‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 64 sur 154 · MALKORMATIO>S DE LA BOUCHE · texte numérisé non relu

MALKORMATIO>S DE LA BOUCHE

D'après Haug, les fissures labio-alvéolo-palalines unilatérales existent dans 40,7 pour 100 des cas (sur 555 cas de fissures faciales) et on les trouve 3 fois sur 4 du côté gauche ; la fréquence des fissures bilatérales correspond 15p. 100.

Lake, Law ont observé 1 hypertrophie des cornels inférieurs venant, en partie, combler les fissures palatines.

Toute la muqueuse nasale est le siège dune inflammation chronique qui peut même se propager à la trompe d'Eustache ; là les lésions vont depuis la simple obstruction jusqu'à l'otite sclérosante.

Les tumeurs faisant sailliedans la cavité buccale coïncident avec le bec-de-lièvre dans les cas de Broca, Cnops.

Une bride amniotique est en relation avec l'existence d'une fissure palatine oblique, fissure qui ne suit la direction d'aucune ligne de

Fig. 124. — Fissure congénitale du palais, inlermaxillaire en gris (Warynski).

Fiff. 123. — Tubercule médian à quatre incisives (Musée Dupuytren, no

suture normale et qui s'accompagne de colobomes, en relation, eux aussi, avec des adhérences de l'amnios (Chavasse, fig. 122).

Des malformations graves : absence des cavités orbitaires et des yeux (Ahlfeld), occlusion dune fente palpébrale, encéphalocèle

(Haushaller et Briquel) viennent compliquer parfois le bec-delièvre. Dans le cas d'Ahlfed (fig. 1:23), il s'agit d'une gueule de loup très complexe.

Relations des fissures avec le système dentaire. — Nous n'avons à nous occuper ici que des fissures latérales; pour les fissures médianes, la position de la fente entre les deux moitiés de l'arcade dentaire ne prête à aucune discussion.

Il faut remonter à la notion de l'existence d'un os intermaxillaire chez l'homme. Déjà indiquée par Albinus, Nesmitt, Vicqd'Azyr, cette notion fut définitivement acquise après les mémorables travaux de

Fig. 126. — Tubercule médian à deux incisives, absence des incisives latérales (Musée Dupuytren, n° 1) (d'après A. Broca).

Gœthe ; elle ne fut pourtant pas admise universellement et des controverses s'élevèrent à ce pi'opos : les recherches de Robin etlMagitot, Rambaud et Renault, Ilamy, Albrechl, Biondi, W'arynski oui résolu la (piestion en sens positif.

Supposons un dél'aut de soudure entre l'intermaxillaire et lun des maxillaires et nous avons une fissure unilatérale, entre l'intermaxillaire et les deux maxillaires, ce sera la fissure bilatérale. Telle est la théorie de Gœthe sur la pathogénie du bec-de-lièvre, théorie à laquelle les recherches embryologiques de Coste donnent l'appui d'une base scientificpie. La fissure, dans ce cas, passe entre l'incisive latérale et la canine (fig. 1"24). C'est le cas le plus fréquent, dit 1. Geoffroy Saint-IIilaire, cependani dans les diverses statistiques, il figure presque comme une rareté.

Déjà depuis longtemps on connaissait des observations de tissures alvéolaires passant entre les deux incisives (Lafaye, Autenrieth, Meckel, Leuckart, Nicati, Mirault, Désormeaux, I. GeotVroy Saint- Hilaire, Salter, Volkmann, Hamy), Et à la constatation du siège de cette fissure se rattache l'idée de la duplication de l'intermaxillaire; elle fut considérée comnu^ rare par Sœmmering, Hosenmidler.Go'the,

admise au contraire comme la disposition normale par Leiickarl. C'est entre les deux portions de lintermaxillaire que passerait le plus fréquemment la fissure, d'après Albrecht. Biondi, Warynski. Albrechl s'est attaché à démontrer la fréquence de cesfissures passant entre les deux incisives. Auguste Broca,par Tensemble de ses remarquables travaux, arrive aux mêmes conclusions et confirme en tous

Fijr. 127. Fig. 128.

Fig. 127 et 128. — Fig. 127. Bec-de-lièvre, type tétraprodonte; Fig. 128. Bec-delièvre, type hexaprodonte.

points la théorie dAlbrechl : ■< Si à mes cinquante-huit pièces personnelles je joins les cinquante-deux de Th. Kœlliker, adversaire pourtant de la doctrine nouvelle, je trouve que Tincisive précanine borde 73 fois sur 100 la fissure, que 21 pièces sont indifférentes ou insuffisantes, que 7 fois seulement l'incisive précanine est absente, la fissure passant entre la deuxième incisive et la

canine. »

Les observations de Biondi, Ehrhardt, Lannelongue, Potocki. Sabouraud, Sachs, Turner, ^'o!kmann relatent le même fait.

Dans les diverses statistiques (Voy. Tableau de la page 171) la fréquence des fissures comprises entre deux incisives est très grande; mais dans bien des cas il existe une, deux ou plus d'incisives supplémentaires, et on trouve une incisive, l'incisive précanine, en dehors de la fissure (fig. 125).

La fissure peut entamer plus ou moins l'alvéole de l'incisive latérale ou même dédoubler le germe de cette dent (Warynski,

Fig. 129 et 130. — Schéma des fissures palatines latérale et médiane.

C, cloison des fosses nasales ; PP', moitiés de la voûte palatine.

Cavalié) ; sur la figure 124, on voit un léger sillon aboutissant à Talvéole de l'incisive latérale.

Lorsque la fissure est double et isole sur la ligne médiane un tubercule osseux, on peut voir, selon la disposition de la fissure, plusieurs types se présenter : 1° interraaxillaire entièrement isolé et contenant quatre incisives, deux de chaque côté de la ligne médiane (fig. 1"24); 2° intermaxillaire divisé en deux parties, une interne adjacente à celle du côté opposé et formant avec celle-ci le tubercule médian, l'autre adjacente au maxillaire supérieur: avec cette disposition, deux cas peuvent se présenter: A. le tubercule médian contient deux incisives ; B. le tubercule contient quatre incisives. Dans le type A, la dentition est normale, c'est le type tétraprodonte ; dans le type B, existent deux incisives supplémentaires, une de chaque côté, c'est le type hexaprodonte, type de rappel atavique (fig. 127 et 128).

L'incisive latérale peut faire défaut et la fente passe

SIKGE DE LA FISSUHE.

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