C.-J. KŒNIG
Oto-rhiiio-Iaryngolo^'iste de l'Hôpital américain de Paris.
Si on laisse de côté les atïeclions microbiennes de la bouche (diverses formes de stomatite, lupus, etc.) qui peuvent, par propagation en surface ou en continuité, atteindre l'oreille en passant par le pharynx buccal ou nasal et la trompe d'Eustache, et qui relèvent plutôt de la pathologie naso-pharyngienne, il ne reste que les affections qui peuvent l'atteindre par propagation en profondeur ou contiguïté et les douleurs névralgiformes ou névralgiques de nature réflexe.
Les auristes sont en etTet souvent consultés par des ma-lades qui se plaignent de souffrir de l'oreille, et, quand ils les examinent, ils ne trouvent ni un bouchon de cérumen, ni de la congestion du tympan, ni la rétraction de ce dernier, qui a une apparence tout à fait normale. D'ailleurs l'audition est intacte, la montre et la voixchuchotée étant entendues à une distance normale. Inutile de s'attarder plus longtemps à l'oreille, et il ne reste que deux possibilités : il s'agit soit de névralgie essentielle, soit de douleurs réflexes. La gorge, la bouche, le larynx sont souvent le point de départ de ce réflexe. En effet, ne voit-on pas souvent les malades atteints de tuberculose ou de cancer du larynx se plaindre de douleurs lancinantes dans loreille ?
Quel est le mécanisme des réflexes qui nous intéressent, ou, en d'autrestermes,quellessont les voies anaslomotiquesentrelesystème nerveux de la bouche et des dents et celui de l'oreille.
Anatomiquement il faudrait diviser l'oreille au point de vue de l'aboutissant du réflexe en trois zones : profonde, moyenne et superficielle. La profonde correspondrait au pavillon de la trompe d'Eustache et à la muqueuse avoisinante; la moyenne à la trompe d'Eustache, l'oreille moyenne et le tympan, les cellules mastoïdiennes ; la superficielle au conduit auditif externe, le pavillon de l'oreille et les parties avoisinantes (tragus, jointure temporo-maxillaire, glande parotide, etc.). Il est évident aussi que le réflexe peut aboutir à plusieurs zones simultanément.