peuvent présenter de très grands retards d'évolution. Isabeau mentionne des faits d'éruption dentaire à quatre-vingts, quatre-vingt-douze, cent-vingt ans, Fauchard à quarante, cinquante-six, soixante-neuf ans. Le Gendre a observé l'éruption d'une première molaire à trente-cinq ans, Casse celle d'une canine à quatre-vingt-cinq ans, Magitot l'éruption des deux canines supérieures à soixante-treize ans. Le même auteur a vu les deux dernières molaires supérieures apparaître à soixante-quatre ans et dans un autre cas la canine droite apparaître à vingt-huit ans et la gauche à soixante-douze ans. La cause de ces retards d'évolution est aussi difficile à saisir que celle des précocités; il s'agit de troubles divers de la nutrition intrafolliculaire ; il peut s'agir aussi de troubles mécaniques et l'exemple le plus net en est donné par la dent de sagesse, dont la période d'éruption oscille entre dix-huit et trente ans et peut même dépasser cette limite, et cela d'une façon fréquente.