Lorcntz et Parade {foc. cit)^ page
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cessaire pour se la procurer de bonne qualité. Le mieux, chaque fois que cela sera possible, sera de la faire ramasser soi-même.
Mais, quelle que soit l'origine de la graine, il sera prudent de ne pas la semer avant de l'avoir éprouvée, car il tombe toujours des arbres une grande quantité de semences vaines.
Dans la pratique, on recommande différents moyens de reconnaître la qualité d'une graine. A la simple inspection, on peut juger si elle est bien pleine, si elle a une odeur et une consistance fraîches, si Tamande présente la couleur normale de l'espèce à laquelle elle appartient. On peut aussi, en plongeant les graine^ lourdes dans l'eau, considérer comme bonnes celles qui tombent au fond et comme vaines, celles qui surnagent ; ou bien encore, en mettant les graines sur une plaque de fer rougi, on regarde celles qui éclatent en sautillant comme ayant conservé leur faculté germinative, tandis que celles qui se consument lentement sont mauvaises.
Tous ces procédés ne peuvent donner que de simples présomptions; pour avoir des renseignements à peu près certains (et la question en vaut la peine), il faut soumettre toutes les graines à l'épreuve du germoir artificiel ; c'est également le seul moyen de constater les fraudes qui se commettent parfois sur certaines espèces. A défaut d'appareils spéciaux, on peut toujours placer dans les conditions convenables à la germination un certain nombre de graines comptées à l'avance, et établir la proportion de celles qui germent et de celles qui ne germent pas.
D'une manière générale, on peut dire que plus les semences sont légères, plus elles renferment de graines vaines. A l'exception des glands et des faînes dont la bonne qualité est toujours facile à constater, les semences des autres espèces feuillues sont peu employées sous forme de semis direct ; elles s'obtiennent du reste facilement et à des prix assez bas pour qu'il n'y ait pas grand intérêt à les ménager. La qualité des graines résineuses est très variable suivant les espèces ; ainsi, quand les semences de sapin pectine, d'épicéa, de pin sylvestre, pour être considérées comme bonnes, ne doivent pas renfermer plus de 10 p. 100 de graines vaines, on en accepte 30 p. 100 pour celles de mélèze.
H faut aussi tenir compte de ce fait que, à l'air libre, la germîna-
lion naturelle donne toujours un résultai inférieur à celui des épreuves ; outre les accidents météorologiques à redouter, les mulots, les oiseaux et les insectes occasionnent toujours un déchet sérieux.
Actuellement, toutes les graines achetées au commerce pour les services de l'État, sont centralisées au domaine des Barres, où elles sont éprouvées.
338. Récolte des semences. — A moins de circonstances exceptionnelles, on ne doit récolter que des graines provenant d'arbres sains, vigoureux et végétant dans leur station ; la récolte ne se fait que quand les graines sont complètement mûres.
Les graines lourdes se ramassent sur le sol après leur chute naturelle ; les graines légères et les cônes des résineux doivent être cueillis directement, en montant sur les arbres.
Les indications suivantes suffiront pQur servir de guide dans cette opération.
Les glands des chênes mûrissent et se disséminent vers la fin de l'automne ; parmi ceux qui tombent les premiers, il s'en trouve beaucoup de véreux. Pour les ramasser, il faut atlendre le moment où la chute se fait abondamment, on choisit alors ceux fraîchement tombés et les plus gros, l'expérience ayant indiqué que ce sont ceux qui donnent les plants les plus forts. En faisant cette récolte, il est extrêmement important de bien distinguer, pour les ramasser séparément, les glands du chêne rouvre et ceux du chêne pédoncule. Les deux espèces ont, on le sait, des exigences bien différentes dont il faut tenir compte, sous peine de mésaventures difficilement réparables.
La faine mûrit également à la fin de l'automne. On la recueille par terre, à la main ou au balai ; quelquefois aussi on la fait tomber sur des draps étendus au pied des arbres dont on frappe les rameaux avec de longues perches.
Les glands de charme se récoltent à la main vers la fin de l'automne, après la chute des feuilles, ou bien on gaule les arbres comme cela vient d'être dit pour les faines.
La sanuire des érables, comme celle du frêne, mûrit aussi en
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automne ; on la récolte à la main, sur l'arbre, après la chute des feuilles ; chez Térable sycomore et le frêne, ces semences restent suspendues jusqu'à la fin de l'hiver, celles de l'érable plane se disse* minent plus tôt.
La samare des ormes mûrit vers la fin de mai, ou au commencement de juin ; elle s'envole bientôt. On la ramasse surtout le long des routes ou dans les allées des promenades publiques où ces arbres sont abondants. Il est alors important de savoir distinguer l'orme champêtre de l'orme de montagne, car ces deux espèces, dont les bois ont des qualités bien différentes, sont souvent mélangées comme arbres d'agrément.
La semence d'orme germe de suite après sa dissémination ; elle renferme toujours beaucoup de graines vaines.
Les cônes de bouleau mûrissent en septembre, ils se désarticulent bientôt après, et la graine tombe en même temps que les écailles. Ceux qui mûrissent les premiers, de même que ceux qui restent sur l'arbre jusqu'en novembre, ne contiennent généralement que des semences infertiles.
Les copies des aunes ne se désarticulent pas ; ils s' en tr 'ouvrent et laissent échapper leurs petites graines dès le commencement de décembre jusqu'au printemps. On ramasse ces cônes, en automne, dès que les écailles en deviennent brunes ; on les conserve dans un lieu sec, et la semence se sépare tout naturellement.
Les graines de sapin pectine mûrissent en septembre et tombent des cônes avec les écailles, surtout après les gelées, dans l'espace d'une quinzaine de jours. Les cônes sont dressés sur les branches du sommet de l'arbre ; il faut se hâter de les y cueillir au moment précis de la maturité.
Les cônes d'épicéa mûrissent au mois d'octobre, ils ne s'entr'ouvrent pas de suite et on les cueille pendant l'hiver. Lorsque, dans cette saison , la température est douce, les semences commencent à s'échapper des cônes et à s*envoler ; le plus souvent la dissémination ne se fait qu'au printemps.
La récolte des graines de mélèze s'opère dans les mêmes conditions que celles de l'épicéa, en évitant de ramasser les cônes vides
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qui restent plus d'une année attachés à Farbre après la dissémination.
Les cônes de pin syhestre mûrissent 18 mois après la floraison, pendant l'automne de Tannée suivante ; les semences se disséminent au printemps. On cueille les cônes pendant l'hiver. • 11 en est de même du pin maritime, pin de montagne, pin laricio, pin cembro.
Les graines de pins d'Alep se récoltent au printemps de la troisième année qui suit la floraison.
La désarticulation des cônes de sapin se fait facilement et par simple torsion dans les mains. Tous les autres cônes s'ouvrent sous l'influence de la chaleur et de la sécheresse.
La récolte et la préparation des graines, de celles résineuses surtout, sont l'objet d'une industrie très importante. Le plus souvent, le commerce les façonne dans des établissements spéciaux auxquels on donne le nom de sécheries. Pour les besoins des grands travaux de reboisement, l'État a installé, dans difTérentes régions, des sécheries qui lui permettent de s'afl'ranchir du tribut payé à l'étranger et, en même temps, de s'approvisionner de certaines graines d'arbustes ou d'arbrisseaux que le commerce ne lui procurerait pas \ A défaut de séchoirs artificiels, on obtient les graines résineuses en soumettant les cônes à la chaleur solaire, en des endroits exposés au midi et bien abrités contre les vents. Les graines ainsi obtenues sont munies de leurs ailes.
Si les graines doivent être conservées un certain temps, il est préférable de leur laisser leurs ailes ; mais, avant l'emploi, il convient de les désailer. Cette opération se fait en humectant légèrement la graine, on la met ensuite dans des sacs remplis au quart environ, et qu'on fait secouer par des ouvriers tenant chacun deux des quatre coins. Le nettoyage se fait au moyen de vans.