‹ Traité de stylistique française (volume 2)Chapitre 5 sur 168 · ou bien les deux expressions n'ont plus le même sens · texte numérisé non relu

ou bien les deux expressions n'ont plus le même sens

2. ou bien la correspondance n'est exacte que pour une partie

40 Première Partie.

des sens (cas de Inhalt «contenu» ; mais comparez «der Inhalt eines Romans»);

3. ou bien la dérivation a gi'effé une nouvelle formation sur l'ancienne (cas de kalthlutig).

Dire dans quels cas la correspondance est fausse, et par quoi il faut remplacer Vexpression suggérée par la traduction automatique.

Der Inhalt einer Flasche: der Inhalt eines Romans. — KaltblUtige Tùpferkeit. — Auf Kosten jemandes reisen: auf Kosten jemandes lachen (l'emprunt Kosten forme deux calques différents). — Eine photographische Platte enttvickeln: den Geist entwickeln (même cas). — Einen Streitpunkt aufklàren: den Krieg erUaren (deux calques différents). — Viele Tiere und namentlich das Pferd. — Jemandem etw. vorwerfen. — Sich nach etw. richten: sich an jemanden richten (deux calques différents). — Miiêig dastehen: eine milMge Frage (en français deux dérivés différents de lat. otium). — Geld verdienen: eine Belohnung verdienen (calque de lat. mereor dans deux sens différents). — Verdienst (même cas). — Versuch : Versuchiing (deux calques de gr. peiraomai et de lat. tentaré). — Seine Eltern unterhalten: sich kôstlich unterhalten. — Der Last unterUegen (lat. succumbere): der Tabak unterliegt einer Steuer von 10%. — Eine ILXdâûkevausgahe mit Anmerkungen. — Signer, soussigner, souscrire correspondent-ils chacun à chacun (pour le sens) à zeichnen, unterzeichnen, unterschreïben? — Métamorphoser est emprunté à un mot grec, et transfigurer est un calque de ce même mot; quelle est la différence de sens? (voir Évangile sel. S. Matth. XVII 2, texte grec et trad. franc.).

Étymologie proprement dite.

(SF. § 66—68) Exercice 32.

Les rapprochements de sens indiqués pour chaque mot sont ceux que fait trouver son étymologie première; ils ont pour but de montrer quelle distance sépare la signification primitive et le sens actuel. On peut ou bien s*en tenir à ces constatations (les seules qui importent pour notre étude), ou bien chercJier

Délimitation des fails d'expression. 41

Vétymologie de chaque mot dans le Dictionnaire Général en rétablissant la filière des sens (procédé qui seul peut Justifier la recherche de l'origine des mots). Trouver surtout en quoi Vétymologie est inutile pour la connaissance pratique de ces mots; signaler les cas où elle contredit même leur sens actuel (voir les deux premiers exemples); déterminer y dans chaque cas, la différence qui sépare le sens actuel du sens étymologique.

Une brouette est un chariot à deux roues ; un cadran est une chose carrée; une potence est une béquille; les coches et les pataches vont sur l'eau; une poutre est une jument: lourd veut dire sale; un m^oyen, c'est ce qui se trouve au milieu. — Fermer (affermir). — Noyer (tuer). - Le charme d'une femme (chant, incantation). — Ladre comme un usurier (Lazare). — Nous n'en serons pas quittes à moins de mille francs (tranquilles). — Quitter une ville (tranquilliser). — Le jiis de la vache (poitrine). — J'ai de la peine à faire ce travail (châtiment). — Avoir du d^t (du mépris). — Devenir fou (ballon). — Gagner beaucoup d'argent (paître). — Calculer de tête (caillou). — Une idée saugrenue (où le sel est en grains). — Chenet (chien). — Nonchalance (chaleur). — Jouer un piètre rôle («qui va à pied» : Aoxxhlei pédestre). - Une maigre pitance (pitié).

Exercice 38.

Les mots opposés deux à deux dans cet exercice sont des doublets, c. à d. des couples de mots issus d'un setd et même mot (p. ex. frêle et fragile, issus tous deux du latin fragilis). Constater j dans chaque cas, la séparation ahsolue des deux mots au point de vue de la conscience linguistique et déterminer la différence de sens par des contextes appropriés.

Parole: parabole. ^- Coutume: costume. — Hôtel: hôpital. — Chétif: captif. — Blâmer: blasphéyner. — Une plaque de tôle: une table de bois. — Une fabrique d'allumettes: une forge. — Le pavillon anglais: un papillon de nuit. — Un caractère loyal: un procédé Z^j^raZ. — Un fil délié: une santé délicate. — Caractère naïf : natif d'Amérique. — Un passage

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étroit: le strict nécessaire. — Le singulier et le pluriel: un sanglier. — Vouer un culte à une divinité: voter pour un candidat. — Communier à l'église: communiquer un secret à qn.

— Ne pas se soucier d'une chose : solliciter une faveur. — Une vitre de verre, — Peser ce qu'on pense. — Plier un journal: ployer une branche. — Toute potion n'est pas un poison. — Livrer un prisonnier, ce n'est pas le libérer. — Exaucer une prière: exhausser un échafaudage. — La croyance en Dieu: une créance échue. — Le porche d'une église: le portique d'un temple grec. — Une chose: une cause. — La pitié: la piété. — Un crétin: un chrétien.

Étymologie populaire.

(SF. § 69) Exercice 34.

Dans chacune des phrases suivantes, on a opposé deux mots rapprochés par étymologie populaire; on se rendra compte de la raison sémantique de ce rapprochement, puis on cherchera V étymologie réelle fournie par les dictionnaires (consulter de préférence le Dictionnaire Général).

Poser un objet, c'est lui donner une position. — Héhéter, c'est abêtir, rendre bête. — L'effroi glace les membres (froid).

— Une émotion poignante vous étreint, vous empoigne. — Contre ces forcenés les lois sont sans vigueur (force). — Le faubourg, ce n'est pas la ville proprement dite (faux). — On appelle un fanfaron de bravoure un fier-à-bras (fier). — Mettre tout sens dessus dessous (c. à d. dans le mauvais sens), — On confond quelquefois Tortho/J^c^iste et le pédicnve. — Donner Vessor à son génie, c'est pour ainsi dire lui permettre de sortir. — Échouer, c'est subir un échec. — Être bourrelé (et comme bourré) de soucis. — C'est une vilenie; c'est vilain, et c'est vil (lequel des rapprochements est conforme à l'étymologie?).

— S^habiller, c'est mettre des habits. — Cela est défendu de par la loi (par l'effet de la loi). — Ébotdm' (boule). - Fumier (fumée). — Tirer de but en blanc (en se tenant tout près du but). — Être en butte aux injures (en être le but). — Il n'est.

Délimitation des fait^ d'expression. '43

pas dans son assiette (confusion de deux sens homonymes du mot assiette). — Marché, marchand (marcher). — Une saynète (scène). - Se porter comme un charme (comme par l'effet d'un charmey. — Une bande d'étoffe: marcher en bande. — La retraite est l'action de se retirer, V attraction, l'action iï attirer. — Louer quelqu'un, c'est faire son Hoge. — Ne pas avoir affaire à quelqu'un, c'est n'avoir rien à faire avec lui (de là l'orthographe «incorrecte» : avoir à faire à quelqu'un). — Ce qu'on lègue est un legs.

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