‹ Traité de sylvicultureChapitre 101 sur 128 · RÉCOLTE DU BOIS · texte numérisé non relu

RÉCOLTE DU BOIS

faire accepter entre propriétaires voisins le principe des zones de défense tel qu'il existe dans ceitaines provinces de TÂllemagne centrale, où de larges bandes de forêts sont, au point de vue du traitement, grevées de véritables servitudes de voisinages. En tout état de choses, il est indispensable, dans les régions montagneuses, d'établir, vers les limites supérieures de la végétation, un rideau protecteur qui sépare la forêt régulièrement traitée des parties réservées au pâturage.

Ce rideau sera plus ou moins large, suivant l'altitude, la violence des vents et la configuration du terrain. Il ne subira d'ailleurs que des exploitations modérées et toujours faites en jardinant; car il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de régénérer par les méthodes perfectionnées les massifs aboutissant à la crête des hautes cimes ou ceux voisins des alpages.

Il est inutile d'insister sur ce fait que les règles d'assiette ne sont efficacement applicables que dans les forêts régulières ; elles perdent beaucoup de leur raison d'être dans les peuplements d'âges mêlés, jardines ou furetés.

ARTICLE DEUX Abatage du bois, façonnage et transport des produits.

297. Abatage du bois. — La saison d'hiver est la plus avantageuse pour l'abatage du bois dans les coupes principales des forêts feuillues. Toutefois, ces travaux doivent être suspendus par les froids rigoureux, car, alors, le bois a perdu toute sou élasticité, il brise les outils et fatigue les bûcherons ; les arbres gelés risquent aussi beaucoup plus de se rompre dans leur chute. Le moment le plus favorable est la fin de l'hiver et le commencement du printemps, avant l'ouverture des bourgeons.

Les essences résineuses doivent, de préférence, être exploitées en temps de sève, leur bois est alors plus léger et conserve un plus bel aspect loi*s du débit ; il est aussi plus facile de les écorcer pour éviter les dégâts des insectes. Dans le cours de cette saison, il suffit de sus-

pendre les ei^ploitations pendant {es deux mois qui suivent Touyer* ture des bpurgeqns, époque où les jeunes pousses soqt ^xtrêm^rnent . fragiles et pendapt Isiquelic lea tiges elles-mêqfies guéns3eqt beaucoup plus difficilement leurs blessures.

L'élagage des arbres à çibattre devra toujours être prescrit, partout ou i} sera jugé nécessaire. Bjei) qu'il soit plus coipHlode et moins dangereux de couper les branches du haut en bas, l'opération est meilleure lorsqu'on la pratique de bas en haut, par(^ que, dans le premier cas, les branches coupées, en tpmbant sur les rameaux inférieurs encore attachés à l'arbre, les brisent, les arrachent et occasionnent des déchirures parfois assez profondes pour déprécier la lige*

Les coupes d'éclaircies peuvent être exploitées indifféremment an toute saison, et même, si on a intérêt à éviter la production des rejets, il vaudra mieux f^ire l'abatage en été. Cependant, pour ces coupes aussi bien que pour celles principales, dans les bois feuillus, on préfère la saison d'hiver, parce qu'alors les bûcherons travaillent à meilleur marché, et aussi parce que les menus bois coupés avoo leurs feuilles se façonnent moins bien et moins proprement que ceux qui en sont dépourvus.

298. Façonnage des produit^. — Aussitôt après leur chute, les arbres sont tronçonnés suivant le genre du débit qu'ils comportent.

Les divers produits ^insi obtenus sont ensuite rassemblés et disposés de façon à encombrer le moins possible le parterre des coupes, en attendant qu'on vienne les enlever. Daps l'eupeinte de§ vendes, le débit des bois ne doit pas être poussé au delà de la forme d'un premier façonnage brut, indispensable pour qu'on puisse en faire l'enlèvement ; il ne faut jamais y tolérer l'installation de chanliei*s destinés à transformer la matière première en produits fabriqués tels que : sabots, merrains, échalas, sciage, etc...,. Cette coutume ramène chaque année, en forêt, toute une population ouvrière, qui s'installe pendant plusieurs mois sur les points qui demanderaient à être le mieux garantis. Ce ne sont pas seulement les places d'atelier qui sont ainsi tassées par la fréquentation clés ouvriers cl

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