‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 110 sur 154 · I. — ÉTIOLOGIE. - NATURE DES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

I. — ÉTIOLOGIE. - NATURE DES ACCIDENTS

Nous sommes donc, avec Magitot, arrivés à une période critique de révolution des idées relatives aux accidents de dentition. D'un côté, avec Magitot et Galippe, c'est la négation pure et simple des accidents ; de l'autre, avec Pamart, Leroy de Méricourt, Hérard, Charpentier, Constantin Paul, Peter, Hardy (1), c'est l'affirmation sans réserve de la doctrine d'Hippocrate. Les accidents de dentition (et l'on n'avait toujours en vue que la première dentition) comprenaient pour ces derniers auteurs des accidents locaux et des accidents généraux, que Baumes, en 1 806, se glorifiait d'avoir le premier complètement décrits.

Salivation, rougeur, gonflement, aphtes, stomatites diverses, tels étaient les accidents locaux. Quant aux accidents généraux, toute la pathologie infantile paraissait s'y rattacher. C'étaient, à côté de la fièvre de dentition, des troubles de l'appareil digestif (vomissements, diarrhée), des troubles de l'appareil respiratoire (toux, laryngite striduleuse, spasme de la glotte, rhume de dentition, bronchite, broncho-pneumonie), des troubles du système nerveux (convulsions, méningites), des affections cutanées diverses (urticaire, eczéma, impétigo, si communément encore désigné dans le peuple sous le nom de croûtes de lait et de feux de dents).

A cette longue énumération, Magitot et avec lui les adversaires de la théorie des accidents de dentition opposaient d'excellents arguments. Ils montraient combien il était inexact de soutenir que l'éruption de chaque dent fût accompagnée de phénomènes morbides suivis d'accalmie, que l'éruption des dents devait être considérée comme un phénomène absolument physiologique, que, quelque affection qui survînt pendant la période de dentition, on pouvait toujours trouver une dent allant faire son éruption, la faisant ou venant de la faire, et que dès lors il restait à prouver la relation de cause à effet. Ils

(1) Acad. de méd., 1892.

Page 1