‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 38 sur 154 · DENTAIRES · texte numérisé non relu

DENTAIRES

L'origine microbienne de la carie dentaire ne saurait être mise en doute aujourd'hui. Après que Magitot eut démontré que l'émail et l'ivoire des dents sont altérables par les acides et en particulier les acides organiques, les recherches des bactériologistes établirent qu'il n'existe pas de carie dentaire aseptique, autrement dit que dans toute carie on relève la présence de microorganismes.

Ces deux découvertes ont mis en lumière Tétiologie de la carie. Certains microbes, vivant dans la cavité buccale et trouvant dans les enduits saburraux et la substance organique des dents un milieu favorable à leur développement, donnent lieu à des fermentations acides, tels sont, par exemple : Mycoderma aceli, Bacillus lactis, Bacilliis amylobacle/% Bacleriiim coli, etc. qui produisent de Tacide lactique ; dans ces conditions ils attaquent les tissus denlaires et dissolvent leurs sels de chaux.

Les premiers chercheurs qui tentèrent l'étude bactériologique de la carie dentaire se heurtèrent à des difficultés considérables. Dans la bouche pullulent de nombreuses espèces microbiennes, ces espèces envahissent rapidement les caries ouvertes, si bien qu'on peut rencontrer dans les lésions tous les éléments de la flore buccale et qu'il devient dès lors impossible de déterminer le rôle qui revient à chaque microbe. Une autre cause d'erreur, qui contribua longtemps à égarer les recherches, fut la préoccupation de certains bactériologistes de trouver un microbe spécifique de la carie : opérant dans un milieu souillé par définition, utdisant des techniques peu rigoureuses, ces expérimentateurs, par la force des choses, arrivèrent à attribuer un rôle pathogène aux microbes les plus fréquemment rencontrés dans les ensemencements, microbes de signification banale pour la plupart. Il paraît démontré aujourd'hui qu'il n existe pas un microbe spécifique de la carie, cette affection devant être attribuée à la symbiose de plusieurs microbes, dont la jdupart sont anaérobies, susceptibles de vivre aux dépens de.la substance organique de la dent et d'y produire des acides.

Les premiers auteurs qui firent de la carie dentaire une affection microbienne furent Leber et Rottestein qui, dès 1868, incriminaient le Leptoihrix buccalis, et Schrott (jui décrivait dans les canalicules dentaires le Protococcus denialis. Après eux, Underwood et Miles, Miller, Galippe et \'ignal, ArUôvy, Zierler, Cook prouvèrent d'une faeon définitive l'origine microbienne des infections dentaires.

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