‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 119 sur 154 · B. —ACCIDENTS LIES A L'ÉRUPTION · texte numérisé non relu

B. —ACCIDENTS LIES A L'ÉRUPTION

1« Lésions inflammatoires de la gencive et de la muqueuse buccale. — La gencive de Taire alvéolaire correspondant à la dent de sagesse est le siège fréquent de lésions inflammatoires. Ces lésions peuvent apparaître avant l'éruption de la dent au cours de ses poussées ascensionnelles. Au lieu de subir une simple résorption en restant adhérente au sac folliculaire sous-jacent, comme cela se produit dans l'éruption des autres dents, la gencive à ce niveau se gonfle et se soulève. Du reste, elle est normalement très haute, par rapport à la partie postéi'ieure du collet de la deuxième molaire. Cette muqueuse soulevée va former un bourrelet qui est continuellement mâchonné pendant les mouvements de mastication : il en résulte une irritation sous l'intluence de laquelle son volume ne fait qu'augmenter. Il se forme ainsi une sorte de clapet qui peut arriver jusqu'à la couronne de la deuxième molaire, ce qui rend très douloureux les mouvements de mastication. Cette muqueuse se fissure, permettant aux microorganismes de pénétrer dans la profondeur, elle se déchire sous l'influence des poussées de la dent, il en résulte des lambeaux irréguliers, déchiquetés avec des lacunes anfractueuses dans lesquelles les débris d'aliments et les agents microbiens entretiennent une inflammation intense qui atteint parfois le sac folliculaire de la dent de sagesse. Celle dent peut ainsi s'infecter el présenter de la carie au moment où elle fait son «M-uplion. Les lésions inflammatoires se limitent rarement à la gencive, elles s'étendent à la muqueuse buccale et même du côté de l'isthme buccopharyngien, aux piliers du voile, à l'amygdale palatine, Robert a

observé sur un jeune homme de vingt ans une inflammation de tout le voile avec hypertrophie de la luette. On peut voir aussi tous les symptômes de la stomatite. Magitot, Colin, Laveran, Périer, Lebedinsky considèrent la stomatite ulcéro-membraneuse comme une stomatite liée à l'évolution de la dent de sagesse; mais les travaux de Bernheim et Popischill, Abel, Athanasiu, Carnot, Fournier ont démontré que la stomatite ulcéro-membraneuse est due à l'infection par les fuso-bacilles de Vincent. Les lésions inflammatoires de la muqueuse buccale ou bucco-pharyngienne se propagent aux ganglions sous-maxillaires (Piorry, Gouriet, Heydenreich, Contenau) et peuvent même provoquer des fusées purulentes vers la joue, vers la région cervicale. « Un bon nombre des adénites sous-maxillaires dont sont atteints les jeunes soldats, sont liées à l'évolution de la dent de sagesse. Si on n'a pas le soin d'examiner la cavité buccale, on croira avoiraffaire à une adénite idiopathique, ou, si le pus a mauvais aspect, à une adénite scrofuleuse » (Chevassu).

2° Déviations et lésions de la joue et de la langue. — La dent de sagesse, en faisant son éruption, peut présenter des vices de direction et se dévier en sens vestibulo-buccal, bucco-vestibulaire, médiodistant, disto-médian. D'après Comoy, Heydenreich, Arnulphy, Dieulafé et Herpin, les plus fréquentes sont les déviations en sens bucco-vestibulaire.

La couronne, par sa compression, va provoquer des lésions sur les muqueuses voisines, au niveau du pilier antérieur du voile, de la joue, de la langue. Tomes cite un cas oii la troisième molaire supérieure perçait la joue, la couronne était cachée sous les favoris et paraissait ne produire aucun inconvénient. Craigie, Oudet signalent chacun un cas de ce genre. Les simples ulcérations de la joue sont assez fréquentes.

La déviation en dedans est rare au maxillaire supérieur, fréquente au maxillaire inférieur; dans ces cas, la muqueuse linguale est irritée et s'ulcère ; il en résulte que les mouvements de la langue sont difficiles et la mastication douloureuse.

Ces ulcérations peuvent provoquer l'induration des régions avoisinantes et des tissus sous-jacents ; le gonflement des tissus du côté de la joue provoque une fluxion plus ou moins apparente. Ces ulcérations peuvent provoquer l'engorgement des ganglions sousmaxillaires.

Dans les déviations en sens disto-médian et médio-distant, la dent allant buter contre la deuxième molaire ou contre le bord antérieur de la branche montante du maxillaire inférieur, présente de très grandes difficultés dans son éruption ; il en résulte l'irritation du sac folliculaire et de la paroi alvéolaire dont la conséquence fréquente consistera en diverses variétés de lésions osseuses.

Par sa déviation en sens disto-médian, la dent de sagesse com-

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