‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 39 sur 154 · MICROBKS DE LA CARIE ET DES INFECTIONS DENTAIRES · texte numérisé non relu

MICROBKS DE LA CARIE ET DES INFECTIONS DENTAIRES

Miller (l) décrit clans la denline malade six microbes : Coccus, Bacilles ou Spirilles, dont il désigne les cinq premiers sous les lettres a, fi, y, o, s. Le sixième est un bacille, Bacillus dentalis viridens, se développant sur gélatine et sur gélose en colorant en bleu vert le milieu de culture et se montrant très virulent pour le cobaye et la souris blanche. Dans la pulpe gangrenée, Miller rencontre plusieurs espèces microbiennes, appartenant à la flore normale de la bouche, mais possédant des propriétés pathogènes plus développées que dans la bouche saine: parmi ces espèces, il décrit le Bacillus pulpœ pijogenes, qui liquéfie la gélatine et produit des abcès gangreneux chez le rat.

Galippe et Vignal (2) arrivent à des conclusions analogues. Comme celle de Miller, leur technique prête à la critique. Ils nettoient le plus possible une dent cariée, la trempent dans l'alcool, la flambent, puis la brisent dans un étau après l'avoir enveloppée dans du papier filtre stérilisé; les fragments obtenus sont ensemencés en divers milieux, (jalippe et Vignal isolent ainsi dans la denline six espèces microbiennes mal déterminées, dont trois coagulent le lait en formant de l'acide lactique. Dans la pulpe enflammée, ils découvrent, outre ces espèces, un Bacille non classé, le Baclerium termo et le .S7f/phylococcus pijogenes aureiis.

Arkovy (3) fait porter ses recherches sur des abcès alvéolaires chroniques avec périostife,des gangrènes de la pulpe, des périosliles alvéolaires dilTusesetde vieilles obluralions de racines. Avec ce matériel il prépare des plaques d'isolement sur gélatine et sur gélose et arrive à identifier un grand nombre d'espèces microbiennes: Slaphijlococciis pyogenes, Streplococciis pijogenes, Bacillus pgocyaneus, Bacillus proleus vulgaris, Leptothrix, Sarcines diverses, Levures blanche et rose, Baclerium micoïdes roseum (4), Micrococcus lactericeus (5), Bacillus denlalis viridens (6), et surtout, dans 9') p. 100 des cas, un bacille (ju'il croit être spécifique de la pulpite, le Bacillus gangrenœ pulpœ, liquéfiant la gélatine, coagulant le lait, pathogène pour le lapin et la souris, et paraissant de voir être rapproché du ^oc///f/s proleus l'ulgaris. .Malheureusement, les recherches postérieures de Zierler(7), de (Joatll)y (8), de Sieberth (9) n'ont pas confirmé le rôle

(1) MiLLKR, Arch. f. expér. Palh. und Phar., t. XVI. — (Jeber die Caries der Zahne, Berlin, 18S4. — Die Microorg. dcr Mundiiohle.,Leipzi{î, 1802. — Denl.Cosmox, fév. J9()0.

(2) G.\LippE et VioNAL, C. li. de la Soc. de biol., 1889, n" 11.

(3) Arkovy, Centralbl. f. Hakt., 1893, p. 917 et 962. — In., 1901, p. 7 i5.

(4) Espèce décrite par SclioU (Scuoix, Forlsch. der Me.dic, 1889, p. iO) dans les milieux extérieurs. Non patiiojïène.

(5) Espèce décrite par Freund (Fiuîund, Thèse d'Erlanj^^er, 1893) ans la bouciie normale. Non pathogène.

6) Mii.i.ua, Voy. plus haut.

7) ZiERLER, Ce;i<r. /'. Bakl., t. XXVI, p. 417,

S) GoADBY, Journ. of Ihe Brit . Denl. Ass., oct. 1901. (9) Sii:nEHrii, Cité par .Arkovy, Cenlralh. /'. HaUt,, 1901, p. 755.

étiologique du bacille d'Arkôvy qui paraît devoir rentrer dans le groupe des Bacillus mesenlericiis, et n'être autre que le vulgaire Bacille de la pomme de terre.

Dès ce moment, Cook (l)et Goadby (2) reconnaissent que la carie dentaire est produite non par un microbe spécifique, mais par la collaboratioji de plusieurs espèces, dont les unes produisent des acides, les autres liquéfient le sérum du sang et dissolvent la denline, les troisièmes enfin produisent des pigments et donnent aux parties atteintes leur coloration caractéristique.

D'après Goadby, les microbes donnant des fermentations acides dans les caries dentaires sont : Streptococcus brevis; Bacillus neci-odentalis (espèce nouvelle) ; Sarcina alba, aurantiaca, lutea ; Slaphylococcus pyogenes. Les microbes attaquant la dentine sont ; Bacillus mesenlericus, Bacillus fuscus (espèce nouvelle), Gelber Bacillus (espèce nouvelle paraissant identique au Bacillus pulpœ pyogenes de Miller), Bacillus liquefaciens mobilis. Les microbes chromogènes devraient être rattachés au Bacillus gangrenœ pulpœ d'Arkôvy, et par conséquent aux variétés chromogèiies du Bacillus mesenlericus, au Bacillus fuscus (espèce nouvelle) et au Gelber Bacillus.

A cette liste il convient d'ajouter le Bacille fusiforme de Vincent dont la présence est constante à l'intérieur des dents cariées (Miihlens, loc. cit.).

Choquet (3) se place dans des conditions beaucoup plus rigoureuses; il ensemence dans un milieu spécial, de composition analogue à celle de la dent, le matériel recueilli sous des plombages. Il arrive ainsi à établir définitivement qu'il n'existe pas de microbe spécifique de la carie dentaire et que les espèces que l'on rencontre dans les infections dentaires vivent h l'état normal dans la cavité buccale.

Devant les difficultés liées à l'étude de la carie, difficultés résultant principalement du fait de l'invasion secondaire de la dent malade par les innombrables saprophytes qui pullulent dans la bouche, Monier (4) imagine de prendre le problème à rebours : dans lespériostites, abcès, phlegmons d'origine dentaire, on doit trouver les

(1) Cook, The Dental Review, 1899, n» 7.

(2) GoAUDY, Transact. of the Oclonl. Sociely, 1S99. — Joiirii. of llie Bril. Dent. Assoc, J901.

(3) Choqvet, Con;;rès dentaire, 1900. — Dent. Cosmos, cet. 1900.

Les milieux de culture préconisés par Choquet ont la composition suivante :

: Macération de viande de bœuf 500 cent, cubes.

j I Gélatine extra 35 grammes.

' i Peptone Chapoteaut 5 —

\ Glycérophosphate de chaux 5 —

/ Macération de viande de bœuf 500 cent, cubes.

l Gélatine 35 grammes.

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