‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 107 sur 154 · P. KAKGIN-FAYOLLE. — ACCIDENTS DE LA DENTITION · texte numérisé non relu

P. KAKGIN-FAYOLLE. — ACCIDENTS DE LA DENTITION

fait, que celle division, justifiée par les commodités de la description et qui répond aux exigences de la clinique, est absolument arlificielle. Tant par leur éliologie que par leur pathogénie, les accidents de ces diverses périodes sont en réalité identiques^ et si leur symplomatologie emprunte aux modifications de terrain créées par Tâge des aspects très divers, nous montrerons qu'il faut les grouper, depuis les accidents de première dentition jusqu'aux accidents de la dent de sagesse, dans une large synthèse.

Historique. — Jusqu'à Fauchard a régné sans conlesle la doctrine hippocratique qui faisait de l'éruption des dents de lait une cause très fréquente d'accidents. « Les vers et les dents se partageaient alors la pathologie infantile, les dents prenant la plus large part de ces méfaits (1). »

Fauchard résume ainsi les accidents tels qu'ils avaient toujours été compris depuis Hippocrale : « Quand les dents, surtout les canines, sont sur le point de paraître, la démangeaison se convertit en une forte douleur accompagnée de fluxions sur les joues, sur les yeux, même sur tout le visage, de toux, de catarrhe, de fièvre, du flux de ventre ou diarrhée, de nausées, de vomissement, de l'insomnie, de convulsions, de frayeurs, de sommeil léthargique quelquefois suivi de la mort (2). » Il y a là un exemple peut-être unique d'un véritable dogme médical non seulement conservé intact, mais encore inattaqué pendant vingt-deux siècles.

Au cours du xvin^ siècle, Bunon est le premier qui ait formulé des réserves. Mais c'est au cours du xix'' que des opinions absolument opposées à la doctrine hippocratique ont été soutenues.

Affirmations passionnées et contradictoires, discussions retentissantes, controverses sans cesse renaissantes ont marqué l'évolution des idées médicales sur la question des accidents de la dentition. On aura une idée de la diversité des opinions soutenues pendant la première moitié duxix" siècle par les quelques citations suivantes.

C'est Wichmann (3) qui écrit: « Quand on déclare qu'on est en présence d'une dentition difficile, et que les recherches les mieux faites ne montrent rien du côté des gencives, on écrit un roman pathologique. Il ne faut jamais accorder de créance aux parents et aux personnes étrangères à la médecine. »

C'est Laforgue [A] qui affirme avec autant de force : « On a tort d'attribuer cesmaladiesà la dentition, elle n'y a aucune part. Les nombreux auteurs qui ont traité des maladies qu'ils ont attribuées à la

premiers groupes. L'importance capitale de la question de Viinitè des accidents de dentition nous obligera pourtant à envisager les accidents de la dent de sagesse. Nous ne le ferons que dans la mesure nécessaire à notre sujet.

(1) Savoye, Thèse de Paris, 1902.

(2) Fauchard, Le chirurgien dentiste ou Traité des dents, t. I, 1786.

(3) Wichmann, Diagnostik. Hannover, 1800.

(4) Laforgue, L'art du dentiste.

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