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MALFORMATIONS DE LA BOUCHE

visage était le siège d'une hémi-hypertrophie que nous avons signalée comme typique (fig. 86).

On a fait jouer un grand rôle, dans lapathogénie des hypertrophies congénitales, à des dilatations du système lymphatique revêtant le caractère de lymphangiomes. Nous avons déjà vu ce fait à propos des hémi-hypertrophies, de lamacrocheilie, de lamacroglossie.il existe aussi, auniveaudesjoues,destumeurscongénitalesconstituées par des éléments vasculaires entremêlés à du tissu adipeux, ce sont desangiolipomes (fig. 87) ; bilatérales, elles donnent à la physionomie un

Fig. se. — Fibro-lipome de la joue (Le Deiitu).

Fig. 8". — Angio-lipome de la joue (Sultan).

aspect spécial : les joues, arrondies, à surface lisse, font une saillie exagérée par rapport aux éléments de la ligne médiane, et ceux-ci paraissent trop petits pour lensemble du visage. Dans un cas de Lannelongue, la malformation coexistait avec des taches vasculaires du front et du cuir chevelu.

Ang-iomes. — Un grand nombre d'angiomes sont congénitaux. Virchow, les ayant vus se développer sur le trajet des fentes embryonnaires, les a appelés angiomes fissuraiix.

Par angiome, il faut entendre la production accidentelle, la dilatation et la multiplicité des vaisseaux intermédiaires aux artères et aux veines. Leurfréquence auniveau des arcs branchiaux relève de la fréquence générale des néoformations en ces territoires. Ces tumeurs coexistent quelquefois avec lebec-de-Iièvre (Lannelongue, deBovis). Les taches vasculaires, les tumeurs érectiles sont systématisées à certaines zones. Lamy, au niveau de la face, distingue les territoiresfrontal, maxillaire supérieur, maxillaire inférieur.

TUMEURS CONGENITALES.

On peut voir des taches cutanées ou muqueuses, uniques ou multiples, punctiformes ou très étendues. Leur coloration Avarie du rouge vif au rouge lie de vin.

Ou bien ce sont des tumeurs cutanées ou sous-cutanées, ou développées dans des organes profonds, fréquemment dans la langue, qui font un relief plus ou moins marqué, sont molles, partiellement réductibles, et turgescentes sous Tinfluence des efforts.

Les deux ordres de lésions peuvent coexister.

Elles sont unilatérales ou bilatérales, dans ce cas symétriques.

On voit des tumeurs érectiles des joues, étendues à la région parotidienne etauxlèvres (Péan, Lann6longue,Lamy), pouvant même intéresser la langue (Lamy), des tu-

meurs de la région du massif maxillaire supérieur (Péan, Widal), de la région du massif maxillaire inférieur (Virchow, Peyrot, Lannelongue).

Dans la plupart des angiomes (Virchow, collection Péan) les lésions siégeaient à gauche ; dans un cas de Widal, à droite.

Nous avons vu deux cas d'angiome difliis cutané siégeant sur le côté gauche du visage et étendus à tout le territoire maxillaire inférieur, depuis la lèvre jusqu'au pavillon de Toreille (fig. S8)-

Les lésions étaient bilatérales et symétriques dans des cas de Lannelongue, Lamy.

Les angiomes disposés sous forme de tumeur circonscrite peuvent être extirpés ou traités par rélectrolysc ; les angiomes dilfus éciiappentà toute thérapeutique. Les uns et les autres ont été heureusement traités par le radium.

l*olyg:naUiic. — La théorie de la diplogenèse apjdiquée par E. Geoffroy Saint-Hilaire à l'explication pathogénique des kystes dermoïdes conduisit cet auteur à faire renli-er dans la même catégorie de monstres doubles des cas de tumeur kyslitpu^ dont le contenu

. — Angiome diflus dans le territoire du maxillaire inférieur du côté K^auche.

152 DIEULAFE ET HERPIN.

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