I - c - nnn -m - = 44 dents
Lorsque les incisives sont inlV-rieures à ce chiffre, c'est que l'une de celles des extrémités fait défaut. De sorte que, d'après Tomes, s'il n'y a qu'une incisive c'est la deuxième; s'il y en a deux, ce sont les première et deuxième. Mais il y a des exceptions à cette règle.
DIEULAFE ET HERPIN,
Dans les cas de bec-de-lièvre, chez l'homme, l'incisive supplémentaire serait la troisième incisive d'après Th. Koelliker, la deuxième d'après Albrecht.
Dans les cas de diminution des prémolaires, ces dents manquent à partir de l'extrémité antérieure de la série ; mais là aussi il existe des exceptions.
Les divers mammifères s'éloignent plus ou moins de la formule typique et dans la même classe d'animaux, la formule dentaire revêt des caractères variés :
Marsupiaux : I - c - prm -
Ongulés
Proboscidiens.
Carnassiers .
Insectivores
Cheval : I - c - nrm - m -.
Tapir : I - c - prm - m -.
Rhinocéros : l - c - prm - m -.
Cochon : I - c - prm - m - 3 1 -* 3 3
Hippopotame : I - c - jjrm - m - .
Mouton, bœuf : I - c - prm - m -.
Chameau : I - c - prm - m -.
Hyran : I - c - prm - m - .
Mastodonte : 1 - c - prm - m o- 10'' 2 3
Eléphant : I - c - prm - m -.
Amphycyon (animal disparu) : I - c - prm -
Chien : I - c - prm - 3 1 -* 4
[Civette : I
prm - m
Hvène : I - c - prm - m - .
Tisre, lion : l - c - prm - m -.
Ours : I - c - jirm - m - .
\ Phoque : 1 - c - prm - m -.
^ Hérisson : I - c - prm - "i -■ 2 1 2 3 / Chauve-souris : I - c - prm - m -. 1 2 1 ■ ' «J
Primates
Singes Platyrrhiniens : I - c - prin - m -.
Singes marnions '• I - c - prin - m -.
Singe macaque : I - c - prm -m-.
\ Homme : I - c -prm - ni -.
L'examen de ces diverses formules nous montre que de la formule de Tarchétype primitif à celle de Thomme adulte existe toute une série d'intermédi- ^-,
aires a caractères variés. On s'explique ainsi comment, par réversion, riiomme peut présenter une diminution numérique des incisives, canines, molaires, une augmentation numérique des incisives, prémolaires et molaires.
Quant aux groupes irréguliers et nomljreux de dents surnuméraires, ils s'expliquent par un phénomène réversif plus accentué, par un retour de la dent h la forme conoïde des animaux homodontes et par un retour de la formule à la polyphyodontie primitive.
Les variations numériques et volumétriques des dents sont, chez les divers animaux, en corrélation de développement avec d'autres appareils, en particulier le système tégumentaire. C'est ainsi que lorsque, chez un animal, les cornes sont développées, les canines sont absentes. Deux espèces d'armes de combat ne se développent pas chez un môme animal (Tomes).
Les caractères anormaux de la peau des édeiilés, des baleines,
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Fig. 188. — Donl surnuméraire entre les première et deuxième molaires inférieures droites (Preiswerk).
250 DIEULAFE ET HERPIX. — ANOMALIES DES DENTS.
coïncident avec des dispositions très particulières du système dentaire.
Darwin a observé un grand nombre de rapports curieux entre les poils et les dents. Une race de chiens de Turquie est presque glabre et a ses dents réduites à une seule molaire de chaque côté et à des incisives irrégulières.
Magitot, chez l'homme, rapporte un certain nombre de faits:
« Sedwick, dès 1833, avait cité des cas de calvitie héréditaire accompagnés d'un défaut partiel ou total des dents, et il remarqua d'autre part, que la reproduction plus ou moins tardive des cheveux s'accompagnait chez certains individus d'un renouvellement des dents. Toutefois, ces assertions ne s'appuient pas sur des détails suffisants pour offrir les garanties d'une observation rigoureuse ; nous ne nous y arrêterons pas. Ce qui paraît bien établi, c'est la corrélation chez certaines races, comme les nègres et les ainos, par exemple, entre l'abondance des poils et le volume des pièces du système dentaire, mais ce serait là un caractère purement ethnologique.
Enfin nous arrivons à ces rapports de Tordre essentiellement tératologique chez l'homme. Il en existe plusieurs exemples. Le premier a été observé et décrit par Crowfurd en 1824, dans la ville d'Ava. C'était un homme de trente ans, nommé Shwe Maong, né dans le Laos. Il avait la taille de cinq pieds trois pouces, c'est-àdire celle qui est ordinaire aux Birmans. Tout le corps, les pieds et les mains exceptés, était couvert d'un poil soyeux et doux, qui, sur certaines parties, atteignait une longueur de cinq pouces. Il était d'une apparence délicate, bien que d'une bonne santé. Son intelligence était moyenne. A sa naissance, ses oreilles seules étaient velues et les poils avaient peu à peu envahi toute la surface du visage et du corps. Cette toison n'était soumise à aucune chute périodique ou mue appréciable. Ses dents de lait, dont le nombre n'est pas indiqué, ne seraient tombées qu'à lâge de vingt ans, elles furent alors remplacées par un nombre très restreint de dents permanentes, quatre incisives et une canine à la mâchoire supérieure et, à l'inférieure, quatre incisives seulement. Il ne présentait pas trace de molaire. Les dents étaient d'ailleurs saines et déjà réduites de volume par usure.
Cet homme marié à une femme normale eut quatre enfants dont deux moururent: des deux autres, une fillette ressemblant à sa mère, eut une dentition normale : l'autre, fille aussi, commença à se couvrir de poils à partir de l'âge de deux ans et ne présenta que les deux incisives à chaque maxillaire. Cette dernière fille se maria avec un homme normal, elle eut un garçon qui déjà à l'âge de quatorze mois était pourvu de barbe et de moustache.
Darwin rapporte un autre fait, en opposition avec les précédents.
VARIATIONS DE VOLUME. 251
<( C'est celui d'une certaine danseuse espagnole, Julia Pastrana qui, avec un développement considérable de poils, présentait une double rangée de dents à chaque mâchoire. »
Lombroso cite le fait d'une fille de douze ans, Teresa Gambardella, qui avait de la barbe et des moustaches et présentait cinq incisives à chaque mâchoire et deux molaires inférieures de forme globuleuse et sans émail.
Deux autres individus ont été observés par Magitot. Koslroma, âgé de cinquante-cinq ans, a le visage presque entièrement couvert de poils soyeux et doux, il présente à la mâchoire inférieure quatre incisives, pas de canines, ni de molaires ; à la mâchoire supérieure il n'y a qu'une incisive.
Un enfant de trois ans, fils du précédent sujet, offre les mêmes dispositions de poils à la surface du visage, il n'a que quatre incisives inférieures.
Ces divers faits montrent les relations entre les systèmes dentaire et pileux.