‹ Traité de stylistique française (volume 2)Chapitre 3 sur 168 · Chapitre · texte numérisé non relu

Chapitre

Les Mots et leurs éléments.

Rapprochements étymologiques et sens fondamental

des mots.

(SF. § 35.) Les couples de mots réunis ci-dessous présentent, dans leur signification, des ressemblances et des différences; le but de cet exercice est de montrer que ces différences ne s'expliquent pas par l'étymologie.

Exercice 1.

Mois ayant le même radical et ne différant que par le

préfixe ou le suffixe. Comparer entre eux, dans chaque couple

d' exemples f ces préfixes ou suffixes, et montrer qu'ils n'expliquent

pas la différence de sens.

Bail y, Traité de stylistique firançalse. II. 1

2 Première Partie.

La prolongation d'un congé: le prolongement d'une vue. — Un serpent venimeux: une plante vénéneuse. — Une raffinerie de sucre : un raffinement de cruauté. — Un déchiretnent de cœur: une déchirure à un habit. — Le départ d'un paquebot: un paquebot en partance. — D'étroits embraàsements: de frivoles embrassades. — Prolonger un congé: allonger un habit. — Une question peut être complexe sans être compliquée. — Tout chanteur n'est pas chantre. — Le trajet de Paris à Bordeaux: la trujectoire d'un obus. — Prix modique: plaisirs modérés. — Créer un précédent: connaître les antécédents de qn. — \j inclinaison d'un toit: un mariage à' inclination. — Un petit bourg s'appelle une bourgade.

— Le péché originel: une plante originaire d'Amérique: le texte original d'un ouvrage. — Un appartement luxueux: une végétation luxuriante. — Une pluie continue: une pluie continuelle. — La rive d'un fleuve: le rivage de la mer.

— Un caractère fantasque: un conte fantastique. — Le complément circonstanciel d'un verbe : des détails circonstanciés.

— Ma montre retarde: il tarde à venir. — Le fait &^ estimer un objet, c'est son ... : le fait d'estimer qn, c'est l'. . . . qu'on a pour lui. — La justesse du coup d'œil : la justice divine. — Un enfant menteur: un récit mensonger. — Une collecte pour les pauvres j une collection de papillons. — Une session d'une assemblée comprend plusieurs séances. — Une douleur oppresse: un tyran opprime ses sujets. — Je ne l'ai pas fait exprès: on me l'a ordonné expressément. — La damnation étemelle : la condamnation d'un criminel. — Un lavement : un lavage. — La verdeur de l'âge : la verdure des prés. — Une troupe d'enfants : un troupeau de bœufs. — Les caractères physiques: les foncûons physiologiques. — Se vouer à la médecine: se dévouer pour ses malades. — Les convenances morales ne sont souvent que des conventions sociales. — Jeûner et faire abstinence: Vabstention d'un électeur. — Mourir sans laisser de postérité: postériorité de date.

Mots se rattachant par leur forme à des mots plus

Délimitation des faits d'expression. 3

simples de la même famille, mais en différant par un trait essentiel de leur signification. Trouver cette différence.

On peut traverser la B^rance; mais fait-on la traversée de la France? — Hache-i-oi\ des épinards avec une hache? — On peut différer d'avis avec quelqu'un sans avoir un différend avec lui. — Autrefois, est-ce une autre fois? — Altérer, estce simplement rendre autre? — Comparez voler et une femme volage. — Égarer son porte-monnaie: V égarement des sens. — Avoir le (;œur haut: avoir un caractère hautain. — Comparez ^vaquer à ses occupations» et lat. vacare («avoir du loisir»). — Dit-on indifféremment qu'un remède produit un effet instantané ou un effet momentané'^

Mots ayant des radicaux différents; d'après leurétymologie, Us devraient avoir des significations analogues; chercher cette étymologie et montrer qu'elle n'explique pas pourquoi ces mots sont actuellement séparés par le sens.

Le patriotisme ne se confond pas avec le nationalisme, -r On peut vérifier un compte sans avoir besoin de le rectifier. — Une voix enfantine: une remarque puérile. — Un voiturier fait-il des voitures et le charron des chars comme le carrossier fait des carrosses ? — Une démarche assurée : une allure rapide. — Une docte assemblée: un savant mémoire (lequel est ironique?). — Un captif: un prisonnier (lequel appartient à la langue littéraire?). — Les sept merveilles du monde: les miracles de Jésus-Christ. — Uadresse d'un chasseur: la dextérité d'un jongleur. — Une aventure inénarrable: une beauté inexprimable: un bonheur ineffable.

NB. — Voir aussi les exercices 98 et 99.

Le sens s'est spécialisé par une sorte de condensation (cf. SF. § 265), c. à d. que le m^t a qbsorbé en lui le sens de tout le groupe de mots dont il faisait partie; c'est ainsi qu'on peut dire: <tFair€ une déclaration à ime femme-» au lieu

4 ' Première Partie.

de <une déclaration d'amour», et <^La demande doit être faite au père de la jeune filles, pour <la demande en mariage». La spécialisation ou condensation de sens est un type parfait d^étymologie insuffisante, car la partie caractéristique dti mot se trouve en dehors de lui-même et sous-entendue.

Les contextes suivants sont disposés par couples, de façon à montrer côte à côte un sens spécialisé et un sens général du même mot (ou de deux mots de la même famille). Donner la définition complète du mot à sens «spécialisé».

Donner sa parole à qn: une bonne parole. — Subir une opération: suivre les opérations d'une armée. — Les ordonnances de police: les ordonnances sont exécutées par le pharmacien. — La santé est le plus grand des biens: demander un congé pour cause de santé: avoir une mauvaise santé. — Les qualités et les défauts: les bonnes et les mauvaises qualités. — Prendre un lavement: se laver les mains. — La récolte a été bonne: recueillir des informations. — U exécution d'un condamné: V exécution d*un ordre. — Une pièce en cinq actes: une pièce de bois: artilleurs, à vos pièces! — Les couches d'une femme: se coucJier à dix heures : se coucher sur le côté droit. — Une table de bois: une tablée de dix personnes. ~ Enterrer un trésor : V enterrement aura lieu à cinq heures. — Il a de la chance: la mauvaise chance le poursuit. — Ce livre a fait fortune: la bonne et la mauvaise fortune. — Un parvenu: parvenir à son but. — Un homme heureux: un homme malheureux (cf. le bonheur: le malheur). — Une potion calmante: de l'eau potable. — Ils se sont donné le m^ot: un mot difficile à prononcer. — Uâge éteint le feu des passions: un enfant en bas âge. — Déterminer la valeur d'un produit: un écrivain de valeur. — Être de mauvaise humeur: avoir de Vhumeur.

Écart étymologique et contact sémantique.

(SF. § 35.) Contre-partie du phénomène décrit plus haut (pp. 1 et suiv.); des mots conservent un rapport sémantique spontané malgré les différences de forme qui les séparent.

Délimitation des faits d'expression. 5

Exercice 2.

Trouver les mots j'épondant aux définitions suioantes:

Un homme qui agit beaucoup est un homme ... — Un objet qui a du poids est . . . — Les dieux de V enfer ; la voûte du ciel; celui qui p'otège; l'action de maudire, de bénir; faire pénétrer de Vair dans une chambre; celui qui prêche, action de prêcher, etc.

UB. — Comme les meilleurs exemples de ce phénomène sont fournis par les noms d'action qui accompagnent les verbes (détruire : destruction), les noms d'agent (détruire : destructeur) et les noms de qualité accompagnant les adjectifs (chaud : chaleur), nous renvoyons aux exercices 15—18, où l'on fera les mêmes observations sur des exemples très nombreux.

Préfixes et suffixes.

(Composés et dérivés.) ' (SF. §§ 41-43.) L'étude des préfixes et suffixes se résume pour nous en deux questions:

1. Le préfixe ou le suffixe a-t-il un sens analysable et distinct de celui du reste du mot ?

2. Le composé ou le dérivé est-il relié spontanément à un ou plusieurs mots de la même famille étymologique?

On peut faire des recherches complètes sur ces sujets par des moyens très simples: il suffit de posséder la liste des éléments formatifs (préfixes et suffixes), puis de consulter, pour les préfixes, un dictionnaire alphabétique, pour les suffixes, un dictionnaire des rimes, par exemple celui de Quitard.

Pour se rendre compte de la différence de méthode qu'entraîne le point de vue styHstique par opposition à l'étude historique, on peut comparer notre façon de procéder avec les explications données par Lafaye dans l'introduction de son Dictionnaire des Synonymes, et aussi la mam'ère dont les matériaux sont disposés dans nos exercices et dans ceux de Brachet (Exercices 155 et suiv)..

Préfixes.

Dans la liste ci-dessous, on a imprimé en lettres grasses les préfixes les plus importants pour notre recherche, qui feront l'objet d'exercices particuliers. Les formes «savantes» et les formes «populaires» des préfixes sont mêlées les unes aux autres, et cela intentionnellement.

6 Première Partie.

A- ad-, con- corn- co-f contre^ de- dé' dés- dis-, é~ ex-, en- emin- im-, entre- înter-, mai- mé^ mes-, par- per-, pré-, pour- pro-, rey- ré'f sous- sou-, tré- trans-.

Exercice 3.

Préfixe re- (r-) ré-.

Les mots en italique contiennent le préfixe re- (r-) ré-;

comparer chacun de ces composés avec le simple et dire si le

préfixe a un sens analysable et distinct du reste du mot.

Réborder une jupe. — Des bœufs paissent dans le pâturage: repaître ses yeux d'un spectacle. — Peupler une ville : repeupler une forêt. — Redire mille fois la même chose: il n'y a rien à redire à ce travail. — Poser pour un peintre: les morts reposent dans le cimetière. — Recoudre un bouton. — Rééditer un livre. — Se vêtir chaudement: se revêtir d'un habit. — Retomber dans ses anciens errements. — Jouir de la vie: se réjouir de revoir un ami. — Garder les moutons: regarder un tableau. — Courir à toutes jambes: recourir aux bons offices de qn. — Cuire et recuire un mets. — Les arbres refleurissent au printemps. — Le soleil luit: une plaque de métal reluit au soleil. — Naître : renaître à la vie. — 11 a disparu: on ne l'a jamais vu 7'eparaUre,

NB. — On peut continuer cet exercice avec n'importe quel dictionnaire alphabétique, en consultant les mots commençant par re-, ré-j r-,

F&rmer, pour chaque mot imprimé en italique ^ un composé avec re- ré- r-; déterminer le sens de ce composé au moyen du contexte (Ex.: tarder à venir: ma montre . . ., c. à d. ma montre retarde rmeine Uhr geht nach^) ; dire, dans chaque cas, si le composé est en contact étymologique avec le simple et si le préfixe a une signification indépendante du reste du mot.

NB. — Dans le cas où un même contexte est valable pour le simple et le composé, on ne l'a pas répété.

Délimitation des faits d'expression. 7

\ Se coiffer : se ... . — Nouer des relations: . . . (id.). — Un nom connu : un mauvais .... — Commencer un travail. — Priser du tabac: ... du linge. — Amasser de l'argent: ... un sou. — Mettre un objet à sa place. — Envoyer une lettre: ... un élève. — Compenser des défauts par des qualités: ... la vertu. — Un vieillard courbé par l'âge: une canne .... — Cueillir des fleurs: . . . des informations. — Coller un timbre sur une lettre: ... une page détachée. — Citer un auteur: . . . une fable. — Marquer du linge: . . . une faute. — Nier un fait; . . . son (ils. — Abattre un mur : . . . un pan d'habit. — Commander un bock : . . . un élève à son professeur. — Sentir du plaisir. — Une vue d'ensemble: une . . . des troupes. — Chercher un objet: ... les plaisirs.

Le préfixe re- etc. forme des tnots dont les sens sont devenus tout à fait homonymes (S F, § 50); déteivnine^', d'après les contextes, les deux acceptions de chaque mot, et dire dans quel cas le préfixe a conservé un sens analysable et distinct du reste du mot.

Remettre des objets en ordre: remettre une lettre à soa adresse. — Repasser par un endroit: repasser sa leçon: repasser du linge. — Reprendre sa place: reprendre quelqu'un qui se trompe. — Représenter un plat: représenter un souverain : représenter une pièce. — Ressortir après être entré : le profil de ce portrait ne ressort pas assez. — Revenir de Paris: ce costume me revient à cent francs. — Rebattre du blé mal battu : rébattre les oreilles d'une histoire. — Reconnaître une personne dans la rue: reconnaître un service.

Exercice 4.

Préfixe é-.

Les mots écrits en italique sont composés avec le préfixe é-. Dire, à propos de chacun d'eux, 1) si le contact avec le mot simple peut être établi spontanément (à supposer que ce mot simple existe en français), 2) si le préfixe a un sens distinct du reste du mot.

8 Première Partie.

Un spectacle éblouit les yeux. — Des cheveux ébouriffés. -— Branler la tête : ébranler les fondements de la terre. — Ébruiter une nouvelle. — Un jeune écervelé. — Échancrer un corsage. — Échapper à la mort. — Le feu échauffe les métaux. — Se laisser choir à terre: une part échoit à qn. — L'eau coule: le temps découle. — Écrémer le lait. — Un mur croule, ^écroule. — Une bouche édentée. — Effacer un mot: se voiler la face. — Lancer une pierre : une taille élancée. — Un crime éhonté. — Élargir un habit. — Élever un enfant. — Émerger du sein des flots. — Éprouver une émotion. — Une marche éreintante. — S'évader de sa prison. — Éveiller un dormeur. — S'évertuer à chercher qn. — Effrayer un enfant. — Égayer un malade. — S*efforcer de plaire. — S'élever dans les airs. — La lune émerge du sein de la mer. — Émousser un rasoir.

Préfixe dé:

Les mots composés avec le préfixe dé- seront traités comme les composés avec é- de Vexercice précédent. Chose caractéristique, ce préfixe a deux origines (lat. de- et lat. dis-) ; mais le français ne distinguée plus les deux formations. Dire pour chaque mot, si le préfixe a un sens et lequel^ et si le composé est rattaché spontanément à un mot simple.

Déclarer la guerre. — Une robe décolletée. — Déjouer les plans d'un adversaire. — Délibérer sur une affaire. — Une armée en déroute, — Dérober de l'argent. — Décomposer un mot. — Débattre une question. — Un vase déhorde. — Se déboîter, déchausser, déshabiller, déganter, — Décharger qn d'un fardeau. — Découvrir une soupière: découvrir un trésor. — Défendre sa patrie. — Définir un mot. — Dépenser de l'argent. — Démonter une pendule. — Dédaigner les honneurs. — Se défaire d'une habitude. — Donner sa démission. — Démontrer un théorème. — Dégrader un officier: dégrader un édifice. — Se déguiser en paysan. — Délivrer un prisonnier. — Déplaire à son entourage.

Délimitation des faits d'expression. i)

Exercice 6.

Préfixes divers.

Dire, dans chaque cas^ si le contact étymologique avec le

simple est conservé (quand le simple existe) ; dire en outre si

le préfixe a un sens par lui-même et lequel.

Louer une maison: allouer une indemnité à qn. — Signer un engagement: assigner en justice: consigner une remarque. — Voir: prévoir un malheur: pourvoir aux besoins d'une famille. — Porter un paquet: se comporter habilement dans une affaire: supporter les frais d'un voyage: apporter: emporter un objet. — Prouver ce qu'on avance: approuver ou réprouver la conduite de qn. — Battre un tapis: les enfants s'ébattent dans le jardin: abattre un arbre. — Mettre une lettre à la poste : la remettre à son adresse : permettre à qn de s'absenter : promettre de se corriger : compromettre sa réputation : admettre une hypothèse: émettre un avis: soumettre un peuple: commettre un crime. — Citer un passage: citer en justice: réeiter des vers: exciter à la rébellion. — Insister sur un détail: persister dans ses dénégations: en quoi cela consiste-i-i]?

Dire si les simples des mots soulignés existent ou non dans Vusage actuel; dans le second cas, le préfixe ne peut guère avoir de signification par lui-même {ex. répondre); mais la réciproque n'est pas également vraie : le simple d'un composé peut exister sans que le contact entre les deux mots soit conservé, et sans que le préfixe ait un sens par lui-même (ex.: fléchir le genou: réfléchir la lumière).

Élire un député. — Respirer bruyamment. — Répondre à une question. — Désapprendre une science. — Des papiers en désordre. — Une figure irrégidière. — Un défaut de construction. — Une savante dissertation. — Se disputer. — Conférer une distinction à qn. — Une inondation. — Inquiétude. — Impatience. - Éducation. — Collection. — Envahir un pays. — Assouvir sa vengeance. — Un désir inassouvi. —

10 Première Partie.

Une occupation absm'hante. — h' expérience des affaires. — Achever un travail. — Acheter un bijou. — Résister à l'ennemi. — Improviser au piano. — Une espérance illiisoire. — Un caractère inconstant. — Une idée absurde. — Un fait incroyable. — Énoncer une proposition. — Attribuer une faute à qn. — Contribuer à la réussite d'une entreprise.

Former des composés avec les mots simples suivants et les préfixes placés entre parenthèses ; former (en consultant au besoin un dictionnaire) des contextes montrant que la parenté étymologique entre les mots n^est plus comprise spontanément. Ex. : soit action (ex-) = action : exaction ; « Une action criminelle : les exactions d'un administrateury> .

Astre (dés-). — Cueillir (re-, ac-). — Clore (é-). — Écrire (dé-, r-). — Tenir (ob-). — Lire (é-). — Courir (en-, se-, dis-). — Fondre (con-). — Muer (re-). — Poser (com-, pro-, sup-). — Jeter (pro-). — Mener (se dé-, sur-). — Tester (at-, con-, dé-, pro-). — Vouer (a-, se dé-, désa-). — Prendre (ap-, com-, s'é-). — Léguer (al-, dé-). — Venir (de-, con-, S0U-). - Fleurer Cef-). — Pendre (dé-). — Quitter (ac-). — Gréer (ré-). — Sortir (as-). — Traite (re-).

Suffixes.

Les remarques générales faites plus haut p. 5 sont applicables aux. suffixes; mais ceux-ci donnent lieu en outre à une recherche plus importante et plus délicate. Comme on le verra plus loin, ils ont, à la différence des préfixes, des significations et des valeurs susceptibles d'être «pensées» de deux manières très différentes: ils peuvent être perçus intellectuellement, comme c'est presque toujours le cas des préfixes quand leur sens est analysable ^; mais ils peuvent aussi affecter la sensibilité. On sait que cette distinction est le fondement même de la stylistique (voir SF. § 19). Bien que ce sujet ne soit abordé que dans la troisième partie du Traité, il ne peut être entièrement passé sous silence ici; cette vue provisoire aura l'avantage de préparer aux questions proprement stylistiques.

^ Les préfixes extra-, ultra-, archi- sont les seuls qui comportent une nuance nettement affective, dans des formations intensives comme extra-fin, ultra-moderne, archi-plein, etc.

Délimitation des faits d'expression. 11

Les termes spéciaux dont il est fait usage ci-après {péjofatif, latidatif, comique, familier) sont en partie définis SF. §§ 17 — 19; l'index du Traité renverra aux passages où ils sont expliqués avec plus de détail.

Dans la liste ci-dessous on a imprimé en caractères gras les suffixes dont il est particulièrement question dans les exercices.

SufiBxes formant des substantifs abstraits; -âge, -ance, -esse -ise -ice, -ie -erie, -ée- -ade, -is, iae, -tnent, -son -ison -aison -lion, -ure -ture.

SufiBxes formant des noms d'agent:

-ardt -audf -er (-ère) -ter (-ière), -eur (-etise) -leur C-trice),

SufiBxes formant des substantifs d'autres catégories: -in, -oir -oire, -aille, -eau -elle, -et -ette, -on -eron, -ot 'Otte, •ule -cule.

SufiBxes formant des adjectifs ou des adjectifs substantifiés : -able, -ard^ -âtre, -aud^ -et, -el, -eux, -ible, -if, -ique, -ot, -m.

SufiBxes verbaux:

-ailler, -Hier, -iser, -onner, -oter.

Pour les sufiBxes, beaucoup plus encore que pour les préfixes, on doit se demander s'ils sont vivants ou morts, c. à d. susceptibles ou non de former actuellement des mots nouveaux dans le langage spontané. Les plus importants des sufiBxes vivants sont: -âge, -ade, -aille (ailler), -aison, -ard, -avd^ -ée, -erie, -et (-ette), -eur (-eu^e), -ot (-otte). Il va sans dire que ces sufiBxes-là seront plus aptes que les autres à recevoir une valeur affective, et ce sont eux qui feront particulièrement l'objet des exercices qui suivent.

Exercice 7.

Suffixe -ée.

Dire à propos de chaque mot en italique 1) si le suffixe

-ée, encore vivant, s'ajoute à un mot actuellement existant, et

2) si Von perçoit spontanément deux unités ou une seule dans

le dérivé.

Une cuillerée de potage. — Une assiettée de soupe. — Une traînée de poudre. — Une forte ondée. — Une contrée éloignée. — Une potée d'eau. — Une purée de pois. — Une hauteur de trois coudées. — Une pincée de sel. — Une rangée de peupliers. — La gelée blanche. — Les jetées du port. — Être la risée de tout le monde. — L'hirondelle donne la becquée à ses petits. — Une charretée de bois. — Administrer

12 Première Partie.

une fessée à un enfant. — Une tablée d'ouvriers. — Une toile d'araignée. — Une nichée de moineaux. — Une journée de congé. — Une jonchée de fleurs.

Exercice 8.

Suffixes -ard et -arder.

Les noms et adjectifs formés avec le suffixe -ard, encore vivant, et les verhes en -arder peuvent avoir un sens péjoratif (8F, §§ 166 et 185) qui se double le plus souvent d'une valeur comique ou familière (cf. ibid. §§ 191 et 278). Voir si les mots en italique comportent ou non cette interprétation.

Un vieux grognard. — Un vénérable vieillard. — Un vieux soudardy très vantard, un peu soulard. — Les citadins et les campagnards. — Parler d'une voix nasillarde. — Du papier buvard. — Les fuyards de l'armée en déroute et les pillards de l'armée victorieuse. — Musarder et bavarder dans la rue. — Des enfants babillards, pleurards et criards. — Une maison lézardée. — Placarder un avis des autorités. — Il a une chance! c'est un veinard. — Un pédard qui renverse tout devant lui. — Les bâtards de Louis, XIV. — Regarder d'un air goguenard.

Exercice 9.

Suffixe -ode.

Dire si les substantifs suivants, formés avec le suffixe -ade, ont une valeur affective (et, dans lé cas particulier, une nuance descriptive ou pittoresque, cf. SI, § 192), ou bien si ce sont des termes simplement usuels ou même techniques, dépourvus par conséquent de la valoir en question (comparez à ce point de vue escapade et colonnade).

Une folle escapade. — Les colonnades d'un temple. — Les rodomontades d'un fanfaron. — Donner une algarade à un polisson. — Une limonade fraîche. — Une ballade de Villon. — Un étudiant en ballade (familier). — Parler à la cantonade. — Une marmelade de pommes. — Une œillade amoureuse. — Faire une promenade. — Provoquer qn par ses bravades. — La canonnade a duré deux heures. — Être

Délimitation des faits d'expression. 13

posté en embuscade. — Une mascarade de carnaval. — Une cavalcade historique. — La croisade de Saint-Louis. — Des salles en enfilade. — Les boutades d'un misanthrope. — Do copieuses rasades. — Une peuplade sauvage. — Une bruyante pétarade.

Exercice 10.

Suffixe -elle.

Dire à propos des substantifs suivants, formés avec le

.suffixe -elle, si les mots dont ils dérivent sont encore en usage,

si le contact étymologique avec ces mots est encore senti, et si

ces dérivés comportent un sens diminutif.

Du riz à la cannelle. — Une citadelle inexpugnable. — Une demoiselle de bonne famille. — Un col de dentelle. — La femelle du coq. — Une frêle nacelle. — Une œnbrelle verte. — Le roucoulement de la tourterelle. — Une ruelle étroite. — Les poutrelles du plafond. — A vendre une parcelle située à X. — La prunelle de l'œil. — Uécuelle du chien.

Exercice 11.

Suffixe -erie:

Dire si les mots en italique, formés avec le suffixe -erie (encore vivant), comportent ou non un sens affectif (généralement péjoratif, SF. §§ 166 et 185, ou pittoresque, SF. § 192).

La ladrerie d'un usurier. — Les âneries d'un ignorant. — La pruderie singe la vertu. — Les fourberies de Scapin. — Combattre la piraterie. — Cette scène est d'une drôlerie impayable. — Argenterie, bijouterie, orfèvrerie. — Papeterie, boucherie, épicerie, mercerie. — Pourquoi ces cachotteries? — On n'aime chez les femmes ni les bouderies, ni les agaceries. — Quelle friponnerie y quelle filouterie, quelle effronterie! — (Former ou trouver dans un dictionnaire des contextes caractéristiques pour: gloutonnerie, diablerie, fâcherie, moquerie, flatterie, raillerie, rêverie, sonnerie, jonglerie, minauderie, mièvrerie, mutinerie.)

14 Première Partie.

Exercice 12.

Snfflxe -et^ -ette {-let, -lette).

(cf. SF. §§ 184 et 250.)

Ce suffixe vivant forme des substantifs et des adjectifs qui peuvent avoir un sens diminutif. A propos de chacun des mots suivants on déterminera:

1. si le simple existe encore (il existe p. ex. pour archet [arc], et n'existe pas pour gilet) \

% si le dérivé est en contact vivant avec le simple pour le sens actuel (c'est le cas pour planchette : planche; ce n'est pas le cas pour archet :arc)\

3. surtout si la nuance diminutive est sentie affectivement, si elle produit une impression traduisible par les adjectifs «agréable, joli, mignon, etc.», comme c'est le cas pour jardinet et maisonnette; ou si au contraire la nuance diminutive est perçue intellectuellement, comme cela arrive souvent quand le dérivé est en opposition technique avec le simple (ex. cigarette et cigare), ou si enfin cette nuance n'est pas perceptible du tout (comme dans verset et pommette).

Les mots suivants, formés avec le suffixe -et (-ette), sontils en contact étymologique avec les mots simples dont ils dérivent? Ces mots simples existent-Us actuellement en français ?

Un chien barbet. — Varchet d'un violon. — Égrener son chapelet. — Un cornet de papier. — Une voix de fausset. — Un filet de pêcheur. — Un ïeu-follet. — Un gilet de flanelle. — Un plat de gourmet. — Un lacet de bottine. — Un œillet rouge. — Ficeler un paquet. — Tirer à la force du poignet. — Marguerite au rouet. — Une bavette de bébé. — Un verset de la Bible. — Une baguette de coudrier. — Une toilette coquette. — La cuvette du lavabo. — Une chemise à manchettes. — Une miette de pain. — Des pommettes saillantes. — Orner un livre de vignettes. — Une casquette de loutre. — La voilette d'un chapeau. — La lancette du chirurgien. — L'escrime au fleuret. — Roitelet, chardonneret, alouette, fauvette, chouette. — Un bouquet de violettes.

Les mots suivants, formés avec le suffixe -et (-ette), ajoutent une valeur diminutive aux objets et aux abstractions

Délimitation des faits d'expression. 15

qu^ils désigneîit. Trouver les simples dont ils dérivent. Déterminer si la nuance diminutive est perçue intellectuellement {comme p. ex. dans coffret, de coffre), ou bien si elle est sentie affectivement {comme p. ex. dans jardinet, de jardin), et dire s'il s'agit d'une valeur pittoresque, péjorative ou familière (sans serrer de trop près ces distinctions !).

Une planchette de sapin. — Une historiette pour les enfants. — Une cassette à bijoux. — Les banquettes d'un théâtre. — Un livret de caisse d'épargne. — Rembourrer avec un coussinet. — Un mantelet pour le matin. — Trembler comme une femmelette. — Faire des courbettes devant un supérieur. — Les fleurettes des champs. -- Un poulet rôti. — Une jeune poulette sans expérience. — Un canari égayait sa chambrette. — Le temps n'est plus des amourettes. — Votre garçon devient grandelet. — Le corps de ballet. — Les feuillets d'un livre. — Les bandelettes de la victime. — Une côtelette de mouton. — Une boulette de papier. — Un pique-nique sur Vherbette, — Peu s'en faut que d'amour la pauvrette ne meure. — Une petite main rondelette et potelée. — La pelle, le soufflet et les pincettes. — Toi si jeunette, tu vas seulette au fond des bois? — La pluie tombait en gouttelettes. — Une toilette coquette et proprette. — Un petit vin aigrelet. — Une maisonnette entourée d'un jardinet.

Exercice 13.

Antres suffixes diminutifs.

Tous les autres sufïïxes diminutifs donnent lieu aux recherches proposées plus haut pour le suflBxe -et -ette. Ces suffixes sont, pour les noms et les adjectifs : -eau -elle, -ille, -oie, -on -illonf -in -ine, •tin -tinCf -ot -otte, -ule -cule, et pour les verbes: -ailler (surtout péjoratif), -Hier, -onner, -oter.

Pour faire ces recherches, il suffit de consulter un dictionnaire des rimes aux finales en question, et de former des contextes avec les mots étudiés, en consultant les exemples fournis par les bons dictionnaires.

Les mots en italique, formés avec des suffixes divers, seront étudiés au même point de vue que ceux des exercices précédents {suffixe significatif par hii-même, valeur affective ou non).

16 Première Partie.

Un paysan finaud. — Une figure rougemide. — S'occuper de babioles. — Des épaulettes de capitaine. — Pourquoi conserver toutes ces vieilleries ? — Se répandre en jérémiades,

— Des espiègleries de gamin. — Une main grassouillette. — Un visage pâlot et vieillot. — Jetez au feu toutes ces paperasses. — L'idéal du bon fonctionnaire est la paperasserie. — De la ferraille sans valeur. — Uauréole d'un saint. — Un manchot. — Une pauvre petite, toute fluette^ toute maigrichonne.

— Un air propret. — Dire des gaudrioles. — Une épaisse muraille. — Pauvre bestiole, perdue au cœur de la rose. — Couper le blé avec une faucille. — Avoir un bandeau sur les yeux. — Des pellicules pour la photographie. — Pauvres vermisseaux que nous sommes! — La rowr/eo/e et la scarlatine.

— Il se démène comme un diablotin. — Un ballot de marchandises. — Les moucherons et les moineaux pullulent. — Illuminer les rues avec des lampions. — Mettre les menottes à un voleur: les menottes potelées d'un bébé. — Un carafon d'eaude-vie. — La prunelle des yeux. — Calotin, prêtraille, cagoterie, cafard, jésuiterie, mômerie. — Des politicailleurs, des bavards de la parlote.

Exercice 14.

Suffixes verbaux divers.

Même exercice que le précédent:

Les oiseaux sautillent de branche en branche et picotent les fruits. — Il ne vit pas, il végète, il vivote. — Les feuilles du peuplier tremblotent au souffle du vent. — Perdre son temps à rêvasser. — Grelotter de froid. — Parlez distinctement, au lieu de mâchonner vos paroles. — Il toussaUle comme un vieux. — Les canards barbotent dans la mare. — Une voix chevrotante. — Une femme indignement fagotée. — Chantonner un air. — Un navire ballotté par les flots. — Fredonner une chanson. — Frétiller comme un poisson dans l'eau. — Gigoter les quatre fers en l'air. — Grignoter des bonbons. — Dodeliner de la tête. — Écrivailler dans les journaux. — Gribouiller du papier. — Trottiner d'un pas alerte. — Des yeux clignotants. — Musarder dans les rues.

Délimitation des faits d'expression. 17

Dérivation des noms d'agent, d'action et de qualité.

lies exercices suivants se rattachent à SF. § 45 — 46; ils préparent l'étude critique des familles de mots, en montrant, dans des catégories déterminées de formations, la correspondance imparfaite entre la filiation étymologique et les rapports de sens dans un état de langage déterminé.

Parmi les questions qui peuvent se présenter, il faut distinguer:

1. les irrégularités de formation: ainsi les noms d'' agent {ormes avec des verbes sont généralement en -eur^ -teur (fondre : fondeur, fonder : fondateur), les noms d'action sont en -ion, -tion (fusion, fondation), les noms de qualité formés avec des adjectifs ont ti'ès souvent le suflBxe -té (net : netteté) ; mais il y a toutes sortes dp formations concurrentes {protester : protestataire; secourir : secours; prudent : prudence, etc.); les radicaux n'ont pas toujours la même forme {fondre : fusion, etc.) ; le mot peut même être emprunté à une autre famille {entendre : auditeur, etc.) ;

2. surtout les irrégularités dans la con'espondance des sens: p. ex. la signification d'un substantif en -eur -teur peut ne pas être exactement celle d'un nom d'agent (ainsi fondeur n'est pas dans le même rapport avec fondre que destructeur avec détruire, car fondeur a trait à une profession).

A. Noms d'agent.

Les noms d'agent, dans le sens strict du mot, sont ceux qui, formés avec des verbes, se déduisent de la formule «celui qui joue, achète, etc. est un jou£ur, un acheteur, etc.».

Exereice 15.

1 . Formation, Les noms d'agent des verbes suivants sont de la même famille que ces verbes ; trouver ces noms d^agent conformément à la formule ci-dessous. Constater la varitété des formations (diversité des suffixes et formes variables des radicaux)^ tout m faisant provisoirement abstraction des irrégularités dans la correspondance entre les sens et les formations (apprenti n*est pas simplement celui qui' apprend, etc.; voir V exercice suivant),

Goniment appelle-t-on celui qui achète, accompagne (un

voyageur), accompagne (un chanteur), acquiert, analyse, apprend

(un métier), assassine, assiste (à une réunion), attaque, cause

(avec quelqu'un), cause (des troubles, des désordres, etc.),

Bally, Traité de stylistique française. IL 2

18 Première Partie.

chante, combat, commence, conduit, conjure, conspire, contredit, corrige, critique, croit, cultive, débute, défend (sa patrie), délivre (un prisonnier), détient (un objet), dit, donne, élit, émigré, emprunte, exporte, fabrique, file (la toile), fond (des métaux), fonde (une ville), forge, fuit (2 n. d'ag.), gagne, garde (un malade), garde (un prisonnier), guide, habite, hérite, importe, instruit, interrompt, intrigue, joue, juge, lit, lit (beaucoup), loue (une maison), mendie, moissonne, navigue, observe, occupe (une place), participe, peint, possède, poursuit, prêche, prêche (trop), prête, se promène, protège, réforme, remplace (un autre), saute, sauve (un noyé), sauve (l'àme), sème, signe (un traité), survit, traduit, trafique, trahit, teint (des étoffes), tisse, vainc, vend, vote.

Exercice 16.

2. Signification, Former des noms d'agent avec les verbes suivants et dire en quoi le^ir sens n'est pas celui que fait attendre la formation (c. à d. en quoi ils ne répondent pas strictement à la formule: <^Celui qui joue est un joueur»).

Les cas les plus fréquents sont les suivants:

a) Le sens du substantif s'est spécialisé: ainsi le nom d'agent désigne celui qui fait habituellement, constamment une action, qui exerce une profession, un métier, p. ex. peintre, sonneur, etc.

b) Le nom ne se rapporte qu'à un des sens du verbe; ainsi tireur est le nom d'agent de tirer «schieÊen*, mais non de tirei- «ziehen».

c) Le nom d'agent prend, surtout dans la langue familière (SF. § 281), une valeur aâjective; dans ce cas, il a presque toujours une nuance péjorative (cf. prêcheur, radoteur).

d) Quelquefois enfin le sens du substantif n'a plus aucun contact avec celui du verbe (instituteur : instituer) .

Aimer (2 n. d'ag.), armer, blanchir (F.), boire, composer, confesser, copier, couper, couvrir, défendre (2 n. d'ag.), demander, devoir, éclairer, écrire, entreprendre, examiner, faner, fournir, instituer, interroger, juger, louer (= adresser des éloges), manger, mener, miner, ouvrir (F.), parler, passer, penser, planter, poser, prétendre, procurer, questionner, recevoir, régir, relier, restaurer, ruminer, servir (M. F.), saper, savoir, souffler, tailler, tirer, tourner, travailler, vivre.

Délimitation des faits d'expression. 19

NB. — Reprendre à ce point de vue les exemples de l'exercice précédent.

B. Noms d'action on d'état.

Les substantifs ayant strictement le sens de noms d'action ou d'état répondent à la formule: «l'action d'augmenter, de croître, etc. est V augmentation, la croissayice, etc.», «le fait û'exister, de vivre, etc. est y existence^ la vie, etc.».

1. Formation. Les suffixes les plus fréquents sont: -ion, -tion, son, -ment, -ance, -âge; on emploie aussi les substantifs dits «verbaux» (ex.: jeter : le jet, marcher : la marché) et les participes passés substantifiés (ex. : revenir : le revenu, venir : la venue) ; mais il y a encore plusieurs autres formations; voir les remarques faites p. 19 à propos des noms d'agent.

2. Sij^niflcation. Elle n'est pas toujours celle d'un simple nom d'action ou d'état: le substantif re(;oit souvent un sens spécialisé, ou bien il se concrétise, c. à. d. qu'il désigne un objet concret (ex.: vêtir .-vêtement).

Former des noms d'action avec les verbes suivants et examiner ces substantifs au double point de vue de la variété des formations et de la variété des significations possibles.

Abaisser, abandonner, abonder, s'absenter, absoudre, s'accorder, acquérir, adhérer (à un projet), adhérer (à une surface), agir (2 n. d'act.), apaiser, apparaître, appeler (2 n. d'act.), apprendre, approuver, arranger, arrêter (un voleur), s'arrêter, asphyxier, assaillir, attendre, attirer (2 n. d'act.), baigner, bâtir, construire, boire, calomnier, cesser (2 n. d'act.), clore, comploter, convenir (= être convenable), convenir (d'une chose avec qn), contraindre, coudre, courir, se courroucer, coûter, croire, croître (d'un fleuve), croître (d'une plante), cuire (2 n. d'act.), déchoir, s'efforcer, entendre, s'entendre (tomber d'accord), envahir (deux n. d'act.), éteindre, fleurir, fuir, gagner, haïr, insérer, être ivre (2 n. d'act.), jouir, laver (deux n. d'act.), mêler (2 n. d'act.), mentir (2 n. d'act.), nourrir, oser, ôter, partir, pendre, prendre, quitter, raconter, réduire, ressentir (ressentiment a un autre sens!), restreindre, retourner, saccager, scier, signer, soustraire, sufHre, suggérer, supprimer, tâcher, tousser, traiter, vaincre, valoir, vanter, vêlir, vouloir.

20 Première Partie.

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