‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 108 sur 154 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

sortie des dents n'ont fait que des romans : la cause nexiste pas. »

Baumes ( I) s'élève contre cette déclaration de Laforgue qu'il juge à peine digne d'être relevée, et il résume ainsi son opinion : « On peut trouver dans la dentition la raison de la mort d'un très grand nombre d'enfants, celle de l'établissement de quelques maladies graves qui se développent dans la suite, ou qui portent, pour toute la vie, une très grande atteinte à la constitution. »

Les mêmes idées sont exprimées par Murât (2) : « La dentition est une époque très périlleuse. On croit que le sixième des enfants périt des accidents que peut amener cette fonction. »

Ant. Dugès (3) se place entre ces opinions si opposées : « Sans doute, dit-il, on a quelquefois exagéré l'influence de la dentition sur la santé des enfants en bas âge ; mais ce serait tomber dans une grave erreur que de soutenir avec quelques médecins la parfaite innocuité de cette fonction si fréquemment laborieuse. »

Bednar (4) formule avec netteté l'objection capitale à laquelle ne répondaient pas les bipprocratistes : « On peut observer au cours d'une dentition un peu difficile un grand nombre d'affections : cela ne prouve pas qu'il existe entre elles et l'éruption un rapport de causalité. »

J.-E. Oudet (5), avant lui, avait exprimé très beureusement la même idée : « On attribue dans le monde la plupart des maladies de l'enfance au travail de la dentition. La difficulté d'observer les maladies du premier âge, et le peu de connaissances positives que nous avons sur cette partie de la pathologie, ont contribué à enraciner cette opinion, et ce préjugé, résultat de notre ignorance, est ensuite devenu populaire comme tous les autres préjugés en médecine. On accuse souvent la dentition d'être la cause de la mort de plusieurs enfants dont on n'avait point reconnu les maladies pendant la vie. »

Politzer est un adversaire convaincu de l'existence des accidents de dentition : c< On répète souvent, écrit-il, que la dentition et une nourriture mal appropriée causent habituellement la diarrhée des enfants. La nourriture mal appropriée la cause seule : jamais, au grand jamais, la dentition seule ne Ta produite. 11 n'y a pas lieu de tenir compte en pathologie et en thérapeutique des troubles attribués à la dentition (6). »

C'est en Allemagne et en Autriche que la réaction contre la doctrine d'Hippocrate est à cette époque le plus vive, avec Politzer et Heischman.

{!) Baumes, Traité de la pi-emière deiitilion et des maladies souvent très graves qui en dépendent, 180G.

(2) MuR.vT, art. Dentition. Dict. des se. méd., IS14.

(3) Dugès, art. Dentition. Dict. de méd. et de chir. prat., 1831.

(4) Bedaar, Krank. der Neugebor. und Sauglin^, 1850.

(5) Oudet, art. Dentition. Dict. de méd., 2>' éd., 1835.

(6) Politzer, Ucbcr die Dentitione zug^eschriebenen Krankli.. 1H77.

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