I. - ASYMÉTRIE FACIALE
Asymétrie normale. — L'asymétrie du corps humain est un fait normal : chez tous les sujets, même les plus parfaits dans l'harmonie des proportions, il est un côté du corps qui prédomine sur l'autre. Les systèmes osseux et musculaire sont surtout intéressés dans ces différences ; les sujets sont le plus souvent droitiers, quelquefois gauchers, et il existe rarement une égalité absolue au point de vue de la force musculaire et de l'habileté fonctionnelle entre les deux côtés, droit et gauche. Les différences se manifestent aussi dans le système nerveux, dans l'appareil vasculaire, dans les organes des sens. C'est ainsi que, d'après Van Biervliet, l'acuité visuelle et l'acuité auditive, chez le droitier, sont plus intenses à droite qu'à gauche ; c'est l'inverse chez le gaucher.
L'asymétrie qui existe au niveau de toutes les parties du corps est indiquée, aussi, sur le crâne et la face. Cette asymétrie normale, peu visible, n'est pas choquante à loeil et se retrouve dans les types les plus divers de beauté. Il y a, dans la définition même de la beauté, une question d'harmonie entre les divers traits du visage ; l'asymétrie normale ne dépare pas cette harmonie. Un des beaux types de la statuaire antique, la Vénus de Milo, présente une asymétrie, nettement marquée, du visage. Dans de nombreuses œuvres d'art l'asymétrie n'échappe pas à l'œil, elle paraît même recherchée des artistes qui évitent, souvent, de peindre leurs sujets de face et, par des elïets de trois quarts, figurent des traits inégaux et pourtant harmoniques. D'après Liebreich, les artistes, en agissant ainsi, auraient une tendance volontaire à effacer le côté normalement plus
(1) Les malformations et anomalies des dents forment un article spécial, plus loin, dans le même volume.
ASYMETRIE FACIALE.
petit. Seuls, les peintres qui idéalisent leur modèle, représentent la figure exactement symétrique. L'asymétrie est surtout marquée au niveau des os malaires et des maxillaires supérieurs ; la partie inférieure du visage est moins influencée par ces différences. On les met en évidence par des mensurations à Taide de divers appareils craniométriques. Hasse en a démontré la réalité en incluant les photographies de divers types dans un quadrillé dont une des lignes verticales passe exactement par le milieu du visage ; on peut ainsi, par
Fij;. "ri. — Ilénii-atropliio. PrOf;natliismc avec aplalissemeni latéral de la face.
le nombre des carrés situés de chaque côté, apprécier les difl'érences entre les deux côtés.
Hémi-atrophie faciale. — Un degré de plus dans l'asymétrie et, de normale, elle devient pathologique. Assez accusée pour ne pas échappera l'œil le moins exercé, elle constitue un des stigmates de dégénérescence étudiés par les psychologues et les aliénisles. Seule ou combinée avec l'asymétrie crânienne, elle détruit l'hai'monie des traits du visage et, devenue apparente pour le clinicien, elle prend place dans le cadre sémioIogi(|ue, déjù si vaste, des dystrophies héréditaires.
L'asymétrie laciale consistant dan s la rc'duction d'une des moilit'sdu visage, la gauche généralement, estsurtout fréquenleche/. les di'géni'rés inférieurs et plus particulièrement chez lesdégénérés épi leplicjues.
D'après Lasègue, l'épilepsie essentielle ne serait pas une maladie, mais une infirmité se rattachant aune malformation ou à un vice de consolidation des os qui forment le plancher de la base du crâne, et celte malformation se reconnaîtrait, pendant la vie, aux caractères suivants : saillies frontale et malaire, rotation de la face, déviation de la ligne osseuse du palais, qui est oblique au lieu d'être perpendiculaire à Taxe du corps.
Garel a fait, à ce sujet, des recherches comparatives sur des sujets, les uns épileptiques, les autres sains : il a trouvé une asymétrie
Fig-. 73. — Hémi-hypertrophie faciale (Passauer).
faciale bien marquée chez 55,31 p. 100 des premiers et chez ■40,42 p. 100 des seconds. Le peu de différence entre ces deux chiffres diminue la valeur diagnostique accordée à ce signe par Lasègue. De son côté, Féré a trouvé l'asymétrie chez 71p. 100 de sujets épileptiques et chez 55 p. 100 de malades nerveux non épileptiques. Il y a là une notion importante : c'est que chez les sujets atteints d'affections nerveuses, l'asymétrie se trouve dans une très grande proportion. Galippe l'indique parmi les stigmates de dégénérescence dans les familles souveraines; un beau type en est donné figure 7*2 .
Lombroso a signalé l'asymétrie du crâne et de la face au nombre