‹ Traité de stomatologie (volume 5)Chapitre 79 sur 154 · Au-dessous d'un mois, à 6 p · texte numérisé non relu

Au-dessous d'un mois, à 6 p

c. Entre quatre et quinze mois, à 3,84 p. 100. Enfin entre six et trente ans sur 49 opérations, la mortalité est 0.

Faut-il pour cela opérer entre six et trente ans? Non. Et ces statistiques ne peuvent résoudre le problème.

Il est un facteur dont elles ne tiennent pas suffisamment compte. C'est la mortalité très grande des enfants ayant un bec-de-lièvre et qui ne sont pas opérés. Elle est beaucoup plus considérable que la moyenne de la mortalité chez les enfants du même âge. D'après le relevé fait par Frôbelius à la Maternité de Saint-Pétersbourg, tous les enfants atteints de bec-de-lièvre compliqué non opérés sont morts.

De sorte que les opérations très précoces supportent une mortalité dont elles ne sont pas responsables ; car elles s'adressent à des enfants débiles, marqués d'avance pour le trépas. Inversement, ces opérations arrachent à la mort des enfants qui, non opérés, eussent fatalement succombé. Elles permettent en effet à ces nourrissons de s'alimenter normalement. Et en fermant la brèche des lèvres, et en obturant la communication naso-buccale, elles préviennent chez eux les complications infectieuses, si souvent mortelles.

Sans doute, les partisans des opérations retardées prétendent qu'en opérant de bonne heure, on expose les enfants au shock opératoire, aux hémorragies, aux complications infectieuses du poumon et de l'intestin.

En réalité, les chirurgiens modernes redoutent très peu ces accidents. D'après Kônig, par exemple, jamais un nouveau-né, convenablement opéré, ne meurt d'hémorragie, et ceux (jui succombent aux infections viscérales sont exceptionnels.

En Angleterre et en Amérique, Lane, Sloker, Brophy partagent la même opinion.

En France, notre maître Aug. Broca est devenu interventionniste de plus en plus précoce.

En 1898, il opérait les becs-dc-lièvre simples dès les premiers jours après la naissance, mais il ne s'opposait pas à ce qu'on attende au troisième mois.

Ouand de grands décollements étaient nécessaires, il attendait de trois à six mois. Enfin \)o\w les cas compliqués il attendait de trois à six mois chez les cnfanis bien soignés dans leur famille; mais pour les enfants hosi)ilalisés, guettés par la broncho-pneumonie, il attendait plus lard.

Actuellement il esl partisan des opérations faites dès la naissance, ou immédiatement après la naissance. Et pour les cas complexes et compliqués, quand il faut détruire les adhérences, faire de larges débridements, abattre le promontoire, refouler le tubercule médian, il opère dès le troisième mois.

Actuellement la vogue est donc aux opérations précoces. Les dangers qui tiennent à Tinfection sont facilement évités : les hémorragies sont assez insignifiantes grâce à l'hémostase préventive. Mais encore faut-il considérer que toutes les opérations de bec-de-lièvre n'ont pas la même importance ni la même facilité et que leur pronostic ne saurait être égal.

Il faut donc faire une distinction entre les différents cas et Ton ne saurait comparer la gravité d'un bec-de-lièvre unilatéral et celle d'un bec-de-lièvre double compliqué de fente alvéolaire avec saillie de l'os intermaxillaire.

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